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L’hommage au dernier Compagnon de la Libération, Hubert Germain, vu du Tchad

Moins d’une semaine après l’inhumation du dernier Compagnon de la Libération, Hubert Germain, un Ancien Combattant tchadien de l’armée française réagit à cet événement.

Le général de division Allahramadji Doungous Kimto Robert, Président National de l’Union Fraternelle des Anciens Combattants des Armées Françaises du Tchad, apprécie la situation à sa juste valeur. Cet Ancien Combattant de l’armée française, âgé aujourd’hui de 85 ans, qui est lui-même fils du lieutenant Kimtorongar, officier tchadien de l’armée française pendant la Seconde Guerre mondiale, exhorte à perpétuer le souvenir de la participation active des Tchadiens à la libération de la France, à travers la Colonne Leclerc.

Pour revenir au contexte, le 16 octobre 2021, la République française a rendu un hommage national à un de ses citoyens centenaires, Hubert Germain, âgé de 101 ans. Cet ancien maire, ancien député de Paris et ancien ministre de Georges Pompidou, était surtout un résistant. Décédé le 12 octobre 2021, il était le dernier des 1038 Compagnons de la Libération a quitté la terre des hommes. Au cours de l’hommage national qui lui était rendu le 16 octobre dernier dans la cour des Invalides à Paris, le Président français Emmanuel Macron l’a présenté comme « un résistant de la première heure qui fut le dernier à rendre les armes ».

En présidant personnellement cette cérémonie d’hommage national, Emmanuel Macron a choisi des mots forts pour parler de cet ancien compagnon d’armes du général de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale. « Avec les 1037 Compagnons de la Libération qui ont relevé la France de l’abîme, il forma un ordre fraternel, une phalange de l’idéal », a observé le Président français. Il a également reconnu que « la vie d’Hubert Germain est une anthologie d’engagement et de courage ».

Les Compagnons de la Libération étaient des membres de l’ordre de la Libération créé le 16 novembre 1940 par le général Charles de Gaulle. L’ordre de la Libération n’existe plus depuis 1946. Il était créé pour récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se sont signalées dans l’œuvre de la France et de son empire en répondant à l’appel que de Gaulle a lancé depuis Londres lorsque la France était occupée par l’Allemagne nazie de Hitler.

Comme l’a souligné le Président Macron, « Avec ses frères d’armes, Hubert Germain avait défendu la liberté. Avec ses frères d’armes, toutes celles et ceux qui se reconnaissent comme tels, il allait rebâtir la fraternité ». Et au nombre des frères d’armes du dernier Compagnon de la Libération figurent plusieurs Africains dont au moins sept Tchadiens.

Le lieutenant Koli Yorgui, le sous-lieutenant Mouniro, l’adjudant Doursam, l’Adjudant Mamahat II, ainsi que les sergents Nimir, Kailao et Koïdaslo, faisaient partie des 1038 Compagnons de la Libération. Ces officiers et sous-officiers dont les galons datent de la guerre de 1939-1945 appartenaient tous à la Colonne Leclerc, qui est devenue la 2ème Division Blindée (2e DB). Ces frères d’armes d’Hubert Germain se sont tous éteints dans l’anonymat absolu, sans profiter de la fraternité qu’ils avaient contribué à rebâtir. Sans être véritablement honorés, ni par la France dont ils avaient contribué à libérer les terres, ni par le Tchad au nom duquel ils se sont engagés dans la Seconde Guerre mondiale.

Selon le général Kimto Robert, « il faudrait que les générations actuelles et futures du Tchad sachent que leurs parents ont pris une part active à la libération de la France à travers la Colonne Leclerc dont le gros des troupes était constitué par les Tchadiens. Ce souvenir doit se perpétuer de génération en génération pour que les gens sachent que le Tchad a contribué humainement et matériellement à la libération de la France ».

Yamingué Bétinbaye
Docteur en géographie

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