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Zemmour, candidat à l’Elysée, veut « sauver » la France d’un « destin tragique »

PARIS (Reuters) – Eric Zemmour, qui entretenait depuis des semaines un vrai-faux suspense sur ses aspirations élyséennes, s’est officiellement déclaré mardi candidat à l’élection présidentielle d’avril 2022, promettant de recouvrer « la souveraineté abandonnée » de la France et de « rendre le pouvoir au peuple ».

L’essayiste d’extrême droite, âgé de 63 ans, a formalisé sa candidature dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Dans une mise en scène aux résonances nostalgiques, entrecoupée d’ images d’archives et de faits divers notamment, il s’est présenté assis à un bureau en bois, dans une bibliothèque de livres anciens, lisant des feuilles devant un micro à l’ancienne, sur l’air de la 7e Symphonie de Beethoven.

Une référence à peine voilée à l’appel à la résistance du général De Gaulle, le 18 juin 1940, mais aussi au discours télévisé du 27 juin 1958, dans lequel Charles de Gaulle, dernier président du Conseil de la IVe République, avait lancé : « Il faisait bien sombre hier. Ce soir, il y a de la lumière. Française, Français, aidez-moi! »

Un « Aidez-moi! » qu’Eric Zemmour a repris à son compte en convoquant la France « de De Gaulle et Jean Moulin », « de Voltaire et Rousseau », de « Jeanne d’Arc et de Louis XIV », ou encore de « Gabin et Delon ».

« Ce pays que vous cherchez partout avec désespoir, dont vos enfants ont la nostalgie sans même l’avoir connu, ce pays que vous chérissez, et qui est en train de disparaître », a-t-il martelé, insistant sur le « sentiment de dépossession » supposé de ses concitoyens auxquels il souhaite « rendre le pouvoir ».

« Vous vous sentez étrangers dans votre propre pays. Vous êtes des exilés de l’intérieur », a-t-il poursuivi dans son invite aux Français, qu’il juge « méprisés » par « les puissants, les élites, les bien-pensants, les journalistes, les politiciens, les universitaires, les sociologues, les syndicalistes, les autorités religieuses ».

Eric Zemmour a ébauché au fil de cette harangue riche en symboles mais sans mesures concrètes les grandes lignes d’un programme – la restauration de l’identité française d’un côté, le redressement économique du pays de l’autre.

« La disparition de notre civilisation n’est pas la seule question qui nous harcèle. L’immigration n’est pas cause de tous nos problèmes, même si elle les aggrave tous », a-t-il dit.

Il s’est engagé sur le versant économique à « réindustrialiser » la France, à « rééquilibrer notre balance commerciale, réduire notre dette qui grossit ».

« JE TIENDRAI BON »

Il a ajouté se présenter « pour que nos enfants et nos petits-enfants ne connaissent pas la barbarie. Pour que nos filles ne soient pas voilées et que nos fils ne soient pas soumis. »

« Ils vont diront le pire sur moi. Mais je tiendrai bon. (…) Je ne baisserai jamais la tête, car nous avons une mission à accomplir », a-t-il conclu.

L’ancien éditorialiste du Figaro et de CNEWS, condamné par le passé pour provocation à la haine raciale, avait bousculé la pré-campagne au fil de déplacements en France et à l’étranger, multipliant les déclarations polémiques et empiétant sur le terrain du Rassemblement national de Marine Le Pen.

Il explique en particulier vouloir défendre l’héritage judéo-chrétien de la civilisation européenne « face au grand remplacement arabo-musulman ».

Une stratégie d’abord payante dans les sondages, qui, fait inédit, le plaçaient pour certains au second tour face au président sortant Emmanuel Macron, le créditant jusqu’à 19% des intentions de vote pour le premier tour devant la fille de Jean-Marie Le Pen.

L’embellie n’a pas duré.

Les soutiens qui s’étaient manifestés, parmi lesquels le fondateur du Mouvement pour la France Philippe de Villiers, un temps proche d’Emmanuel Macron, l’ancien député souverainiste Jean-Frédéric Poisson ou encore le financier Charles Gave, fondateur de Gavekal, ont pris leurs distances dernièrement, notamment à la faveur de provocations de l’aspirant candidat.

Le 13 novembre, date de la commémoration des attentats de 2015 à Paris et Saint-Denis, Eric Zemmour avait improvisé un point de presse devant la salle de concerts du Bataclan, où 90 personnes avaient été tuées, pour dénoncer la responsabilité présumée de l’ancien président François Hollande qui « savait que des terroristes seraient infiltrés parmi les migrants ».

Un déplacement avorté et houleux à Marseille, où des manifestants « antifas » ont entravé son programme, a achevé samedi d’installer la défiance. Eric Zemmour a échangé un doigt d’honneur avec une militante, geste « fort inélégant » qu’il a regretté, et qui lui a valu les foudres de la classe politique.

Le candidat sans parti, qui ambitionne de capter une partie de l’électorat des Républicains et du Rassemblement national, doit tenir dimanche son premier meeting au Zénith, à Paris.

Il lui faut pour parachever son projet recueillir les parrainages d’au moins 500 élus.

(Rédigé par Nicolas Delame, édité par Sophie Louet)

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