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Climatosceptiques, les amish ont une «relation compliquée» à la nature

Bien que menant une vie simple et à l’écart du progrès, les amish ne prennent pas au sérieux la crise climatique. Une méfiance face aux scientifiques?
En conduisant à travers les terres agricoles du comté de Lancaster, en Pennsylvanie, ou du comté de Holmes, dans l’Ohio, les automobilistes rencontrent fréquemment des calèches tirées par des chevaux. Cela donne l’impression que les amish pratiquent un style de vie sain et proche de la nature, ancré dans des siècles de dévotion religieuse. Mais les apparences peuvent être trompeuses.

La plupart des foyers amish ne sont plus dirigés par des agriculteurs. Et leur relation à la terre dépend fortement de l’hypothèse selon laquelle Dieu l’a donnée aux êtres humains pour qu’ils l’utilisent, et non pour qu’ils la préservent. Ceux qui pratiquent l’agriculture utilisent le plus souvent des pesticides et d’autres produits chimiques. S’ils pratiquent l’agriculture biologique, c’est souvent un choix économique, et non pas religieux.

Quant au changement climatique lié à l’action des hommes? N’amenez pas les amish sur ce sujet! «La soi-disant science du réchauffement climatique? Je ne suis pas d’accord avec cette théorie», affirme Ivan Lapp, un homme d’affaires du comté de Lancaster qui possédait un troupeau de vaches laitières avant de louer ses terres et de se lancer dans l’industrie d’équipements agricoles. «En règle générale, les amish estiment que cette perception du changement climatique est disproportionnée. Nous sommes élevés dans la croyance que Dieu contrôle le temps», ajoute-t-il.

Regroupés en communautés d’environ 35 familles, les amish ont des pratiques en matière de conservation et de gestion des terres guidées en grande partie par les traditions locales et les conseils des responsables religieux plutôt que par un cadre théologique général. Cela pourrait expliquer les variations dans les pratiques et leur approche des préoccupations environnementales.

De moins en moins d’agriculteurs

Seuls environ 10% des membres des grandes communautés amish pratiquent encore l’agriculture, selon l’anthropologue David McConnell, professeur au College of Wooster, dans l’Ohio, et coauteur de Nature and the Environment in Amish Life (La nature et l’environnement dans la vie des amish, ndlr.). Les enfants des fermiers se tournent vers d’autres métiers, comme l’élevage de chiens ou de chevaux de luxe, la sylviculture ou encore la production d’objets en bois. Des activités où ils peuvent encore ressentir un lien avec la terre. «Mais leur relation avec la nature est très compliquée», constate David McConnell. «Ils croient que Dieu a donné la terre aux humains pour qu’ils l’utilisent», précise-t-il.

Certains paysans amish ont toutefois adopté l’agriculture biologique. «Par exemple, la ville de Lancaster est devenue une sorte de plaque tournante de l’agriculture biologique», ajoute David McConnell. Cette pratique est développée sur un nombre relativement restreint d’hectares et les produits sont ensuite vendus sur des marchés d’agriculteurs dans des endroits comme Baltimore, Philadelphie et New York.

Une méfiance face au gouvernement

Or ce choix semble souvent être d’ordre purement pratique sans vraiment de liens avec la façon dont les amish comprennent les Écritures ou la théologie de la «protection de la création» qui est devenue courante dans les milieux protestants et catholiques. «En fait, le débat sur l’agriculture conventionnelle et biologique a peu à voir avec la foi», explique un dirigeant de l’Église du comté de Lancaster, agriculteur à la retraite, qui a préféré que son nom ne soit pas mentionné. Par contre, la conservation de la terre, reconnue comme un don de Dieu, est importante dans sa communauté. Ainsi, il y a une reconnaissance croissante de l’importance de traiter le ruissellement, l’érosion des sols et d’autres facteurs de risque environnementaux – même si les amish se méfient des réglementations gouvernementales pour traiter de telles questions. «Beaucoup de gens préféreraient que le gouvernement n’intervienne pas, et certains sont très inquiets», constate-t-il.

Eugene Lapp et sa femme Marie, dans le comté de Lancaster, possèdent 40 hectares de terres agricoles et en louent 243 autres. Ils ne sont pas amish, mais appartiennent à l’Alliance biblique mennonite, une autre branche anabaptiste. Semblables aux amish à certains égards, notamment face à l’importance de la «simplicité», ils acceptent mieux certaines inventions modernes. Le couple exploite environ 283 hectares répartis à parts égales entre les cultures biologiques et conventionnelles, ce qui en fait l’une des plus grandes entreprises agricoles de l’est du comté de Lancaster. La famille essaie de prendre les enseignements de Jésus au pied de la lettre, en évitant tout ce qui leur semble étranger aux valeurs de l’Évangile, comme la télévision.

« L’agriculture biologique, une décision commerciale et non spirituelle »

«J’aime me qualifier de défenseur de l’environnement plutôt que d’écologiste», explique Eugene Lapp, qui produit principalement de la luzerne, du soja, du maïs et du blé qu’il vend aux producteurs laitiers. «Bien que je sois convaincu que nous avons une responsabilité envers notre société et envers Dieu, elle doit être raisonnable et conforme au plan de Dieu.» Les humains sont appelés à être de bons intendants, or selon lui, la Bible est silencieuse sur des questions comme celle de savoir si c’est une bonne chose d’utiliser des pesticides ou non. «Il n’y a pas de cadre scripturaire particulier qui définit la pratique de l’agriculture.»

Une décision commerciale

David Kline, un agriculteur et auteur amish, qui réside avec sa famille dans une grande ferme laitière biologique dans le sud de l’Ohio, considère l’agriculture biologique comme une décision commerciale et non spirituelle. «Le mouvement bio chez les amish est énorme, parce que c’est un bon marché.» Le débat autour du changement climatique s’est infiltré dans les communautés amish. Mais même ceux qui ne le rejettent pas entièrement restent profondément sceptiques quant aux arguments scientifiques en sa faveur.

«Alors que certains amish admettent en privé que les conditions météorologiques semblent changer, d’autres prétendent que cette variation est cyclique», relève David McConnell. «Il est très difficile pour les amish de parler du climat en dehors de la volonté et de l’intention de Dieu. L’idée que les humains jouent un rôle en dehors de l’intention divine va à l’encontre de leur vision du monde.» Et bien que les conditions météorologiques soient différentes de celles du passé: «Nous avons eu plus de pluie que nous le pensions nécessaire», constate Eugene Lapp Il n’est pas convaincu que, sur le long terme, les fluctuations climatiques soient aussi importantes que les médias l’ont laissé entendre.

Il n’en reste pas moins que, selon David Kline, l’agriculture a une dimension spirituelle ou éthique. Les agriculteurs, dit-il, sont des «gardiens». «L’agriculture biologique est « un mode de vie chrétien » parce qu’elle est moins nocive pour l’environnement. Nous sommes les gardiens de la terre. Nous voulons toujours laisser la nature en meilleur état que comme nous l’avons trouvée.»

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