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Nucléaire iranien : Les pourparlers reprennent à Vienne, sans grand espoir d’avancée

par John Irish, Francois Murphy et Parisa Hafezi

PARIS (Reuters) – Les pourparlers visant à sauver l’accord de 2015 sur le programme atomique iranien reprennent lundi à Vienne sans grand espoir d’avancée, à un moment où les activités nucléaires de la République islamique ne cessent de s’amplifier.

Pour les diplomates, le temps presse pour ressusciter le Plan d’action global commun (PAGC, ou JCPoA en anglais), négocié de haute lutte par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, l’Union européenne et l’Allemagne, puis torpillé en 2018 par le retrait des Etats-Unis.

Cette décision de Donald Trump a été le prélude au rétablissement de lourdes sanctions contre Téhéran qui en retour s’est affranchi de ses engagements.

L’accession de Joe Biden en janvier dernier à la présidence des Etats-Unis a débouché en avril sur l’ouverture de pourparlers indirects entre Américains et Iraniens dans la capitale autrichienne, où siège l’Agence internationale de l’agence atomique (AIEA), avec l’ambition de faire revenir chacune des parties prenantes dans les termes du pacte.

Les pourparlers de lundi reprendront après plus de cinq mois de pause. Six séances de discussions ont eu lieu jusqu’à leur interruption en juin après l’élection à la présidence iranienne de l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi.

La nouvelle équipe de négociateurs iraniens, qui a entamé dès ce week-end des discussions au niveau des experts avec les négociateurs chinois et russes et le coordinateur de l’Union européenne Enrique Mora, a formulé jusqu’ici des exigences que les diplomates américains et européens jugent irréalistes. Elle réclame la levée globale de toutes les sanctions américaines et européennes imposées à l’Iran depuis 2017, y compris celles qui ne sont pas liées au programme atomique de Téhéran.

En parallèle, le conflit entre la République islamique et l’AIEA, censée surveiller les activités nucléaires de Téhéran, s’est envenimé. L’Iran poursuit l’enrichissement de l’uranium à des seuils interdits par le PAGC et l’AIEA reproche à l’Iran le traitement réservé à ses inspecteurs ou la nécessité de rebrancher les caméras de surveillance qu’elle juge indispensables à la réactivation du pacte.

« Ils en font assez techniquement pour pouvoir modifier leur relation fondamentale avec l’Occident afin d’être en mesure d’avoir à l’avenir un dialogue plus équilibré », commente un diplomate occidental impliqué dans les discussions.

Pour deux diplomates européens, l’Iran semble simplement en train de gagner du temps afin d’accumuler davantage de matériau et de savoir-faire.

« BREAKOUT TIME »

Côté occidental, les diplomates font savoir qu’ils se rendront aux pourparlers de lundi en partant de l’hypothèse que ces derniers reprendront sur la base de ce qui avait été discuté en juin. Si l’Iran continue d’afficher une posture intransigeante et ne reprend pas sa coopération avec l’AIEA, ils préviennent qu’ils devront rapidement réexaminer leurs options.

Vendredi, le négociateur en chef iranien et le ministre iranien des Affaires étrangères ont tous deux répété que la levée globale des sanctions serait la seule chose à mettre autour de la table des discussions dans la capitale autrichienne.

« Si c’est cette position que l’Iran continue à tenir lundi, alors je ne vois pas de solution négociée », a dit un des diplomates européens déjà cité.

Selon plusieurs sources diplomatiques, l’Iran est désormais à quatre-six semaines du « breakout time », le temps minimal pour produire la quantité d’uranium enrichi nécessaire à la fabrication d’une arme atomique, alors que le PAGC avait pour objectif de repousser ce délai à un an environ. De mêmes sources, on souligne qu’il faudrait encore deux ans environ à l’Iran pour être capable de produire une arme.

En cas d’échec de ces nouveaux pourparlers, les Etats-Unis et leurs alliés devraient commencer par demander une réunion d’urgence de l’AIEA le mois prochain. Ils pourraient aussi tenter de maintenir la Russie, qui a une influence politique sur l’Iran, et la Chine, qui achète du pétrole iranien, de leur côté dans la quête d’options diplomatiques alternatives.

L’un des scénarios que Washington a suggéré, selon des diplomates, serait de négocier avec Téhéran un accord intérimaire sans date butoir qui serait valide jusqu’à conclusion d’un accord permanent. Cela prendrait cependant du temps, disent-ils, et rien ne garantit que cette piste suscite l’intérêt de l’Iran.

« L’Iran pourrait bien se dire que ses progrès nucléaires sans contraintes et sa production de centrifugeuses sans contrôle vont accentuer la pression sur l’Occident, afin qu’il cède rapidement du terrain dans les discussions », écrit Henry Rome, analyste du cabinet de conseil Eurasia, dans une note.

« Mais cela aura probablement l’effet inverse, en montrant que la nouvelle équipe iranienne ne s’intéresse pas au règlement de la question nucléaire et en accélérant le basculement vers une politique plus coercitive l’an prochain. »

(Rédigé par John Irish, version française Jean-Stéphane Brosse)

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