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Ce qu’il faut retenir des 100 premiers jours de transition au Tchad

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Le 28 juillet 2021 est le 100ème jour de la prise du pouvoir d’Etat au Tchad par un Conseil militaire de transition (CMT) à la suite de l’assassinat du Président Idriss Déby Itno au cours d’une énième bataille contre une rébellion venue du septentrion.

En 100 jours, les signaux donnés par les militaires au pouvoir sont loin de présager d’une transition qui rassure. Les signes des temps militent même en défaveur de l’équipe du Général Mahamat Idriss Déby, fils du défunt Président, qui s’est hissé à la tête de l’Etat tchadien depuis le 20 avril 2021.

A l’orée de ce 100ème jour du CMT au pouvoir, Ngarial Wongoto Modeste, Secrétaire général de l’Union nationale pour la démocratie et le socialisme (UNDS), qui a regagné la rébellion du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), est mort dans des conditions floues. Lui qui a été fait prisonnier en mai 2021 lors des affrontements entre l’Armée nationale et les éléments du FACT. Quelques cas similaires étaient déjà évoqués.

A l’occasion de ces 100 jours de gestion du processus de transition tchadienne par les militaires, le collectif « Wakit Tamma » a fait une sortie médiatique pour dresser un bilan jugé négatif. Faisant le constat que le pays marque le pas quant à la mise en œuvre des actions clés de la transition, l’un des responsables de « Wakit Tamma », Max Loalngar, estime qu’« il n’y a pas d’actif du CMT ».

Soit dit en passant, les missions principales du CMT sont la révision de la charte de transition, l’organisation d’un dialogue national inclusif, sincère et transparent, la reforme et la gestion du système électoral y compris l’élaboration d’une nouvelle constitution pour aboutir à des élections dans un délai de 18 mois. Rien de tout cela n’a effectivement commencé. Des petits pas sont esquissés, tout au plus.

On aura relevé que durant les 100 jours, un Premier ministre de transition est nommé le 26 avril 2021. Néanmoins, l’opposant modéré Pahimi Padacket Albert, qui a formé un gouvernement plutôt inclusif, apparaît comme un personnage clivant. Un jour après sa nomination, le 27 avril, le Tchad a enregistré des manifestations les plus sanglantes de son histoire récente, avec un décompte macabre de plus de 20 morts et une centaine de blessés selon des sources concordantes.

Un autre fait marquant des 100 jours du CMT au pouvoir est le bras de fer avec l’Union Africaine. Quoiqu’elles aient bénéficié d’un traitement de faveur de l’UA à leur prise de pouvoir, contrairement au cas malien par exemple, les autorités de transition se sont brouillées avec cette institution panafricaine.

Un premier Haut représentant désigné le 2 juin 2021 par l’UA pour accompagner le processus de transition a été boudé. Le Professeur Ibrahima Fall, ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal et ancien sous-secrétaire général de l’ONU aux affaires politiques chargé de l’Afrique, a dû être remplacé au pied levé le 22 juillet par un autre. Le diplomate congolais Basile Ikouébé est, lui aussi, un ancien chef de la diplomatie de son pays, le Congo Brazzaville.

Sur le terrain de la géostratégie, au bout de 100 jours de pouvoir militaire, le Tchad a perdu le leadership de la lutte anti-terroriste au Sahel et dans le bassin du lac Tchad. Désormais, et cela depuis le Sommet des Chefs d’Etat du G5 Sahel du 9 juillet 2021, c’est le Niger de Bazoum qui occupe ce fauteuil avec la bénédiction de la France.

La fin de l’Opération Barkhane est actée et « Niamey sera musclé au détriment de N’Djaména » comme l’a précisé le Président français, Emmanuel Macron. Autrement dit, « le commandement unifié des opérations sera basé désormais à Niamey », selon le Président nigérien Mohamed Bazoum.

Le Tchad n’a pas seulement perdu son leadership au Sahel et dans le bassin du lac Tchad. Le pays et ses chefs ont assurément perdu le soutien inconditionnel classique de la France. Les mots de Macron pour le dire le 27 avril 2021 sont sans ambiguïté. « Je ne suis pas pour un plan de succession. Et la France ne sera jamais aux côtés de celles et ceux qui forment ce plan. Le temps est venu de lancer un dialogue politique national ouvert à tous les Tchadiens. C’est ce qui est attendu aujourd’hui du Conseil militaire de transition et c’est la condition même de notre soutien ».

Yamingué Bétinbaye
Docteur en géographie

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