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Le Journal Chrétien

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Un rassemblement chrétien « point de bascule » de la propagation du Covid-19 ?

De nombreux évènements culturels et sportifs se sont tenus sur la même période que le rassemblement évangélique de l’Eglise Porte Ouverte Chrétienne pourtant considéré comme le « point de bascule » de la propagation du coronavirus en France. Le virus se serait-il arrêté à la frontière de toutes ces manifestations en élisant domicile exclusivement dans une église ?

Retour sur l’accusation d’une rencontre évangélique à l’origine de la propagation du Covid-19

Le 17 mars, alors qu’elle est interviewée de la matinale de France Inter, la préfète Josiane Chevalier déclare que l’épidémie de coronavirus est « partie d’un rassemblement évangélique qui a eu lieu dans le Haut-Rhin, avec plus de 3.000 personnes et un non-respect des mesures barrières. »

Cette accusation forte a ensuite été relayée par de nombreux médias. Le 28 mars 2020, par exemple, le point.fr titre : « Coronavirus : la « bombe atomique » du rassemblement évangélique de Mulhouse«  en affirmant que cet évènement est

« considéré comme l’un des points de départ de la propagation du Covid-19 dans la région Grand Est et dans le reste de la France. »

De nombreux autres ont emprunté le pas au journal numérique du point.fr, jusqu’à l’accusation le 2 avril dernier, d’Olivier Véran, le ministre de la Santé lui-même qui a déclaré :

« Le point de bascule, ça été le rassemblement évangélique à Mulhouse. C’est vraiment à partir de là que s’est diffusée l’épidémie sur le territoire national, avec notamment le premier cas dans un Ehpad. »

Ce dimanche soir, TF1 accuse également ce rassemblement, ainsi qu’une rencontre chrétienne en Corée du Sud puis une synagogue en Amérique d’être à l’origine de la propagation du virus.

Ces affirmations interrogent à plus d’un titre. En France, dans la période située entre le 21 et le 24 février dernier, date du rassemblement évangélique, en effet, de nombreux autres évènements culturels et sportifs ont eu lieu en France avec un grand nombre de participants.

Si c’est effectivement cet évènement chrétien qui a probablement alerté les autorités sur le fait que le virus circulait déjà activement en France alors que personne n’en avait conscience (on était alors en stade 1 – tout semblait sous contrôle, les clusters ayant été repérés) de nombreuses autres manifestations, dont le nombre de participants n’a rien à envier à la rencontre chrétienne en Alsace ( (dépassant et de loin les 2500 fidèles de Porte Ouverte) se déroulaient en même temps.

Tour d’horizon des manifestations entre le 21 et le 26 février 2020

Pour commencer, il est intéressant de s’intéresser à l’analyse faite, à partir d’un évènement sportif, par des spécialistes sur la propagation du virus en Italie. Le 19 février dernier, soit à la même période que la rencontre évangélique, un match de football de la ligue des champions opposait, dans un stade à Milan, les équipes de l’Atalanta de Bergame à Valence (Espagne).

Les experts affirment aujourd’hui que ce match où de nombreux fans de Bergame (près de 40 000) s’étaient déplacés, a pu être à l’origine de l’explosion des contaminations à Bergame. Certains parlent d’ailleurs de cette rencontre sportive comme le « match-zéro » ou encore une « bombe biologique » qui a fait exploser le nombre de cas de coronavirus dans cette région.

Qu’en est-il en France ?

Le Carnaval de Nice :

Le Carnaval de Nice, prévu entre le 15 février et le 29 février, a finalement été interrompu un jour plus tôt à titre préventif à cause du Covid-19 car, a déclaré Christian Estrosi il y a un « flux international important et notamment des voisins italiens » où le coronavirus était déjà très actif. 16 000 places ont été vendues, et à l’époque, la menace était minimisée comme le montre un titre du Point : « Au carnaval de Nice, l’affluence et « peu importe » le coronavirus.

Le salon de l’agriculture : 483 000 personnes rassemblées

Le salon de l’agriculture,  qui présente le travail de 37 950 professionnels qui devait se dérouler à partir du 22 février jusqu’au 1er mars a accueilli cette année 483 000 personnes dans un milieu « confiné » avant de finalement être interrompu le 29 février (passage en stade 2 de l’épidémie interdisant le rassemblement de plus de 5000 personnes).

On peut alors lire sur le site « sortiraparis.com » la déclaration suivante :

« ATTENTION : en raison de l’épidémie du nouveau coronavirus, une mesure de sécurité sanitaire interdit tout rassemblement de plus de 5000 personnes en milieu confiné. Le salon fermera donc ses portes un jour plus tôt. »

Avant le 29 février, aucun virus ne circule, et après le virus est susceptible de se répandre ?

Match de foot de ligue 1

Une dizaine de matchs de football de ligue 1 se sont tenus sur la même période dans toute la France dont le match PSG-Bordeaux le 23 février au Parc des Princes à guichet fermé. Près de 46 000 personnes étaient alors rassemblées, sans encore que les gestes barrières ne soient imposés (on est encore au stade 1 de l’épidémie).

Matchs de football de la Ligue des champions

Le 26 février, un match oppose, dans le Grooupama Stadium à Lyon, plein à craquer, soit 49 000 personnes rassemblées l’Olympique Lyonnais et la Juventus de Turin.

La tenue de ce match a dès le départ interrogé puisqu’on savait déjà alors que le virus se propageait activement en Italie du Nord d’où viendront finalement 3000 supporters. Europe 1.fr titrait alors : « Ligue des Champions : le coronavirus menace-t-il la rencontre Lyon-Juventus ? »

Pourtant, ce match s’est finalement tenu, et un médecin lyonnais, le docteur Marcel Garrigou-Grandchamp émet aujourd’hui l’hypothèse, selon Lci.fr, que ce match pourrait être à l’origine de l’explosion des cas dans le Rhône, ce que l’ARS a contesté. Comme pour le match Atalanta-Valence, ce spécialiste a en effet constaté que le nombre de cas a explosé 15 jours après la rencontre sportive.

De nombreux évènements culturels en Italie et en France pendant les vacances des Français

De nombreux évènements se sont également déroulés à une période où tous les Français étaient en vacances (du 22 au 24 février toutes les zones étaient en vacances) à savoir les manifestations à grand public comme le Carnaval de Rio (du 21.02 au 29.02), le Carnaval de Venise (du 15 février au 25 février) ou encore la fête du citron du 23 février au 3 mars à Menton (200000 visiteurs).

Pourtant, les autorités et les médias affirment que la diffusion de l’épidémie est parti d’un rassemblement chrétien somme toute « petit » en nombre de participants par rapport aux autres évènements. Peut-on partir de l’hypothèse, qu’il n y avait aucune personne porteuse asymptomatique du virus aux différents matchs de football ? Aucun contaminé au salon de l’agriculture ? Aucune personne porteuse du virus revenue de vacances, Aucune personne porteuse à la fête du citron ?

C’est ce qui semble être affirmé en parlant de la propagation du virus en France à partir de la rencontre de la Porte Ouverte Chrétienne de Mulhouse. La vérité doit être ailleurs.

Un rassemblement évangélique, « le point de bascule » de la propagation du virus ?

Le rassemblement de la « Porte ouverte chrétienne » a sans nul doute joué un rôle d’avertisseur sur le fait que le virus circulait déjà activement en France contrairement à ce que l’on pensait. En analysant les différents évènements qui se sont tenus à cette même période, avec un grand nombre de participants rassemblés sans encore pratiquer les gestes barrières, il parait difficile d’affirmer que le virus ne se serait propagé qu’à partir de cette rencontre chrétienne.

Quel autre évènement culturel ou sportif a été examiné scrupuleusement pour déterminer si des personnes étaient porteuses du virus ?

A-t-on essayé de déterminer s’il y avait des participants contaminés au match OL-Juventus de Turin et d’en faire le suivi comme cela a été le cas pour le rassemblement chrétien ? Ou de faire de même pour le salon de l’agriculture ?

Il serait vraisemblablement plus honnête de dire que comme le virus très contagieux et quelquefois asymptomatique circulait déjà, tous les rassemblements ont favorisé l’explosion des cas, qu’il s’agisse d’évènements religieux, culturels ou sportifs.

Il serait sans doute plus honnête, comme le font certains spécialistes, de parler d’hypothèse face à la propagation du virus et non d’affirmation et de certitude, car en raison du fait que le virus est asymptomatique, il a été difficile de suivre véritablement par quel chemin il est passé.

Certains experts ont déclaré, par exemple, après le match Atalanta-Bergame-Valence, que ce qui semble le plus probable, c’est que l’épidémie avait déjà commencé avant le match dans les campagnes, les cafés de village et se répandait « silencieusement« .

Les spécialistes ont été honnêtes en disant que rétrospectivement, il n’aurait pas fallu jouer ce match, mais alors les choses n’étaient pas aussi claires que cela, comme l’a affirmé Francesco Le Foche, un immunologue dans un entretien au Corriere dello Sport.

Face à cette épidémie, comme certains experts le font, ne conviendrait-il pas d’avouer humblement que les choses ne sont pas aussi claires que cela plutôt que d’accuser les chrétiens ?

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