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Jésus est la lumière du monde – Jean 1:6-14

Jésus, la Parole faite chair, est la véritable lumière qui éclaire tout homme. Le mot véritable, expression caractéristique du quatrième évangile, ne désigne pas proprement ce qui est vrai par opposition à ce qui est faux, mais plutôt la qualité d’une chose qui répond parfaitement à son idée et qui en réalise l’essence. (Jean 4.23 ; 6.32 ; 7.28 ; 15.1 ; comparez 1 Jean 5.20)

Jean 1:6-14
6 Il y eut un homme envoyé de Dieu : son nom était Jean.
7 Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.
8 Il n’était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière.
9 Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme.
10 Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l’a point connue.
11 Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont point reçue.
12 Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés,
13 non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.
14 Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.

Il parut un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean.

Après avoir dit ce qu’était la Parole divine, créatrice, vie et lumière des hommes, (versets 1-4) et comment elle n’a point été reçue à cause des ténèbres qui règnent dans le monde, l’évangéliste poursuit son exposition, en nous transportant au moment le plus tragique de cette lutte de la lumière avec les ténèbres : précédée et annoncée par le solennel témoignage de Jean, la Parole vient au sein du peuple qui avait été préparé pour la recevoir ; elle est repoussée par lui, mais elle se constitue un nouveau peuple, formé de ceux qui reçoivent d’elle par la foi le pouvoir de devenir enfants de Dieu. (versets 6-13)

L’expression envoyé de Dieu rappelle la prophétie de Malachie 3.1 ; 4.5, d’où elle est tirée.

– Le précurseur parut (grec devint), ce terme, qui indique un fait historique un événement, est le même dont se sert Marc (Marc 1.4)

Il vint pour être témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.

Grec : celui-ci vint en témoignage (ou pour un témoignage), afin qu’il témoignât au sujet de la lumière. Le fait de ce témoignage est si important aux yeux de l’évangéliste, qu’il le mentionne d’abord sans indiquer sur quoi portait le témoignage (il vint en témoignage) ; puis il ajoute : afin de rendre témoignage à la lumière.

Jean devait annoncer ce qu’il avait reçu par une révélation divine, (Luc 3.2) et ce dont il avait été témoin oculaire. (versets 33,34)

– Le but du témoignage de Jean était que tous crussent (à la lumière) par lui, par l’entremise de Jean.

Telle était l’intention de Dieu dans sa miséricorde ; et le témoignage de Jean était assez clair, assez puissant, pour que cette intention eût été réalisée en tous, si la plupart n’eussent été retenus loin de la foi par l’endurcissement de leurs cœurs. Cependant plusieurs crurent, et les plus éminents disciples de Jean devinrent disciples de Jésus.

Il n’était pas lui-même la lumière, mais il devait rendre témoignage à la lumière.

Bien que Jean-Baptiste fût le plus grand des prophètes, et que Jésus lui même l’appelle « la lampe qui brûle et qui luit, » (Jean 5.35) il n’était pas la lumière ; son rôle se réduisait à rendre témoignage à la lumière.

On a vu dans ces paroles de l’évangéliste une intention de polémique contre les disciples de Jean qui n’avaient pas cru en Jésus. (Jean 1.20 ; 3.25 et suivants ; Actes 19.3,4)

Selon d’autres, elle rappellerait l’expérience personnelle de l’évangéliste, qui crut d’abord avoir trouvé en Jean toute la lumière qu’il cherchait, mais qui dut reconnaître, lorsque Jean l’eut adressé à Jésus, que Jean n’était pas encore, lui, la lumière.

Si intéressantes que soient ces suppositions, n’est il pas plus simple de dire que l’évangéliste se propose de marquer la vraie place du Précurseur en présence de celui qu’il annonçait ?

Même les plus grands prophètes ne tiennent leur lumière que de Celui qui est « la lumière du monde ; » c’est lui qu’ils doivent glorifier, en faisant tout remonter à lui comme à la source, eux-mêmes ne peuvent que rendre témoignage à la vérité qui leur a été révélée et dont ils ont fait l’expérience dans leurs cœurs. Jean Baptiste se tint dans ce rôle avec une admirable humilité. (Jean 1.33,34 ; 3.28-30)

C’était là la véritable lumière qui éclaire tout homme venant au monde.

Le témoignage de Jean n’était pas le seul fait qui aurait dû assurer un accueil favorable à la Parole : une relation primordiale l’unissait à chaque homme et au monde dans son ensemble, (versets 9,10) et, d’autre part, le milieu dans lequel elle parut avait été spécialement préparé pour elle. (verset 11)

La Parole, cette lumière à laquelle Jean devait rendre témoignage, (verset 8) était la véritable lumière (comparez verset 4) qui éclaire tout homme. Le mot véritable, expression caractéristique du quatrième évangile, ne désigne pas proprement ce qui est vrai par opposition à ce qui est faux, mais plutôt la qualité d’une chose qui répond parfaitement à son idée et qui en réalise l’essence. (Jean 4.23 ; 6.32 ; 7.28 ; 15.1 ; comparez 1 Jean 5.20)

La Parole est appelée la véritable lumière par contraste avec la lumière que répandait Jean-Baptiste et qui n’était qu’un reflet de la véritable lumière manifestée en Christ. (verset 8)

– Cette lumière divine éclaire (il faut remarquer le verbe au présent) tout homme. Il s’agit de cette illumination universelle et intérieure (verset 4, note) que la Parole éternelle procure à l’homme créé à l’image de Dieu et par laquelle celui-ci est amené à sentir le besoin d’un Sauveur et à le reconnaître quand il lui est présenté.

« L’évangéliste s’arrête principalement sur ce point, de montrer par l’effet, qu’un chacun de nous sent en soi que Christ est la lumière…Cette lumière a répandu de ses rayons généralement sur tout le genre humain. Car nous savons que les hommes ont ceci de singulier pardessus les autres animaux, qu’ils sont doués de raison et intelligence, qu’ils portent la différence entre le bien et le mal engravée en leur conscience. Mais…qu’il nous souvienne qu’il est ici seulement parlé de la commune lumière de nature, qui est chose beaucoup moindre que le don de la foi : car il n’y a homme, quel qu’il soit, qui avec toute la subtilité et vivacité de son entendement puisse pénétrer jusque au Royaume de Dieu…D’avantage qu’il nous souvienne que la lumière de raison, laquelle Dieu avait mise es hommes, a été tellement obscurcie par le péché qu’à grand peine voit on reluire quelques petites étincelles, et encore ces bien petites étincelles sont tantôt étouffées. » – Calvin.

La plupart des commentateurs actuels séparent les mots venant au monde des mots tout homme, qui, dans le texte les précèdent immédiatement. Ils en font l’attribut de la proposition et traduisent : la véritable lumière venait (grec était venant) au monde.

Leur principal argument est que l’expressionvenir au monde est habituellement appliquée à Christ et à son incarnation. (Jean 3.19 ; 6.14 ; 9.39 ; 18.37) Il est cependant un passage où une expression très semblable désigne la naissance d’un homme quelconque. (Jean 16.21)

Aussi croyons-nous pouvoir rapporter ces motsà tout homme ce qui est seul conforme à l’ordre des termes dans l’original.

M. Godet qui, avec Meyer et les anciens interprètes, avait adopté cette construction dans la première édition de son commentaire, disait avec raison : « Si venant au monde ne se rapporte pas à tout homme qui précède immédiatement, il faut avouer que Jean a écrit de manière à rendre son expression aussi équivoque que possible »

D’ailleurs l’idée que ces mots ajoutent au termetout homme n’est pas superflue. Ils ne constituent pas seulement une amplification pleine de solennité. (Meyer.) Ils sont destinés à affirmer que chaque membre de l’humanité, dès l’instant où il fait son entrée dans le monde, et quelles que soient les ténèbres qui règnent autour de lui, trouve en lui-même, dans sa conscience, des rayons de cette lumière véritable, « la Parole qui était dans le monde et par laquelle le monde a été fait. » (verset 10) Cette interprétation a l’avantage d’établir un lien naturel entre verset 9 et verset 10.

Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l’a pas connu.

Dans les versets qui précèdent, (versets 7-9) Jean a parlé de la lumière ; ici, il substitue mentalement à ce terme abstrait la personne de celui qu’il désignait comme « la véritable lumière, » Jésus-Christ.

C’est ce qui ressort de l’emploi du pronom masculin. Celui-ci ne se rapporte pas au motlumière, qui est en grec du genre neutre.

La plupart des interprètes modernes estiment qu’il représente la Parole (grec le Logos). Mais cette notion est bien éloignée, puisqu’elle a été remplacée dès verset 5 par celle de la lumière.

D’ailleurs l’expression de verset 12 : Ceux qui croient en son nom, ne saurait s’appliquer à la Parole, mais bien, selon toutes les analogies, (Jean 2.23 ; 3.18 ; 1Jean 5.13) à Jésus-Christ.

C’est Jésus-Christ qui est le sujet de versets 11,12. C’est à lui que l’auteur pense déjà à verset 10. Aussi, dès ce verset, avons-nous mis au masculin les sujets des verbes, suivant l’exemple de la traduction allemande de Weizsäcker, et des versions de Calvin dans son commentaire, et de Pau-Vevey.

– Jean répète encore ici, sans se lasser, deux faits d’une portée immense : d’abord que Jésus-Christ était dans le monde ; (versets 4,5,9) puis que le monde a été fait par lui ; (verset 3) et cela, afin de montrer dans ces deux faits, deux raisons qui auraient dû porter les hommes à croire en Jésus. Ils auraient pu croire, puisqu’il était la lumière interne qui cherchait à les éclairer, et ils auraient dû croire, puisque, crées par lui et à son image, ils n’avaient qu’à reconnaître leur parenté intellectuelle et morale avec lui ; et à conclure qu’ils étaient faits pour lui.

« Christ n’a jamais été tellement absent du monde que cependant les hommes étant éveillés par ses rayons, ne dussent lever leurs yeux vers lui. » – Calvin.

Au lieu de cela, l’évangéliste constate avec tristesse que le monde ne l’a point connu, (versets 5,11) tellement il était aveuglé par les ténèbres du péché.

Il est venu chez soi ; et les siens ne l’ont point accueilli.

Le contraste tragique entre l’action miséricordieuse de Dieu et l’incrédulité obstinée des hommes apparaît surtout dans le fait qu’énonce ce verset. Il est venu chez soi (grecdans son chez soi, comparez Jean 19.27).

Par ces mots l’évangéliste proclame d’une manière générale le grand événement de l’apparition personnelle et visible de la Parole en Jésus-Christ. Il se réserve de nous dire bientôt (verset 14) comment s’est accompli ce prodige de l’amour divin.

Malgré tout, les siens ne l’ont point accueilli. Ce dernier terme est plus expressif encore que les précédents : pas reçu, (verset 5) pas connu. (verset 10) En effet, bien loin d’avoir été accueillie, la Parole vivante et personnelle fut rejetée, méprisée, crucifiée.

– Qu’est-ce maintenant qu’il faut entendre par les mots chez soi, les siens ? Presque tous les interprètes anciens et modernes les ont appliqués au peuple d’Israël, qui est appelé dans l’Ecriture la propriété précieuse de Dieu, son peuple particulier ; (Exode 19.5 ; Deutéronome 7.6 ; Psaumes 135.4) les siens sont les propres concitoyens de Jésus, ses proches, ceux qu’il aimait.

Cette désignation fait ressortir vivement l’ingratitude et la culpabilité des Juifs. Reuss, Astié, M. Holtzmann entendent. par ces termes, le monde ou l’humanité tout entière, que Jésus venait sauver et qui était bien, en effet, sa propriété, puisqu’il en était le Créateur (verset 10) et le Sauveur.

Cette explication méconnaît la progression évidente que Jean a voulu marquer entre verset 10 et verset 11 par cette grande parole : Il est venu chez soi, qui n’est pas une simple répétition de l’idée énoncée aux versets 5,9,10.

On objecte que, s’il faut entendre par les siens le peuple d’Israël il faudrait aussi ne voir dans ceux qui croient au Sauveur (verset 12) que des Israélites, à l’exclusion de tous les autres.

Mais c’est là une conclusion exagérer ; elle ne tient pas compte du changement survenu dans les faits : Jésus-Christ avait un chez soi, le peuple élu ; à ce peuple sont substitués des individus, tous ceux qui (verset 12) le reçoivent par une consécration personnelle, en vertu de la nouvelle naissance. (verset 13)

Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ; à ceux qui croient en son nom, Jusqu’ici l’évangéliste, en nous retraçant l’histoire de la Parole éternelle, n’a eu à signaler que l’aveuglement et l’incrédulité de ceux qui l’ont méconnue, rejetée.

Maintenant il passe, par un mais significatif, au côté lumineux du sujet, à la foi de ceux qui, en recevant le Sauveur, sont devenus, par lui, enfants de Dieu.

A tous ceux qui l’ont reçu ; c’est là l’opposé direct du fait signalé dans les versets 5,10,11. Et, afin qu’il ne reste aucun doute sur ce que l’apôtre entend par recevoir le Sauveur, il s’explique en ajoutant : à ceux qui croient en son nom.

La foi, une confiance intime du cœur en Celui qui s’offre à nous comme Sauveur tel est le moyen de nous unir à lui, de l’embrasser, de le posséder avec toutes les richesses de sa grâce.

Croire en son nom, c’est, au fond, croire en lui, mais Jean emploie ce terme parce que, dans le style de l’Ecriture, qui est celui de la vérité, le nom exprime l’essence intime et réelle d’un être. (Matthieu 6.9, 3e note, Jean 3.18 ; 1 Jean 3.23)

– A ceux qui croient en lui, le Sauveur communique une grâce immense : le pouvoir de devenir enfants de Dieu.

Il est difficile de rendre en français le sens complet du mot grec que nous traduisons parpouvoir. Ce n’est point le « droit, » selon nos anciennes versions, même celles de Lausanne et de Rilliet ; car ce mot est déplacé quand il s’agit d’une grâce divine, ce n’est point non plus la « dignité, » ni le « privilège, » ni la « prérogative ; » ce serait plutôt « l’autorité, » la « compétence, » en ajoutant à cette notion l’idée d’une force morale communiquée à l’homme par Dieu, et résultant de la position nouvelle dans laquelle le croyant est placé par sa foi : c’est ce que nous appelons le pouvoir. La version anglaise dit : power ; Luther : Macht.

Jésus donne à ses disciples autorité sur les esprits impurs, c’est-à-dire évidemment « lepouvoir de les chasser et de guérir toute maladie. » (Matthieu 10.1 ; Marc 3.15)

Voilà pourquoi on trouve ce mot d’autorité uni à celui de puissance. (Luc 4.36 ; 9.1)

Or le Sauveur seul peut donner à de pauvres pécheurs, qui sont « par nature enfants de colère, » (Éphésiens 2.3) le pouvoir de devenirdes enfants de Dieu ; seul il peut les enrichir de toutes les dispositions morales que suppose ce beau titre. C’est là l’œuvre de Dieu, l’effet et la preuve de son amour immense. (1 Jean 3.1)

Le verset suivant nous apprend comment s’opère cette transformation morale.

lesquels ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.

L’apôtre exprime tout d’abord avec insistance la pensée qu’aucune filiation humaine, aucun effort de la nature corrompue de l’homme ou même de sa volonténe peut engendrer des enfants de Dieu.« Ce qui est né de la chair est chair. » (Jean 3.6)

Pour devenir enfant de Dieu, il faut être (grecengendré) de Dieu.

Ce n’est point là seulement une image, ces termes caractérisent dans toute sa réalité la transformation morale que l’Ecriture appellerégénération, nouvelle naissance, création nouvelle, et que Dieu lui-même opère par la puissance de son Esprit. (Jean 3.5 ; Jean 1.18 ;1 Pierre 1.23 ; 1 Jean 5.1 ; 2 Corinthiens 5.17)

Et la Parole est devenue chair, et elle a habité parmi nous (et nous avons contemplé sa gloire, une gloire telle qu’est celle du Fils unique, venu du Père) pleine de grâce et de vérité.

L’évangéliste continue son exposition par cette simple particule et, qui rattache le verset 14 à la fois auverset 11 et au verset 12. Au verset 11, que leverset 14 explique en disant comment Jésus-Christ « est venu chez soi. »

A verset 12, qu’il développe également en révélant le grand objet de la foi des croyants et en signalant l’événement grâce auquel cette foi peut faire d’hommes nés de la chair des enfants de Dieu. En outre, comme l’observe Meyer, il nomme la Parole pour la première fois depuis leverset 1 ; afin de donner plus de solennité au fait qu’il annonce, et il exprime en trois mots le plus grand événement qui se soit accompli depuis la création du monde par cette même parole : (verset 3)

La Parole est devenue chair. Quel contraste ! quel abîme entre ces deux termes !

– La chair, qu’il ne faut pas confondre avec lecorps, désigne, comme partout dans l’Ecriture, la nature humaine, l’homme tout entier, dans l’état de faiblesse, d’infirmité, de souffrance et de mortalité auquel il se trouve réduit par suite du péché. (Romains 1.4, note.)

L’on ne doit pas exclure cette idée de faiblesse quand on définit la chair qu’a revêtue le Sauveur. Cette chair infirme ne le faisait pas participer au péché des hommes ; elle le rendait seulement accessible à la tentation. (Hébreux 4.15 ; Romains 8.3, note.)

Au reste, l’histoire évangélique, en nous racontant la naissance de Jésus, nous met sur la voie de comprendre comment il n’eut aucune part à la corruption native de notre humanité. (Matthieu 1.20 ; Luc 1.35)

La déclaration de verset 14 signifie donc que la Parole éternelle est devenue pleinement homme en Jésus ; que le Fils de Dieu, comme tous les enfants des hommes, a « participé à la chair et au sang ; » (Hébreux 2.14) que lui, « qui était en forme de Dieu, se dépouilla lui-même, prenant une forme de serviteur, fait à la ressemblance des hommes. » (Philippiens 2.6-8 ; comparez 1 Timothée 3.16)

Cette incarnation du Fils de Dieu, né au sein de notre humanité, afin de la sauver en la pénétrant d’une vie nouvelle, est, aux yeux de notre apôtre lui-même, le fondement de la foi chrétienne, à la position qu’il prend en présence de ce fait, on peut reconnaître si un homme est de Dieu ou s’il porte en lui l’esprit de l’antéchrist. (1 Jean 4.2,3 ;2 Jean 1.7)

L’union de la nature divine et de la nature humaine, qui ressort si clairement du rapprochement des verset 1 et verset 14, est un grand mystère, mais un « mystère de piété, » comme Paul l’appelle parce qu’il est, pour l’homme pécheur, là source de sa réconciliation avec Dieu et de toute vie chrétienne. (1 Timothée 3.16)

Il est permis à la théologie, fondée sur l’expérience religieuse, de s’efforcer de sonder ce mystère, pour que, s’il est possible, la raison le saisisse aussi bien que la foi. Mais il faut avouer que jusqu’à ce jour ces louables tentatives nous ont laissés en présence du mystère avec les mêmes aspirations que nourrissait Mélanchton quand, sur son lit de mort, il se réjouissait d’arriver bientôt à connaître comment Jésus-Christ pouvait être à la fois Fils de Dieu et Fils de l’homme, Parole éternelle devenue chair.

Ici-bas « nous connaissons en partie et nous prophétisons en partie ; » un jour « je connaîtrai pleinement comme j’ai été connu. » (1 Corinthiens 13.9,12)

Le mot que nous traduisons par elle a habitésignifie proprement dresser une tente et yséjourner. Ce terme fait allusion à la tente où l’Eternel habitait au milieu de son peuple dans le camp d’Israël et qui fut remplie de la gloire de l’Eternel, lors de son inauguration. (Exode 40.34 ; comparez Ézéchiel 37.27)

Ce fait était l’accomplissement visible des promesses de Dieu d’habiter au milieu de son peuple. (Exode 25.8 ; 29.45 ; Lévitique 26.11,12 ;Ézéchiel 37.27)

Les commentateurs juifs désignaient toutes les formes sensibles par lesquelles Jéhova manifestait sa présence au sein d’Israël, par le terme de Schekina, la demeure de Dieu.

Notre évangéliste, en disant de la Parole qu’elle a habité sous une tente parmi nous, rappelle ces glorieuses manifestations de Dieu à Israël, et les voit réalisées dans leur plénitude par l’incarnation de la Parole. En elle Dieu nous est véritablement apparu, il est descendu à notre portée, semblable à nous, accessible au plus pauvre, au plus faible, au plus ignorant, au plus coupable. Et dans l’accomplissement des temps, cette demeure de Dieu avec nous sera la plénitude de sa communion, de sa lumière, de son amour. (Apocalypse 7.15 ; 21.3)

– Les mots parmi nous ne se rapportent ni aux hommes en général, ni exclusivement aux apôtres, mais aux : croyants, à tous ceux qui avaient reçu le Sauveur (verset 12) et contemplé sa gloire.

Saisi par la majesté de cette apparition du Fils de Dieu sur notre terre, l’évangéliste, qui rappelle avec émotion ses souvenirs personnels, donne essor à ses sentiments en célébrant la gloiredont a resplendi, même dans son abaissement, la Parole faite chair. Cette gloire, Jean l’acontemplée son âme en a été pénétrée. (1 Jean 1.1)

Mais en quoi consista cette manifestation de la gloire du Fils de Dieu apparu sous sa forme de serviteur ? Pas seulement dans ses miracles (Jean 2.11) ou dans sa transfiguration sur la sainte montagne. Pour ceux qui surent lacontempler, la gloire de Jésus-Christ fut sa sainteté, son amour, ses tendres compassions pour les malheureux et les coupables, son héroïque dévouement dans ses souffrances et dans sa mort, en un mot, sa vie entière, unique au sein de notre humanité.

Cette gloire a brillé surtout dans ce qui a été le trait dominant de la vie du Christ, sa relation filiale d’obéissance et de communion avec son Père.

« Jésus nous met sur la voie quand, avant de prononcer ces mots : « Je suis glorifie en eux. » il dit : « Tout (Jean 17.10) ce qui est à moi est à toi et tout ce qui est à toi est à moi. » Une pareille relation avec Dieu est la plus parfaite gloire qui puisse rayonner au front d’un être humain. Elle comprend naturellement…tout ce que les disciples ont contemplé en Jésus de divinement grand et beau. » – Godet

Cette interprétation s’accorde avec le fait que Jésus avait quitté lors de son incarnation la gloire divine, dont il jouissait auprès du Père comme Parole éternelle puisqu’il la redemande au moment où il va retourner auprès du Père. (Jean 17.5)

Et d’autre part, cette interprétation est confirmée par Jean lui-même, quand il ajoute, à la fin de notre verset : « Que cette gloire étaittelle que celle du Fils unique, venu du Père, et que la Parole est apparue pleine de grâce et de vérité. »

– Ici se trouve pour la première fois, ce terme deFils unique (grec unique né), qui ne se rencontre que dans les écrits de Jean, (Jean 1.18 ; 3.16-18

; 1 Jean 4.9) et qui exprime si bien le rapport métaphysique et exclusif du Fils de Dieu avec son Père.

Tous les hommes régénérés, nés de Dieu, sont enfants de Dieu, fils de Dieu ; (Romains 8.14 et ailleurs) mais le nom de Fils unique élève la pensée à une relation divine à laquelle aucune créature ne peut prétendre.

Paul exprime à peu près la même idée par le terme de premier-né. (Colossiens 1.15)

Ces derniers mots par lesquels l’évangéliste achève de peindre l’apparition du Sauveur sur la terre, se rapportent à la Parole, ce qui fait que la plupart des traducteurs rendent ainsi le commencement de notre verset : « La Parole est devenue chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité. »

Nous avons préféré conserver l’ordre adopté par l’évangéliste.

« Entraîné par le charme du souvenir, l’évangéliste a interrompu la description historique des relations que la Parole a soutenues avec ceux qui l’ont entourée. » – Godet

Il achève maintenant son tableau par ce trait sublime : elle était pleine de grâce et de vérité.

En maintenant ces mots à la fin de la phrase, nous leur laissons tout leur relief.

– La grâce et la vérité furent, en effet, les deux traits les plus saillants du caractère du Sauveur dans toute sa vie.

La grâce n’est qu’un autre nom de la miséricorde et de l’amour de Dieu qui pardonne au pécheur et s’abaisse vers lui. Ce sentiment de la faveur de Dieu a pour fruit la paix. (1 Corinthiens 1.3 ;2 Corinthiens 1.2 ; Galates 1.3 et ailleurs.)

La vérité est l’essence de Dieu, sa pensée et sa volonté dévoilées, elles ont été fidèlement manifestées dans la vie et dans l’enseignement de Jésus.

Ces paroles nous redisent donc qu’en Jésus Dieu lui-même s’est donné et révélé aux hommes. En effet, il est bon de se rappeler que ces mots grâceet vérité n’étaient pas nouveaux, bien qu’ils n’aient trouvé que dans le Sauveur la plénitude de leur signification. Dans l’Ancien Testament déjà, ils servent à exprimer les deux traits essentiels du caractère de Dieu. (Exode 34.6,7 ;Psaumes 25.10 ; 26.3 et souvent ailleurs.) A ces deux traits, les témoins de la vie de Jésus ont donc reconnu en lui le Fils unique venu du Père.

Source : theotex.org

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