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Les négociations sur le nucléaire iranien reprennent dans la méfiance

par Francois Murphy et Parisa Hafezi

VIENNE (Reuters) – Les délégations de l’Union européenne, de l’Iran et de la Russie ont semblé optimistes lundi à l’issue des premiers pourparlers en cinq mois entre l’Iran et les puissances européennes pour tenter de sauver le pacte conclu en 2015, malgré la ligne de fermeté choisie par Téhéran.

Les diplomates soulignent que le temps presse pour ressusciter le Plan d’action global commun (PAGC, ou JCPoA en anglais), négocié de haute lutte par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, l’Union européenne et l’Allemagne, puis torpillé en 2018 par le retrait des Etats-Unis.

Les délégués de l’Union européenne, de l’Iran et de la Russie se sont montrés optimistes après cette première réunion, qui s’est tenue sans les Etats-Unis, avec qui l’Iran refuse de négocier directement.

« Je suis extrêmement satisfait de ce que j’ai vu aujourd’hui », a déclaré le coordinateur de l’Union européenne Enrique Mora, à l’issue de la réunion. Il s’agit du septième cycle de négociations visant à relancer un accord en vertu duquel l’Iran a limité son programme d’enrichissement d’uranium en échange d’un allègement des sanctions économiques imposées par les Etats-Unis, l’UE et l’Onu.

Enrique Mora a déclaré aux journalistes que la nouvelle délégation iranienne avait maintenu sa demande de levée de toutes les sanctions. Mais il a également laissé entendre que Téhéran n’avait pas rejeté en bloc les résultats des six cycles de négociations précédents, qui se sont déroulés entre avril et juin.

« Ils ont accepté que le travail effectué au cours des six premiers cycles constitue une bonne base pour construire notre travail à venir », a-t-il déclaré. « Nous allons bien sûr intégrer les nouvelles sensibilités politiques de la nouvelle administration iranienne ».

La réunion de Vienne a mis fin à une longue interruption gelé par l’élection de l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi à la présidence de l’Iran. Les pourparlers sont en fait des négociations indirectes entre Téhéran et Washington, des diplomates faisant la navette entre les deux délégations.

L’équipe de négociation de Téhéran a toutefois formulé des exigences que les diplomates américains et européens considèrent comme irréalistes, selon les diplomates occidentaux.

L’Iran a adopté une position intransigeante en exigeant la suppression de toutes les sanctions américaines et de l’Union européenne imposées depuis 2017, y compris celles qui ne sont pas liées à son programme nucléaire.

Le principal négociateur iranien, Ali Bagheri Kani, a également déclaré que les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux devaient offrir des garanties qu’aucune nouvelle sanction ne serait imposée à l’avenir.

« Le fait que toutes les parties présentes à la réunion aient accepté la demande de l’Iran, à savoir que la question des sanctions illégales et injustes imposées par les Etats-Unis soit d’abord réglée, puis que nous discutions des autres questions et que nous prenions une décision à leur sujet, constitue une avancée majeure », a-t-il déclaré aux journalistes.

Lors d’un appel téléphonique, le président français, Emmanuel Macron, a exhorté lundi son homologue iranien à s’engager de manière constructive dans les discussions pour permettre un retour rapide dans l’accord et tenir les engagements de l’Iran envers l’AIEA, a indiqué l’Elysée dans un communiqué.

Les Etats-Unis ont pour leur part déclaré que leur objectif était de voir l’Iran se conformer pleinement à l’accord de 2015, a annoncé la porte-parole de la Maison blanche, Jen Psaki.

LES USA PRÊTS À ACCROÎTRE LA PRESSION

En parallèle, le conflit entre la République islamique et l’AIEA, censée surveiller les activités nucléaires de Téhéran, s’est envenimé. L’Iran poursuit l’enrichissement de l’uranium à des seuils interdits par le PAGC et l’AIEA reproche à l’Iran le traitement réservé à ses inspecteurs ou la nécessité de rebrancher les caméras de surveillance qu’elle juge indispensables à la réactivation du pacte.

« Si l’Iran pense qu’il peut profiter de ce délai pour se doter de plus de moyens pour négocier avant de revenir et de dire qu’il veut quelque chose de mieux, cela ne marchera pas. Nous et nos partenaires ne marcherons pas », a déclaré dimanche l’émissaire américain Robert Malley à la BBC.

Les Etats-Unis seront prêts à accroître leur pression sur l’Iran si les pourparlers échouent, a-t-il averti.

L’un des scénarios envisagé par Washington serait, selon des diplomates, de négocier avec Téhéran un accord intérimaire sans date butoir qui serait valide jusqu’à conclusion d’un accord permanent.

L’absence d’accord pourrait aussi provoquer une réaction d’Israël, qui n’exclut pas une intervention militaire contre le programme nucléaire iranien.

« Les négociations ne peuvent pas durer éternellement. Il y a une nécessité évidente d’accélérer le processus », a dit l’émissaire russe, Mikhaïl Oulianov, sur Twitter.

(Rédigé par John Irish et Parisa Hafezi, version française Jean-Stéphane Brosse et Bertrand Boucey, édité par Matthieu Protard)

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