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Alexandre Loukachenko accuse les Occidentaux de vouloir nuire à la Biélorussie

Alexandre Loukachenko a accusé mercredi les puissances occidentales de vouloir lui nuire et étrangler la Biélorussie, dans sa première déclaration publique depuis l’atterrissage forcé dimanche à Minsk d’un avion de Ryanair transportant un opposant.

Face aux condamnations internationales et aux sanctions prises par l’Union européenne, le président biélorusse, cité par l’agence Belta, a assuré que son pays avait agi dans le respect du droit international et prévenu que Minsk riposterait sévèrement.

S’il dispose d’une faible marge de manoeuvre pour répondre à l’interdiction du survol de l’espace aérien européen par les compagnies biélorusses, Alexandre Loukachenko a déclaré qu’il pourrait interdire certaines importations et tout transit via la Biélorussie en guise de représailles.

Il n’a pas précisé à quel type de transit il faisait référence – sachant que les compagnies aériennes européennes ont été invitées à ne pas survoler ou desservir la Biélorussie – mais des oléoducs et gazoducs alimentant l’Europe de l’Ouest depuis la Russie traversent l’ancienne république soviétique.

Selon des propos rapportés par l’agence de presse russe TASS, le ministre biélorusse des Affaires étrangères, qui a mis en garde contre une escalade, a appelé à des discussions avec les puissances occidentales, évoquant lui aussi des restrictions de transit, que Minsk semble vouloir utiliser comme monnaie d’échange.

Alexandre Loukachenko a jugé que les critiques à son encontre visaient à saper son autorité.

« LIGNES ROUGES »

« Comme nous l’avions prédit, nos ennemis à l’extérieur et à l’intérieur du pays ont changé leurs méthodes d’attaque contre l’Etat » et « ont franchi de nombreuses lignes rouges », a-t-il déclaré lors d’une intervention au Parlement.

Déjà cible de sanctions depuis la répression des vastes manifestations à la suite de sa réélection contestée en août dernier, Alexandre Loukachenko, 66 ans, au pouvoir depuis 1994, est de nouveau sous le feu des critiques internationales depuis ce week-end.

L’atterrissage forcé dimanche à Minsk d’un avion de ligne effectuant une liaison entre la Grèce et la Lituanie a permis aux autorités biélorusses d’arrêter l’opposant en exil Roman Protassevitch qui se trouvait à bord de l’appareil.

Sa compagne Sofia Sapega, 23 ans, a également été interpellée après cet atterrissage forcé, tandis que trois autres passagers débarqués à Minsk sont soupçonnés par certains pays occidentaux d’être des espions impliqués dans cette opération.

Selon l’agence russe TASS, Alexandre Loukachenko a déclaré mercredi que Roman Protassevitch fomentait une « rébellion sanglante ».

Dans une vidéo publiée lundi soir, Roman Protassevitch déclare avoir « avoué qu’il était en train d’organiser de grandes manifestations à Minsk ». Ses partisans disent qu’il s’agit d’aveux contraints tandis que les autorités biélorusses assurent ne pas maltraiter leurs prisonniers.

VERS UNE ACCENTUATION DE LA RÉPRESSION ?

Le président biélorusse, qui a déclaré mercredi ignorer que le journaliste d’opposition se trouvait à bord de l’appareil civil escorté dimanche jusqu’à Minsk après une fausse alerte à la bombe, a assuré qu’il aurait de toutes façons ordonné l’atterrissage contraint de l’avion s’il avait été au courant.

Il a également prévenu que les manifestations de rue n’étaient plus possibles en Biélorussie, suggérant que la répression de l’opposition – dont les principaux chefs sont déjà pour l’essentiel emprisonnés ou en exil – pourrait encore s’accentuer.

L’opposante en exil Svetlana Tsikhanouskaïa, ex-candidate à l’élection présidentielle de 2020, a de son côté précisé dans un message publié mercredi sur les réseaux sociaux que l’opposition biélorusse s’apprêtait à organiser une nouvelle vague de manifestations contre le président.

« Il n’y a plus de raisons d’attendre, nous devons mettre fin à la terreur une bonne fois pour toutes », a-t-elle écrit.

Les Etats-Unis et l’Union européenne envisagent de nouvelles sanctions pour accentuer la pression en faveur de la libération de Roman Protassevitch, en renforçant l’isolement de la Biélorussie sur la scène internationale.

Mais Minsk bénéficie toujours du soutien de la Russie et le Kremlin a fait savoir mercredi qu’il n’avait aucune raison de douter des raisons avancées par les autorités biélorusses pour justifier l’atterrissage forcé de dimanche.

Moscou n’avait jusque là pas commenté les incidents du week-end – une « absence de réaction (…) va(lan)t caution » pour le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

La situation en Biélorussie, de même que les tensions croissantes entre la Russie et l’Union européenne devraient être au programme des discussions entre le président des Etats-Unis Joe Biden et son homologue russe Vladimir Poutine prévues mi-juin à Genève, en Suisse.

(Maria Kiselyova et Tom Balmforth ; version française Bertrand Boucey et Myriam Rivet)

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