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Rome et Unicredit mettent fin à leurs discussions sur Monte dei Paschi

par Pamela Barbaglia et Valentina Za

LONDRES/MILAN (Reuters) – Le gouvernement italien et Unicredit ont annoncé conjointement dimanche avoir mis fin à leurs négociations sur la vente de Monte dei Paschi (MPS), les efforts pour conclure un accord sur la recapitalisation coûteuse de la banque toscane en difficulté n’ayant pas abouti.

« En dépit des efforts des deux parties, les négociations se rapportant à l’acquisition potentielle d’un périmètre défini de Monte dei Paschi di Siena ne se poursuivront pas », ont déclaré le ministère de l’Economie et des Finances et la banque Unicredit dans un communiqué.

L’ouverture de ces discussions exclusives avait été dévoilée à la fin juillet. Dans un communiqué, UniCredit avait fait savoir qu’il avait défini avec le gouvernement de Mario Draghi une opération éventuelle concernant les opérations commerciales de Monte dei Paschi avec un « périmètre soigneusement défini ».

L’Italie considèrait depuis longtemps qu’une fusion de MPS avec un établissement financier plus solide était la meilleure solution pour la banque toscane mais trouver un acquéreur s’est avéré une tâche ardue pour le Trésor, alors que la banque a accumulé les dettes après des années de mauvaise gestion.

Rome s’est entendu avec Bruxelles sur une date-butoir à mi-2022 pour « reprivatiser » l’établissement que l’Etat italien a sauvé en 2017, et dont il possède 64% du capital.

Le gouvernement Draghi va devoir désormais obtenir le feu vert de la Commission européenne pour injecter davantage d’argent dans MPS sans passer par une fusion.

CONDITIONS TROP COÛTEUSES

Selon des sources interrogées par Reuters, qui dès samedi annonçait la rupture imminente de ces discussions, les conditions exigées par Unicredit ont été jugées trop coûteuses par Rome.

De mêmes sources, on déclare que la banque milanaise demandait un plan de recapitalisation de plus de 7 milliards d’euros, une somme que le Trésor a estimée « trop punitive » pour les contribuables italiens qui ont déjà été sollicités à hauteur de 5,4 milliards d’euros il y a quatre ans pour renflouer MPS.

D’après l’une des sources, le nouvel administrateur délégué d’Unicredit Andrea Orcel, qui a succédé en avril dernier à Jean-Pierre Mustier, déjà réticent à une fusion avec MPS, a encore relevé les exigences de la banque milanaise, réclamant un accord uniquement sur les parties les plus rentables de l’établissement.

Unicredit a dit ne vouloir que les succursales de Monte dei Paschi dans les régions les plus riches du nord et du centre de l’Italie et ne prendre en charge aucune créance douteuse ni aucun risque juridique liés à la mauvaise gestion de la banque.

En outre, les deux parties ont été incapables de surmonter leurs divergences sur les besoins en capital de MPS, une source évoquant une différence d’appréciation de 2,5 milliards d’euros.

Une autre source proche du dossier a déclaré que l’écart de valorisation montait jusqu’à 3,5 milliards d’euros et qu’Unicredit demandait une injection de capital de 6,3 milliards d’euros, mais que les besoins en capital évalués par la banque milanaise intégraient des ajustements comptables négatifs jugés en grande partie injustifiés par le Trésor.

Unicredit, a ajouté cette source, valorisait les actifs de MPS qu’elle aurait acquis à environ 1,3 milliard d’euros, contre une valeur estimée par le Trésor entre 3,6 et 4,8 milliards. Unicredit n’a pas souhaité faire de commentaire à ce sujet.

Le gouvernement italien pourrait en revanche s’inspirer des propositions d’Unicredit pour mettre en place lui-même un plan de recapitalisation, qui impliquerait tout de même une augmentation de capital de plusieurs milliards d’euros ainsi que le transfert des créances douteuses de MPS à une structure de défaisance contrôlée par l’Etat, l’AMCO.

« Aucun accord n’est possible selon les conditions d’Unicredit aujourd’hui. Mais le même schéma que celui proposé par Unicredit pourrait s’appliquer à un plan indépendant », a dit l’une des sources de Reuters.

La Banque centrale européenne (BCE) ne s’est pas encore vue proposer un tel plan, a dit une source proche du dossier, mais n’a pas d’inquiétude immédiate sur la position financière de MPS.

MPS avait annoncé en janvier son intention de procéder à une augmentation de capital de 2,5 milliards d’euros faute de trouver un partenaire de rapprochement. Mais les superviseurs de la BCE devront donner leur feu vert et MPS devra obtenir également l’accord de la direction générale de la concurrence de la Commission européenne (DG COMP).

(Avec la contribution de Giulio Piovaccari à Milan, Giuseppe Fonte à Rome, Francesco Canepa à Francfort; version française Jean-Stéphane Brosse)

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