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Ukraine: Poutine contre-attaque après la mise en garde de l’Otan

par Humeyra Pamuk, Sabine Siebold, Robin Emmott et Vladimir Soldatkin

RIGA/MOSCOU (Reuters) – La Russie paierait un lourd tribut en cas de nouvelle agression militaire contre l’Ukraine, ont averti mardi les Etats-Unis et l’Otan, alors qu’une réunion de l’Alliance atlantique était organisée pour discuter du déploiement en grand nombre de troupes russes à la frontière ukrainienne.

Le président russe Vladimir Poutine a réagi en déclarant que son pays serait contraint d’agir si l’Otan venait à positionner en Ukraine des missiles capables d’atteindre la capitale russe Moscou en quelques minutes.

Désireuse d’intégrer l’Union européenne et l’Otan, l’Ukraine est devenue le principal point de frictions entre la Russie et les puissances occidentales, provoquant un regain des tensions à un pic inédit en trois décennies, depuis la fin de la Guerre froide.

« Il y aurait un lourd tribut à payer pour la Russie si elle devait à nouveau faire usage de la force contre l’indépendance de l’Ukraine », a déclaré le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, devant les journalistes présents dans la capitale lettone Riga, où se tenait la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Otan.

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, qui devait présenter à ses homologues des informations des services de renseignement américains sur la situation à la frontière russo-ukrainienne, a prévenu que « toute action de la Russie conduisant à une escalade constituerait une grande préoccupation pour les Etats-Unis (…) et une nouvelle agression déclencherait de graves conséquences ».

Les tensions entre Moscou et l’Occident se sont amplifiées ces dernières semaines, sur fond d’exercices militaires organisés par la Russie, l’Ukraine et l’Otan, et de reproches mutuels pour s’accuser d’être à l’origine de cette escalade.

UN FRONT FACE AUX « ACTIVITÉS MALVEILLANTES » DE MOSCOU

Vladimir Poutine a exprimé avec davantage de fermeté qu’auparavant ce que le Kremlin considère comme ses « lignes rouges » à l’égard de l’Ukraine, déclarant que la Russie serait contrainte de répondre si l’Otan venait à déployer chez son voisin ukrainien des systèmes d’armement avancés.

« Si de quelconques systèmes de tirs apparaissent sur le territoire de l’Ukraine, le temps de vol jusqu’à Moscou sera de 7 à 10 minutes, ou cinq minutes dans le cas du déploiement d’une arme hypersonique. Imaginez… », a dit le président russe.

« Que devrions-nous faire dans pareil cas ? Nous devrons alors mettre en place quelque chose de similaire en lien avec ceux qui nous menacent de cette façon. Et nous pouvons le faire maintenant », a-t-il poursuivi, citant le récent test par la Russie d’une arme hypersonique présentée comme capable de se déplacer à une vitesse neuf fois supérieure à celle du son.

S’exprimant lors d’une conférence de presse au côté de son homologue letton, Antony Blinken a fait savoir qu’il aurait davantage à dire mercredi, à l’issue de discussions avec ses homologues, sur la position à adopter à l’égard de la Russie.

« Nous allons nous concerter étroitement dans les jours à venir entre alliés et partenaires de l’Otan (…) sur l’opportunité de prendre, en tant qu’alliance, d’autres mesures pour renforcer nos défenses, notre résistance et nos capacités », a indiqué le chef de la diplomatie américaine.

La Russie a annexé en 2014 la péninsule ukrainienne de Crimée et soutient les séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine depuis le début de leur conflit armé contre les forces gouvernementales la même année.

Les Occidentaux s’inquiètent de récents mouvements de troupes russes près de la frontière russo-ukrainienne, où 100.000 soldats russes étaient massés en mai dernier selon eux, un nombre jamais atteint depuis l’annexion de la Crimée.

Moscou dit ne menacer personne, estime défendre son droit à déployer ses troupes où bon lui semble, dément vouloir attaquer l’Ukraine et dénonce les déclarations « incendiaires » de Kiev.

Allemagne et Grande-Bretagne ont fait écho aux avertissements formulés par l’Otan. « La Russie devra payer un prix élevé pour toute forme d’agression », a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Mass, tandis que son homologue britannique Liz Truss a souligné faire front « avec les autres démocraties aux activités malveillantes de la Russie ».

(Reportage Humeyra Pamuk, Sabine Siebold, Robin Emmott et Vladimir Soldatkin, avec John Chalmers à Bruxelles; version française Jean-Stéphane Brosse et Jean Terzian, édité par Matthieu Protard)

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