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Chrétiens persécutés

Denis Mukwege, fils de pasteur, chrétien et prix Nobel de la paix

Le célèbre gynécologue chrétien congolais Denis Mukwege, surnommé « l’homme qui répare les femmes » pour l’aide qu’il apporte aux victimes de mutilations génitales en République Démocratique du Congo (RDC), s’est vu décerner le prix Nobel de la paix en 2018. Découvrez le parcours de ce chrétien engagé.

Denis Mukwege est né le 1er mars 1955 à Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo (RDC). Il est le troisième des neuf enfants nés d’un couple pastoral pentecôtiste.

Il est presque mort à la naissance en raison d’une grave infection mais a été sauvé par Majken Bergman, une missionnaire suédoise et sage-femme pentecôtiste qui travaillait dans une école de filles pentecôtiste à Kadutu, et lui a administré des doses de pénicilline qui lui ont sauvé la vie.

Son père se rend régulièrement au chevet de ses paroissiens malades pour les soutenir et prier avec eux. Denis Mukwege l’accompagnait toujours. Un jour, alors qu’il a huit ans, il se rend avec son père auprès d’un enfant malade et s’étonne qu’aucun traitement ne lui soit administré. Son père lui explique qu’il n’est pas soignant mais pasteur et qu’à ce titre, il ne peut « que » prier pour le garçon. La décision du jeune Denis Mukwege est prise, comme il l’affirme-lui-même :

« Chaque fois qu’il y avait un malade dans une famille protestante, mon père était sollicité. Il allait voir le patient, priait, le conduisait à l’hôpital s’il le fallait… Et je l’accompagnais. J’expliquais à mon père que lui, il allait continuer à prier, mais que moi, j’allais devenir médecin, et que j’administrerais des injections aux malades… »

Éducation

Denis Mukwege effectue ses études primaires à l’athénée royal de Bukavu, puis poursuit ses études secondaires à l’institut Bwindi de Bukavu, où il obtient un diplôme en biochimie en 1974.

Il s’inscrit à la faculté polytechnique de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), un établissement francophone d’enseignement supérieur universitaire situé dans la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC).

En 1976, il est admis à la Faculté de médecine du Burundi, en Afrique de l’Est, où il obtient son doctorat en médecine en 1983. Son diplôme en poche, il fait ses premiers pas professionnels
en travaillant durant quelques mois dans un hôpital de brousse géré par des protestants à Lemera au sud de Bukavu. Il découvre alors la difficile réalité des conditions de vie des femmes de la région. Chaque jour, les cas rencontrés (grossesses précoces, à répétition…) vont le pousser à s’orienter vers la gynécologie.

En 1984, il obtient une bourse de la Swedish Pentecostal Mission pour suivre une spécialisation en gynécologie à l’Université d’Angers, en France.

Doué et bien intégré, plusieurs opportunités vont se présenter à lui et la tentation de rester en France l’effleure. Seulement, le souvenir des femmes de son pays le hante et il sait que c’est au Congo qu’il sera le plus utile.

« Comment pourrais-je rester ici, avoir la conscience tranquille en sachant que là-bas, les gens manquent de tout, qu’ils ne peuvent compter sur aucun soutien ? »

Il profite de son séjour en France pour créer l’association France-Kivu pour aider sa région d’origine.

Sa formation terminée, il fait le choix avec sa femme de rentrer au pays avec leurs trois enfants. La période n’est pas la plus évidente pour revenir au Zaïre de l’époque car le régime de Mobutu connaît de nombreux troubles en raison notamment de la situation économique. Malgré les difficultés, il peut compter sur le soutien du réseau qu’il s’est constitué en France.

« Les médecins, les infirmières avec lesquels j’avais travaillé ont décidé de m’aider. Ils m’ont soutenu pour me permettre de créer l’Institut technico-médical de Lemera. »

En 1989, il choisit de retourner au Congo pour s’occuper de l’hôpital de Lemera, dont il devint médecin directeur.

Le 24 septembre 2015, il obtient son doctorat en sciences médicales à l’Université Libre de Bruxelles après avoir soutenu une thèse intitulée : « Étiologie, classification et traitement des fistules traumatiques uro-génitales et génito-digestives basses dans l’Est de la RDC ».

Carrière professionnelle

En 1996, lors de la première guerre du Congo au terme de laquelle le président zaïrois Mobutu Sese Seko fut chassé du pouvoir par des troupes rebelles soutenues par le Rwanda et l’Ouganda, et qui a permis au chef rebelle Laurent-Désiré Kabila se proclama président en République Démocratique du Congo, l’hôpital de Lemera au sud de Bukavu est brutalement détruit. Plusieurs malades et infirmiers sont assassinés.

Denis Mukwege échappe à la mort, et se réfugie à Nairobi au Kenya, puis décide de retourner en République Démocratique du Congo.

En 1998, Denis Mukwege construit l’hôpital de Panzi à Bukavu, grâce à l’aide du Swedish Pentecostal Movement et de la Communauté des Églises de Pentecôte en Afrique centrale (CEPAC).

Alors qu’il pensait améliorer les conditions de vie des femmes en pratiquant des accouchements et des césariennes, Denis Mukwege est effaré par ce qu’il découvre sur place. Depuis 1999 et la première victime de viol qu’il rencontre, c’est plus de 40 000 patientes qui auront été soignées dans sa clinique de Panzi.

« Les femmes n’ont pas seulement été violées, elles ont été mutilées à l’aide de différents outils. »

Face à cette situation, l’hôpital de Panzi à Bukavu s’est finalement spécialisée dans le traitement des femmes victimes d’abus sexuels et de mutilations génitales.

En 1999 et 2003, pendant la seconde guerre du Congo qui s’est soldée par l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila et l’élection de Joseph Kabila, les viols se sont généralisés et étaient commis aussi bien par des militaires ou membres de groupes armés que par des civils.

Le 25 octobre 2012, il est victime d’une tentative d’assassinat en plein centre de Bukavu orchestrée par ceux qui tirent profit de la situation d’instabilité dans l’est de la République Démocratique du Congo. Le gardien de sa maison est abattu après l’avoir alerté d’un danger.

Choqué par cette agression, Denis Mukwege s’exile en Belgique avant de revenir au Congo, quelques mois plus tard, porté par la ferveur populaire des femmes du Sud-Kivu. Il est désormais obligé de vivre jour et nuit dans son hôpital de Panzi, entouré de Casques bleus de l’ONU.

Pasteur pentecôtiste

À l’âge de 13 ans, Denis Mukwege a accepté Jésus-Christ comme Sauveur personnel. Il a aussi pris la décision de suivre les traces de son père et de devenir un ministre pentecôtiste. Il a reçu le baptême dans le Saint-Esprit avec l’évidence du parler en langues. Plus tard, il a déclaré :

« J’ai commencé à parler en langues. Tout mon être était rempli de chaleur et d’une certitude que je n’étais pas seul. L’expérience était tellement bouleversante que j’ai su que ma vie avait changé pour toujours à ce moment-là. »

En plus de son activité de médecin, Denis Mukwege officie comme pasteur d’une église évangélique pentecôtiste d’un millier de membres.

Il a répété à plusieurs reprises que sa foi en Jésus-Christ était la principale motivation de son travail à l’hôpital.

« La foi est très importante moi, puisque sans la foi, je ne suis pas certain de pouvoir faire face à toutes les difficultés que je rencontre quotidiennement avec les malades.

Prix Nobel de la paix

Le 5 octobre dernier, les jurés du prix Nobel ont annoncé que le prix Nobel de la paix 2018 était attribué au gynécologue et chrétien évangélique congolais Denis Mukwege, qui « a dédié sa vie à défendre des victimes de violences sexuelles en temps de guerre », a précisé le comité.

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