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Mort en détention du journaliste Samuel Wazizi au Cameroun: l’enquête piétine

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ACAT France déplore l’absence de résultats d’enquête concernant le décès en détention du journaliste Samuel Wazizi au Cameroun.
Plus de quinze mois après la disparition forcée du journaliste Samuel Ajiekah Abuwe – connu sous le nom de Samuel Wazizi – les autorités camerounaises continuent à s’enfermer dans le silence sur les circonstances de sa détention et de sa mort, apprise début juin 2020. Selon la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (CNDHL), le chef de l’Etat, Paul Biya, aurait reçu les résultats de l’enquête menée par la sécurité militaire. L’ACAT-France appelle la présidence de la République du Cameroun à rendre public le rapport d’enquête et ses conclusions.

Samuel Wazizi, accusé d’être un « terroriste » par les autorités du Cameroun, est arrêté par la police à Buea, le 2 août 2019. Il est détenu cinq jours avant d’être transféré le 7 août, par des éléments du 21ème bataillon d’infanterie motorisée, dans une installation militaire de la même ville, située dans la région du Sud-ouest anglophone. Son avocat, Emmanuel Nkea le voit une dernière fois avant son transfert. Le journaliste de 36 ans de Chillen Muzik and TV (CMTV) lui confie avoir été arrêté à cause de ses propos critiques, tenus sur sa chaîne, sur la gestion de la crise anglophone. A partir du 7 août 2020, Samuel Wazizi est porté disparu : plus personne ne le voit ni n’entend parler de lui, y compris les membres de sa famille et ses avocats, qui tentent désespérément d’avoir de ses nouvelles, notamment via une procédure judiciaire. Il faut attendre dix mois pour que le média indépendant camerounais Équinoxe Télévision évoque son décès sur ses ondes le 2 juin 2020. Après de fortes pressions nationales et internationales, le 5 juin 2020, le colonel Serge Cyrille Atonfack, porte-parole du ministère de la Défense, déclare que Samuel Wazizi, « actif au sein d’un groupe séparatiste », est décédé d’une infection généralisée le 17 août 2019 à l’hôpital militaire de Yaoundé. Il affirme qu’« il n’a subi aucun acte de torture ou sévices corporels » et que la famille a été prévenue.

Dans son enquête, Reporters sans frontières (RSF) a pu consulter plusieurs photos du journaliste prises à Yaoundé le 13 août 2019, jour de son arrivée dans la capitale camerounaise après un transfèrement depuis Buéa. Samuel Wazizi présente de nombreuses blessures et inflammations au niveau d’un pied, d’une main et d’une épaule, qui seraient consécutives à des actes de tortures subis sur Buéa et/ou lors de son transfèrement. Ce journaliste de 36 ans ne présentait aucun problème de santé avant son arrestation. Une mort par « infection généralisée » en quelques jours seulement est peu probable.

Pendant dix mois, les autorités camerounaises ont dissimulé sa mort et refusé de fournir la moindre information sur son sort à sa famille, ses avocats et aux ONG qui les avaient interpellé.

Dans une correspondance adressée à l’ACAT-France, le 9 octobre 2020, la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (CNDHL) indique qu’une enquête a été menée par la sécurité militaire et que les résultats ont été transmis au chef de l’Etat, Paul Biya. Aucune information n’a été divulguée en ce qui concerne la méthodologie d’enquête. A-t-elle été indépendante et impartiale ? Aujourd’hui, de nombreuses questions restent en suspens faute de communication des résultats d’enquête : Y a-t-il eu une autopsie du corps ? Qu’en est-il des allégations de tortures sur Samuel Wazizi ? Pourquoi les autorités camerounaises ont elles attendu dix mois pour rendre public son décès ? La publication du rapport d’enquête pourrait éventuellement permettre de vérifier cela. Alors pourquoi les autorités ne rendent-elles pas public le rapport d’enquête en sa possession ?

Jusqu’à ce jour, le corps de Samuel Wazizi n’a pas été rendu à sa famille. Les membres de sa famille réfutent avoir été informée de son décès avant le 5 juin 2020.

Les autorités camerounaises étaient responsables de sa sécurité pendant sa détention et doivent fournir un compte-rendu complet des circonstances de sa détention et de sa mort. La transparence et l’établissement des responsabilités sont indispensables pour faire la lumière sur le décès de Samuel Wazizi.

Source: ACAT France

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