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Après le divorce, Bruxelles et Londres ouvrent de nouvelles négociations

L’Union européenne et la Grande-Bretagne ouvrent ce lundi à Bruxelles un premier cycle de discussions qui s’annoncent tendues sur les contours de leur relation post-Brexit, notamment en matière de commerce et de sécurité.

Les deux camps ont fait part de leur volonté de parvenir à un accord d’ici le 31 décembre prochain, date à laquelle s’achèvera la période de transition consécutive à la sortie formelle de la Grande-Bretagne du bloc communautaire le 31 janvier dernier.

Une centaine de représentants britanniques sont attendus à Bruxelles pour un premier cycle de discussions avec l’exécutif européen qui doit durer jusqu’à jeudi.

Est ensuite prévu à Londres dans le courant du mois un deuxième cycle de négociations, et des réunions régulières devraient ensuite avoir lieu à deux ou trois semaines d’intervalle.

L’Union est disposée à accorder à la Grande-Bretagne un accès privilégié à son marché unique de 450 millions de personnes, à condition que Londres offre des garanties quant au respect de certaines règles de concurrence – notamment en matière d’aides publiques.

Mais le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré qu’il voulait prendre ses distances avec l’UE et refuse d’être lié aux règles et aux juridictions du bloc communautaire, que Bruxelles considère comme indispensables pour garantir une concurrence loyale.

Le dirigeant conservateur a fâché l’Union en faisant machine arrière sur une éventuelle relation plus ambitieuse et plus large que celle dont les deux camps sont convenus l’an dernier dans leur accord de divorce.

Le ministre britannique du Bureau du cabinet, Michael Gove, a affiché un ton sans compromis dans une tribune publiée dimanche. « Nous voulons la meilleure relation commerciale possible avec l’UE. Mais nous n’échangerons pas notre souveraineté nouvellement recouvrée », a-t-il dit.

TENSIONS SUR LA PÊCHE

Sa collègue chargée du Commerce international, Liz Truss, a prévenu lundi matin que le Royaume-Uni ne céderait pas sur les intérêts de ses marins-pêcheurs. « Nous n’allons pas marchander notre secteur de la pêche (…). Nous allons négocier un accord avec l’UE qui n’impliquera pas de liquider nos pêches », a-t-elle insisté.

Emmanuel Macron a déclaré le mois dernier que la France n’abandonnerait pas son propre secteur de la pêche dans les négociations post-Brexit et a ajouté qu’il rechercherait des mesures de compensation si les pêcheurs français n’obtiennent pas un accès similaire aux eaux britanniques.

La pêche a été l’objet des toutes premières frictions « post-Brexit » entre Paris et Londres début février après que les bateaux de pêche français ont été privés de l’accès aux eaux de l’île anglo-normande de Guernesey.

Bruxelles et Londres détermineront en juin si la conclusion d’un accord commercial de base est envisageable d’ici à la fin de l’année.

A défaut, les niveaux de leurs échanges pourraient décliner considérablement s’ils reviennent à des relations fondées sur les règles générales de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui prévoient droits de douane et quotas.

Le manque de confiance entre les deux camps a été alimenté par des commentaires venus de Londres selon lesquels la Grande-Bretagne pourrait ne pas mener de contrôles entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, sa seule frontière terrestre avec le bloc.

« Dans l’ensemble, il est d’ores et déjà évident que le mois de juin sera compliqué. Il est difficile d’imaginer beaucoup de progrès d’ici là, donc la situation va commencer à se tendre », a dit un diplomate européen impliqué dans les négociations sur le Brexit.

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