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Vers une hausse de 2,7°C de la température mondiale avec les promesses actuelles des Etats, selon l’Onu

par Nina Chestney

LONDRES (Reuters) – Les engagements pris par les Etats pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre conduiront dans le meilleur des cas à une hausse de 2,7°C de la température moyenne mondiale d’ici la fin du siècle, préviennent les Nations unies dans un rapport publié mardi.

De nombreux gouvernements vont être pressés de prendre des mesures plus ambitieuses lors de la COP26 sur le climat qui s’ouvre la semaine prochaine, sous peine de laisser passer la dernière chance de maintenir le réchauffement sous 2°C, et idéalement autour de 1,5°C, par rapport à la période pré-industrielle, comme le prévoit l’Accord de Paris.

Alors que les événements climatiques extrêmes se multiplient, des feux de forêts aux inondations, l’Onu a prévenu dans un rapport publié au mois d’août qu’en raison de la hausse constante des émissions de CO2, le monde pourrait franchir dans moins de 20 ans le cap d’une hausse de 1,5°C de la température moyenne.

Loin de s’améliorer, la situation se détériore, souligne l’Organisation météorologique mondiale, une agence de l’Onu, qui a mesuré l’an dernier la plus haute concentration de gaz à effet de serre jamais enregistrée dans le monde.

Dans un rapport qui mesure l’écart entre les émissions anticipées et le niveau qu’il faudrait atteindre pour respecter l’objectif convenu à Paris en 2015, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) confirme que les promesses faites depuis par les Etats sont très insuffisantes.

LA CHINE ET L’INDE MAUVAIS ÉLÈVES

Même en supposant que les Etats tiendront ces engagements, la hausse de la température moyenne atteindra 2,7°C à la fin du siècle, à peine moins que les 3°C que le PNUE modélisait avant les dernières promesses. Pour parvenir à l’objectif de 2°C, il faudrait que les Etats s’engagent à réduire leurs émissions de 30% supplémentaires, et de 55% pour arriver à 1,5°C.

Le PNUE précise dans son rapport publié mardi que la promesse formulée par de nombreux Etats d’atteindre zéro émission nette en 2050 pourrait en théorie limiter le réchauffement à 2,2°C, mais que rien dans les mesures qu’ils se proposent de prendre d’ici à 2030 ne laisse penser que les plus gros émetteurs pourront tenir cet engagement.

« Ce rapport est un nouveau coup de semonce. Combien en faudra-t-il? », s’est interrogé le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres. « L’écart en matière d’émissions traduit un écart en matière de leadership », a-t-il ajouté pendant une conférence de presse.

Selon les données de l’Onu, 143 pays qui représentent environ 57% des émissions mondiales ont actualisé ou soumis de nouveaux engagements de réduction de leurs émissions en vue de la COP26 à Glasgow. Mais ce n’est pas le cas d’une cinquantaine d’autres, dont la Chine et l’Inde, qui pèsent à elles seules 30% des émissions de CO2.

« Le temps des demi-mesures et des vagues promesses est terminé. Il faut que l’écart en matière de leadership commence à se réduire à Glasgow », a poursuivi Antonio Guterres en mettant la pression sur Pékin et New Delhi.

(Version française Tangi Salaün, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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