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Téhéran évoque une levée des sanctions américaines sur le pétrole et les transports

DUBAI (Reuters) – Téhéran a annoncé mercredi que l’ensemble des sanctions américaines contre les secteurs iraniens du pétrole et des transports allaient être levées, ainsi que certaines sanctions individuelles, alors que les négociations avec les puissances occidentales pour tenter de sauver l’accord de 2015 sur son programme nucléaire sont en pause.

« Un accord a été trouvé pour annuler l’ensemble des sanctions visant les secteurs des assurances, du pétrole et du transport qui avaient été imposées par (l’ancien président des Etats-Unis Donald) Trump », selon des propos de Mahmoud Vaezi, chef de cabinet du président iranien, rapportés par les médias publics iraniens.

« Quelque 1.040 sanctions datant de l’époque de la présidence Trump seront levées dans le cadre de cet accord. Il prévoit également la levée de certaines sanctions ciblant des individus et des membres de l’entourage du guide suprême », a-t-il précisé.

Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale du président des Etats-Unis Joe Biden, a toutefois prévenu dimanche, en faisant écho à des déclarations de diplomates iraniens et européens, qu’il « restait encore une longue distance à parcourir » dans les négociations, y compris sur les sanctions américaines et les engagements iraniens.

Des responsables du camp du président iranien sortant, le pragmatique Hassan Rohani, avaient déjà laissé entendre que les Etats-Unis étaient prêts à faire d’importantes concessions dans le cadre des pourparlers lancés en avril dernier à Vienne.

Ces négociations visent à tenter de convaincre les Etats-Unis de réintégrer le Plan d’action global commun (PAGC, ou JCPoA en anglais), dénoncé par Donald Trump en 2018, et l’Iran d’en respecter à nouveau les engagements.

L’administration Biden espère relancer l’accord, mais les deux parties divergent sur les étapes à suivre et le calendrier de mise en oeuvre.

DISCUSSIONS AJOURNÉES À VIENNE

Signé en 2015 par l’Iran et le « P5+1 » (les cinq membres du Conseil de sécurité de l’Onu – Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne – et l’Allemagne), cet accord prévoyait des limitations sur le programme nucléaire iranien en contrepartie de la levée de sanctions internationales visant Téhéran.

Dans le sillage du retrait des Etats-Unis et du rétablissement de leurs sanctions en 2018, l’Iran s’est progressivement affranchi des obligations fixées pour son programme nucléaire.

Les discussions dans la capitale autrichienne, où siège l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ont été ajournées dimanche – pour une dizaine de jours selon deux diplomates – deux jours après l’élection présidentielle de vendredi en Iran, remportée par l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi.

Le ministre délégué français chargé du Commerce extérieur, Franck Riester, a plaidé mercredi lors de la séance des questions au gouvernement au Sénat pour que « ces négociations puissent aboutir rapidement, car le temps ne joue pour personne dans cette crise ».

Selon lui, « des décisions difficiles devront être prises dans les prochains jours ou dans les prochaines semaines si ces négociations ne devaient pas avancer ».

Le président élu Ebrahim Raïssi, juge à la tête du pouvoir judiciaire iranien figurant sur la « liste noire » américaine, doit succéder à Hassan Rohani en août prochain.

Pour les responsables iraniens et occidentaux, l’accession d’Ebrahim Raïssi à la présidence est peu susceptible de modifier la position iranienne dans les négociations, dans la mesure où elle relève principalement du guide suprême de la Révolution Ali Khamenei, véritable détenteur du pouvoir en Iran.

Certains diplomates iraniens ont cependant laissé entendre que Téhéran pourrait préférer un accord avant l’arrivée d’Ebrahim Raïssi à la présidence, afin qu’il puisse repartir sur de nouvelles bases.

(Reportage par Parisa Hafezi, version française Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault)

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