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Valéry Giscard d’Estaing est mort « des suites du Covid-19 »

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L’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing est mort mercredi à l’âge de 94 ans « des suites du Covid-19 », rapportent les médias français. Il restera associé aux couleurs acidulées de la France des années 1970 que ce centriste doublé d’un Européen convaincu dirigea de 1974 à 1981.

L’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing, partisan de l’intégration européenne et qui a contribué à moderniser la société française dans les années 1970, est mort mercredi à l’âge de 94 ans des suites du COVID-19.

L’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing, partisan de l’intégration européenne et qui a contribué à moderniser la société française dans les années 1970, est mort mercredi à l’âge de 94 ans des suites du COVID-19. /Photo d’archives/REUTERS/Benoit Tessier

Valéry Giscard d’Estaing succombe au Covid-19

La Fondation Valéry Giscard d’Estaing a annoncé sur Twitter que l’ancien chef de l’Etat s’est éteint dans sa maison familiale du Loir-et-Cher. « Son état de santé s’était dégradé et il est décédé des suites du #COVID19 », a-t-elle écrit. «Conformément à sa volonté, ses obsèques se dérouleront dans la plus stricte intimité familiale», a ajouté la Fondation.

Admis en septembre dernier à l’hôpital Georges-Pompidou, à Paris, celui que nombre de Français surnommaient simplement « Giscard » avait de nouveau été admis à l’hôpital, le mois dernier, à Tours (Indre-et-Loire).

L'ancien président Giscard d'Estaing est mort, selon les médias

L’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing (photo) est mort, rapporte mercredi la radio Europe 1. /Photo d’archives/REUTERS/Benoit Tessier

La mort de Valéry Giscard d’Estaing confirmée par l’Elysée

Annoncée par plusieurs médias, la mort de Valéry Giscard d’Estaing a été confirmée dans la soirée par le palais de l’Elysée.

« Cet immense serviteur de l’Etat fut inspecteur des finances, maire, député français et européen, ministre, président de région, membre du Conseil constitutionnel, académicien et Président de la République. Il oeuvra ainsi pour l’intérêt général pendant 65 ans, à toutes les échelles de la Nation. Qu’importait la fonction pourvu qu’il serve la France », a déclaré la présidence française.

« Les orientations qu’il avait données à la France guident encore nos pas. Serviteur de l’État, homme politique de progrès et de liberté, sa mort est un deuil pour la Nation française », a ajouté l’Elysée dans un communiqué diffusé dans la nuit de mercredi à jeudi.

Une minute de silence a été observée à l’Assemblée nationale, alors que les hommages ont afflué.

L’ancien chef de l’Etat Nicolas Sarkozy a salué « un homme qui a fait honneur à la France, un homme pour qui j’ai éprouvé de l’admiration (…) ».

« Valéry Giscard d’Estaing demeurera le président qui a modernisé la France », a dit l’ancien président François Hollande. « Aujourd’hui notre pays perd un homme d’État qui a fait le choix de l’ouverture au monde et qui pensait que l’Europe était la condition pour que la France soit plus grande ».

Valéry Giscard d’Estaing était entré à l’Elysée à l’âge de 48 ans, devenant alors le plus jeune président français d’après-guerre.

Il avait inscrit son septennat sous le signe de la modernité, autorisant le divorce par consentement mutuel, dépénalisant l’avortement et abaissant de 21 ans à 18 ans l’âge de la majorité civile.

Sur la scène internationale, « VGE » avait construit une relation étroite avec l’ancien chancelier allemand Helmut Schmidt et poser avec celui-ci les bases pour l’instauration de la monnaie unique.

Giscard d'Estaing, toujours hospitalisé, "se sent bien aujourd'hui"

L’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, hospitalisé à Paris pour une « légère infection aux poumons », n’est pas atteint par le nouveau coronavirus et il « se sent bien », a fait savoir mardi son cabinet dans un communiqué. /Photo d’archives/REUTERS/Benoit Tessier

Qui était Valéry Giscard d’Estaing?

Né le 2 février 1926 à Coblence (Allemagne), l’homme qui voulait « regarder la France au fond des yeux » avait une sorte de prédestination au pouvoir, due à sa lignée de hauts fonctionnaires et de parlementaires, à sa formation – polytechnique et l’ENA – et à son esprit, décrit comme brillant par ses contemporains.

Il n’a pas encore 30 ans, en 1956, lorsqu’il est élu pour la première fois député du Puy-de-Dôme, terre d’élection de son aïeul, puis devient secrétaire d’Etat aux Finances en 1959, dans les premiers mois de la Ve République.

Promu ministre en 1962, Valéry Giscard d’Estaing acquiert une réputation de technicien, excellent connaisseur de la chose économique, et se ménage une place à part dans le dispositif gaullien, ni vraiment affidé ni ouvertement rebelle.

A l’exception d’une brève traversée du désert, de 1966 à 1969, sa carrière se déroule selon un plan parfaitement exécuté, qui l’emmène à l’Elysée en 1974 après le ralliement de plusieurs dizaines de gaullistes sous la conduite de Jacques Chirac et un débat réussi face à François Mitterrand.

« Vous n’avez pas le monopole du coeur », lance-t-il à son adversaire socialiste lors du débat télévisé d’entre-deux-tours, premier du genre.

C’est l’époque de la France insouciante, qui veut encore croire en une croissance éternelle, et c’est l’époque du Giscard triomphant, qui s’affiche sans pompe sur sa photographie officielle, en short sur un terrain de football et en maillot de bain sur une plage.

Valéry Giscard d'Estaing est sorti de l'hôpital

L’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing est sorti jeudi de l’hôpital Georges-Pompidou où il a été admis lundi et il a regagné son domicile, a annoncé son cabinet. /Photo d’archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach

Majorité à 18 ans

Ennemi déclaré des archaïsmes, il fait voter la légalisation de l’avortement, avec Simone Veil à la manoeuvre, le divorce par consentement mutuel, l’abaissement de la majorité à 18 ans et la généralisation de la mixité dans les écoles.

Le chef de l’Etat se déploie aussi sur la scène internationale en accueillant à Rambouillet une réunion du G6 – le futur G7 – ou en mettant en scène son amitié avec le chancelier allemand Helmut Schmidt. Tous deux contribuent à lancer le système monétaire européen (SME) en 1979 et à instaurer l’élection des députés au parlement européen.

Entamé sous le signe du renouveau, le septennat connaît rapidement de mauvais jours. Le chômage grimpe après le choc pétrolier de 1973, Jacques Chirac claque la porte de Matignon et l’image du président moderne s’effrite pour laisser la place à celle du monarque républicain, trahi par ses manière de grand bourgeois, le chuintement dans sa voix et sa cordialité perçue comme hautaine.

Et, le 10 octobre 1979, le Canard enchaîné publie un article sur une plaquette de bijoux d’un million de francs offert à Valéry Giscard d’Estaing alors qu’il était ministre des Finances par le dirigeant centrafricain Jean-Bedel Bokassa.

Cette affaire contribue à son échec face à François Mitterrand dans la course à l’Elysée en 1981.

Travailleur acharné, anglophile et Européen convaincu, Valéry Giscard d’Estaing revient sur le devant de la scène en 1992 en militant activement pour le « oui » lors de la campagne sur le référendum de Maastricht.

L’Europe le fait de nouveau sortir du bois en 2001, à l’âge de 75 ans, pour superviser la rédaction d’une Constitution européenne, restée à l’état de projet après son rejet par référendum, en 2005.

En 2003, celui qui a publié des livres sur le pouvoir ainsi que quelques romans est élu à l’Académie française au fauteuil de Léopold Sédar Senghor.

Rare en public à la fin de sa vie, lui qui voulait moderniser le pays est caricaturé en vestige ambulant d’un monde révolu, pièce du musée de la Ve République.

« Il est resté figé dans un passé qui devient de plus en plus lointain. Giscard est aussi exaspérant qu’il peut être séduisant et brillant », résume le chiraquien Jean-Louis Debré dans son livre « Ce que je ne pouvais pas dire », publié en 2016.

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