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Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu – Jean 1:1

Le terme de Parole, non moins que celui de au commencement, sert à rappeler le récit génésiaque ; il fait allusion à ce qui est comme le refrain de ce magnifique poème. Tous ces dire de Dieu, Jean les rassemble comme en une Parole unique, vivante, douée d’intelligence et d’activité, de laquelle émane chacun de ces ordres particuliers. Au fond de ces paroles divines parlées, il découvre la parole divine parlante. Mais, tandis que celles là retentissent dans le temps, celle-ci existe au-dessus et en dehors du temps.

Jean 1:1-5

1 Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu.
2 Elle était au commencement avec Dieu.
3 Toutes choses ont été faites par elle ; et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.
4 En elle était la vie et la vie était la lumière des hommes.
5 Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue.

Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu (Jean 1:1)

Tandis que les autres évangélistes commencent leur narration avec la venue de Jésus-Christ en ce monde, ou son entrée dans son ministère, Jean remonte, d’un vol d’aigle, au-delà du temps, pour saisir le Sauveur dans son éternelle préexistence, puis il nous montre en Jésus de Nazareth la Parole faite chair (verset 14). C’est le sujet du « prologue » de son Évangile (versets 1-18).

Ce morceau se divise naturellement en trois parties :

Dans la première (versets 1-5), l’auteur, s’élevant à l’origine de toutes choses, nous présente la Parole en elle-même et dans sa relation primordiale avec Dieu ; puis il nous décrit ses rapports avec le monde en général et son action sur l’humanité rebelle.

Dans la seconde partie (versets 6-13), l’auteur caractérise l’accueil que les hommes, et spécialement le peuple élu ont fait à la Parole, quand, annoncée par Jean-Baptiste, elle est apparue en Jésus-Christ. Repoussée par le peuple qui aurait dû la recevoir, elle a donné à ceux qui l’ont reçue, et qui, par la foi, sont nés de Dieu, le pouvoir de devenir enfants de Dieu.

Cette expérience des croyants est exposée dans la troisième partie : la Parole faite chair a habité parmi ceux qui ont cru en elle.

Il faut remarquer en outre que la dernière pensée de la première partie (verset 5) devient le thème de la seconde partie (versets 6-13), et de même la pensée finale de la seconde partie (verset 13) est développée dans la troisième partie (versets 14-18). Jean nous élève ainsi comme dans une spirale. Nous ne croyons pas que le prologue suive un plan historique. Le verset 5 nous montre déjà en termes généraux Jésus apparu en chair et rejeté par les hommes qui l’ont fait mourir.

Et la seconde partie (versets 6-13) n’a pas pour sujet, comme on l’a prétendu, le rôle du Christ préexistant sous l’ancienne Alliance, en effet elle débute par le témoignage de Jean-Baptiste (verset 6), qui, de même que dans les synoptiques (Marc 1.1), ouvre l’histoire évangélique ; on ne saurait, sans arbitraire, prendre ici Jean-Baptiste pour le représentant des prophètes. Et de plus cette seconde partie se termine par l’affirmation que « la Parole a donné à ceux qui l’ont reçue le pouvoir de devenir enfants de Dieu lesquels ne sont point nés de la volonté de la chair, mais de Dieu », ces derniers mots nous transportent sur le terrain de la nouvelle Alliance.

Les premiers mots de l’Évangile de Jean : Au commencement était la Parolerappellent les premiers mots de la Genèse et il ne s’agit point d’un simple rapprochement dans les termes, mais d’une analogie profonde. Si la Genèse raconte la création de l’univers, l’Évangile retrace la création nouvelle d’un monde moral. Dans son prologue, Jean remonte à l’origine de toutes choses pour nous montrer l’Auteur de cette double création. En effet, si les mots : au commencement ne reportent pas la pensée au-delà de la première création, Jean ne dit pourtant pas que la Parole elle-même fut alors créée, mais qu’elle était au moment où toutes choses furent créées, qu’elle est antérieure à toute la création, Par conséquent au temps lui-même (Proverbes 8.23 ; Jean 17.5 ; Éphésiens 1.4) ; or c’est là désigner l’éternité.

Si la pensée de l’éternité n’était pas impliquée dans les termes mêmes dont se sert l’évangéliste, elle se présenterait comme une conséquence de la nature divine attribuée à la Parole. Et, du reste, cette idée de la préexistence éternelle du Fils de Dieu n’est point une spéculation métaphysique de l’apôtre, mais une vérité religieuse clairement enseignée dans tout le Nouveau Testament (Colossiens 1.17 ; 1 Jean 1.1 ; Apocalypse 3.14 ; comparez Michée 5.1), et qui ressort de mainte déclaration de Jésus lui-même, dans notre Évangile (Jean 6.62; Jean 8.58 ; Jean 17.5-24).

La Parole : il faut laisser à ce mot son sens premier, ordinaire. Rattachant sa pensée au commencement de la Genèse (note précédente), Jean affirme (verset 3) que toute la création a été opérée par la Parole, expression de la volonté et de la puissance de Dieu.

Le terme de Parole, non moins que celui de au commencement, sert à rappeler le récit génésiaque ; il fait allusion à ce : et Dieu dit huit fois répété, qui est comme le refrain de ce magnifique poème. Tous ces dire de Dieu, Jean les rassemble comme en une Parole unique, vivante, douée d’intelligence et d’activité, de laquelle émane chacun de ces ordres particuliers. Au fond de ces paroles divines parlées, il découvre la parole divine parlante. Mais, tandis que celles là retentissent dans le temps, celle-ci existe au-dessus et en dehors du temps. – Godet

Comment Jean fut-il amené à concevoir comme une personne cette Parole éternelle, par laquelle ont eu lieu la création et toutes les révélations divines ?

L’Ancien Testament, compris à la lumière des enseignements de son Maître, lui fournit cette idée. Plusieurs de ses données conduisent en effet à la notion de la Parole que nous trouvons dans notre évangile.

  1. 1. Dans une série de passages, la Parole de l’Éternel est l’objet de personnifications plus ou moins poétiques : c’est par elle que les cieux ont été faits (Psaumes 33.6), c’est elle que Dieu envoie à ceux qui sont dans l’angoisse, et « elle les guérit ; » (Psaumes 107.20) c’est elle que Dieu envoie sur la terre, et « elle court avec vitesse ; » (Psaumes 147.15) c’est elle qui, « sortant de la bouche de Dieu, exécute son bon plaisir et amène à bien la chose pour laquelle il l’a envoyée » (Ésaïe 55.11).
    Dans les livres des prophètes, la Parole de l’Éternel est présentée comme l’organe des révélations divines : Jérémie 1.4-11 ; Ésaïe 2.3 ; Ézéchiel 1.3.
    Depuis l’exil, les docteurs juifs considèrent ces actions attribuées à la Parole divine comme l’œuvre d’un agent permanent et personnel qu’ils nomment la Memra (Parole) de Jéhovah.
  2. 2. Dans Proverbes 8 et Proverbes 9, la Sagesse divine se présente aux hommes, parlant, agissant comme un être personnel : « L’Éternel m’a possédée dès le commencement, avant ses œuvres ; j’ai été établie dès l’éternité, avant les origines de la terre » (Proverbes 8.22-23). « Lorsqu’il disposait les cieux, j’étais là » (Proverbes 8.27 ; comparez surtout Proverbes 8.28-31). La même notion de la sagesse personnifiée s’est conservée et développée plus tard chez les Juifs comme on le voit par divers passages des livres apocryphes (Ecclésiastique 1.1-10 ; Ecclésiastique 24.1 et suivants Voir surtout Sapience 7.7 et Sapience 10 et 11).
  3. 3. Deux vérités, en apparence contradictoires, sont enseignées dans toute l’écriture : d’une part, Dieu, le Dieu invisible, inaccessible, ne s’est jamais manifesté aux hommes. « Personne ne vit jamais Dieu ; » (verset 18) nul homme ne peut le voir et vivre (Exode 33.20 comparez 1 Timothée 6.16). D’autre part, la Bible raconte à toutes les époques de l’histoire d’Israël diverses théophanies ou apparitions de Dieu à ses serviteurs. Comment se concilie cette contradiction ? Par la manifestation d’un être mystérieux qui est appelé « l’ange de l’Éternel » (Genèse 22.15) ou « l’ange de sa face » (Ésaïe 63.9), ou encore « l’ange de l’alliance » (Malachie 3.1) et qui, non seulement se révèle aux hommes de la part de Dieu, mais qui reçoit très fréquemment le nom sacré et exclusif de Jéhova, l’Éternel. Ainsi l’ange de l’Éternel apparaît à Agar dans le désert et lui adresse la parole (Genèse 16.7), et à Genèse 16.13 Agar « appela le nom de l’Éternel qui lui parlait : Tu es le Dieu qui me voit ». Cette même révélation divine par l’ange qui s’appelle l’Éternel est souvent rapportée dans l’Écriture (Genèse 19.1; Genèse 22.15-16 ; Genèse 31.11-13 ; Genèse 32.24-30 ; comparez Osée 12.4-5 ; Exode 3.2-5 ; Exode 4.5 ; Exode 14.19-24, etc.).

Mon nom est en lui, dit l’Éternel en parlant de l’ange qu’il envoyait devant Israël (Exode 23.20-21), c’est-à-dire qu’il était la manifestation de l’essence divine elle-même.

Enfin, le dernier des prophètes annonce en ces termes l’apparition définitive sur notre terre de ce grand révélateur de Dieu : « Voici, je vais envoyer mon messager ; il préparera la voie devant moi et aussitôt entrera dans son temple le Seigneur (Adonaï) que vous cherchez, l’ange de l’alliance que vous désirez » (Malachie 3.1).

Les deux vérités contradictoires que nous venons de signaler sont ainsi conciliées, et notre évangéliste, qui est pénétré de toutes deux, nous en montre le sublime accord dans ces paroles : « Personne ne vit jamais Dieu, le Fils unique qui est dans le sein du Père, est celui qui nous l’a fait connaître » (verset 18, comparez Jean 5.37-39 ; Jean 6.45).

Nous savons maintenant pourquoi Jean appelle la Parole Celui par qui le Dieu invisible s’est toujours manifesté au monde, soit dans la création, soit dans ses révélations successives, soit enfin dans la rédemption de notre humanité. Et l’on conçoit quelle vive lumière ce fait projette sur toutes les Écritures, qui nous apparaissent ainsi dans leur pleine harmonie.

Jean a donc tiré de l’Ancien Testament son idée de la Parole (grec Logos). Si, de ce que ce mot était alors usité dans les écoles de la philosophie alexandrine et se trouve souvent dans les écrits de Philon, on veut inférer que Jean l’a emprunté à ce philosophe, il n’y a pas lieu de le nier absolument. Mais s’il l’a fait, c’est pour rectifier les notions fausses que ce terme recouvrait et pour mettre la vérité divine à la place des spéculations métaphysiques de son époque.

C’est ainsi que Paul empruntait à la philosophie de son temps ce grand mot de sagesse, dont elle était si fière, afin d’en montrer la folie, ajoutant avec une sainte hardiesse : « Mais nous prêchons une sagesse entre les parfaits, sagesse qui n’est pas de ce siècle, mais une sagesse de Dieu » (1 Corinthiens 2.6).

Avec Dieu ; la préposition que nous traduisons ainsi ne signifie pas seulement que la Parole était auprès de Dieu, dans sa société ; elle nous la présente dans un mouvement constant vers lui, réalisant avec lui la communion vivante et intime de l’amour. Cette nuance se retrouve au verset 18 « le Fils unique qui est dans le sein du Père ». Jean emploie la même préposition dans sa première épître (1 Jean 1.2), en parlant de « la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée » (comparer 2 Corinthiens 5.8). Par cette seconde sentence, l’évangéliste établit une distinction entre la Parole éternelle et Dieu et cela au moment de déclarer que cette Parole était Dieu.

La Parole était Dieu ; il n’y a rien à expliquer dans cette déclaration solennelle, il n’y a qu’à la recevoir dans toute la plénitude de sa signification ; elle attribue à la Parole tous les caractères et toutes les perfections de l’essence divine.

Il est vrai qu’ici le mot Dieu n’a pas l’article, dont il est habituellement précédé ; cette omission s’imposait, soit parce que le mot joue dans la phrase le rôle d’attribut, soit surtout parce qu’en l’écrivant avec l’article, Jean aurait identifié la Parole et Dieu, et effacé la distinction qu’il venait de faire en disant : « La Parole était avec Dieu ».

Il y a quelque chose de majestueux dans la progression des trois sentences de ce verset, dont la première enseigne la préexistence éternelle de la Parole, la seconde son rapport unique avec Dieu, la troisième sa divinité. La même solennité se retrouve dans ce terme trois fois répété : la Parole, et la Parole, et la Parole.

Elle était au commencement avec Dieu (Jean 1:2)

Grec : celle-là, cette même Parole, était… Jean répète dans ce verset ce qu’il a dit de la préexistence éternelle de la Parole et de son rapport avec Dieu : il prépare ainsi ce qu’il va exposer (verset 3) du rôle de la Parole dans la création du monde.

Pour avoir cette puissance créatrice qui n’appartient qu’à Dieu, il fallait que la Parole possédât réellement tous les attributs divins qui lui sont conférés dès la première ligne de l’évangile.

Toutes choses ont été faites par elle ; et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle (Jean 1:3)

Grec : toutes choses sont devenues par elle et pas une des choses qui sont là n’est devenue sans elle. Traduction de M. Godet, qui fait observer que le verbe devenir trois fois répété, en grec, forme un contraste avec les était des versets 1, 2(comparer Jean 8.58).

Ici se trouve pour la première fois cette particularité du style de Jean qui aime à exprimer la même pensée d’abord sous forme d’affirmation, puis sous forme de négation (Voir, par exemple, verset 20).

En déclarant que toutes choses ont été créées par la Parole, il importait à l’apôtre d’exclure toute exception. Comme au verset 1, il fait certainement allusion aux premiers mots de la Genèse. Il se trouve du reste, en parfait accord avec d’autres écrivains du Nouveau Testament, qui rendent la même pensée d’une manière plus explicite encore (Colossiens 1.16 ; Hébreux 1.2 ; Psaumes 33.6).

Par elle ne signifie pas que la Parole n’ait été que l’instrument de la création (voir verset 4), car la même préposition est employée quand il s’agit du rôle de Dieu lui-même dans la création (Romains 11.36 ; Hébreux 2.10). Paul dit pareillement en parlant de Christ que « toutes choses ont été créées en lui, parlui et pour lui » (Colossiens 1.16-17).

Si les apôtres appliquent les mêmes termes tantôt au Père, tantôt au Fils, c’est que le Fils n’agit que dans une parfaite communion de volonté et d’amour avec le Père.

Dès les temps les plus anciens, on a discuté sur la ponctuation de la fin du verset 3 (texte grec).

A, C, D, les versions Syriaque, Origène, Irénée, rattachent les mots ce qui a été fait à la première proposition du verset 4.

Des éditeurs modernes, Lachmann, Westcott-Hort adoptent cette ponctuation. La traduction la plus probable est alors : « ce qui a été fait était vie en elle » (la Parole).

Comme le remarque M. Weiss, il faudrait le présent : est vie en elle. Codex Sinaiticus D, Itala, présentent en effet cette leçon.

Mais la pensée ainsi exprimée est sans parallèle dans notre évangile. Jean aurait dit seulement : « avait (ou a) vie en elle ».

Pour ces raisons exégétiques, la plupart des interprètes rattachent les mots ce qui a été fait au verset 3. Ils n’y font pas double emploi, car le parfait ce qui a été fait a en grec le sens d’un présent : ce qui, étant devenu, existe actuellement.

En elle était la vie et la vie était la lumière des hommes (Jean 1:4)

Jean vient de dire : Par elle toutes choses ont été faites ; maintenant il écrit : En elle était la vie.

Il y a ici double gradation, d’abord de l’idée d’existence à celle de vie, puis du par lui au en lui. – Godet

La seconde expression, plus intime, plus profonde, plus complète, nous fait mieux comprendre la déclaration du verset précédent et prépare celle qui suit.

Le mot vie est sans article. M. Weiss pense que l’auteur reprend la description de la nature de la Parole (versets 1, 2) pour préparer ce qu’il va dire de son action illuminatrice (versets 4-5). La vie serait, d’après lui, la vie de la Parole elle-même, et Il limite le sens de ce terme à la vie spirituelle que la Parole possède par sa communion avec Dieu et communique à ceux qui la reçoivent.

Il paraît cependant plus naturel d’admettre, avec la plupart des interprètes, qu’il y a progrès dans l’exposé et non retour en arrière, et que Jean continue à caractériser l’œuvre de la Parole.

Il n’y a pas lieu de restreindre ici la portée du mot vie. L’absence de l’article montre qu’il s’agit de la vie au sens le plus indéterminé : toute vie était dans la Parole et en découlait comme de sa source (Jean 5.26 ; 1 Jean 5.11).

Mais la vie, dont la Parole est la source, devient lumière pour les créatures intelligentes et morales : la vie était la lumière des hommes. Après avoir décrit la Parole en elle-même, dans son rapport avec Dieu et dans son rapport avec le monde, Jean nous la montre dans sa relation avec notre humanité.

Le mot profond et très riche de lumière n’est pas une notion toute intellectuelle : la raison, ni une notion purement morale : la sainteté ou le salut. Lorsque Jean écrit : « Dieu est lumière et il n’y a point en lui de ténèbres » (1 Jean 1.5), ou que Jésus dit « Je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres » (Jean 8.12 ; Jean 9.5 ; Jean 12.46), ce terme de lumière, opposé à celui de ténèbres, désigne à la fois la perfection morale et la clarté qu’elle communique à l’entendement.

Pour l’homme qui la reçoit, la lumière est la vérité divine qui illumine son âme et y répand la connaissance de Dieu par la Parole. Mais cette connaissance n’est jamais purement intellectuelle ; elle est inséparable de la vie morale qu’elle crée et entretient dans le cœur ; elle grandit ou diminue et s’éteint avec elle. C’est ce qui ressort du rapport que Jean établit entre la vie et la lumière. D’abord la vie, et par elle la lumière, tel est l’ordre du royaume de Dieu et de l’expérience chrétienne.

Mais quand est ce que la vie était ainsi réellement la lumière des hommes ? Ces verbes au passé était la vie, était la lumière, n’expriment pas une simple possibilité et ne servent pas seulement à caractériser l’état normal. Dans leur contraste avec le présent : luit (verset 5), ils désignent un moment déterminé de la durée et nous transportent au lendemain de la création (verset 3), au matin lumineux et pur de l’existence humaine, où l’homme créé à l’image de Dieu, en communion avec lui, recevait de lui la vie et la lumière. Le péché n’avait point encore répandu dans son âme les ténèbres qui résisteront à la clarté d’en haut.

Entre les verset 4 et verset 5, Jean suppose évidemment le fait tragique de la chute, sans lequel la présence des ténèbres serait incompréhensible.

Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue (Jean 1:5)

Malgré l’apparition des ténèbres qui ont envahi l’humanité, la lumière n’a point cessé de projeter ses rayons salutaires elle persiste à éclairer (verbe grec à l’actif) cette humanité devenue ténèbres : mais, par suite de l’obscurcissement moral, l’humanité résiste à l’action de la lumière : les ténèbres ne l’ont point reçue.

Il ne faut point limiter, avec plusieurs interprètes, cette action de la lumière aux révélations accordées au peuple juif dans l’ancienne Alliance, car le verbe au présent, luit, éclaire, ne conviendrait pas pour désigner un fait appartenant tout entier au passé. Jean parle d’une manière générale des rayons de lumière dont la parole éternelle continue à éclairer le monde, même dans son état de chute, en tout temps et partout (verset 9, note).

Les moyens naturels de cette illumination sont, d’une part, la contemplation des œuvres de Dieu dans la création (Romains 1.20) et, d’autre part, les avertissements de la conscience, cette loi écrite dans les cœurs (Romains 2.14-15). Ces moyens avec le secours de la Parole éternelle qui les emploie, suffiraient pour ramener les hommes à Dieu, s’ils étaient dans un état normal ; ils suffisent du moins pour les rendre « inexcusables » (Romains 1.20) de résister aux sollicitations de cette lumière.

Ils ne l’ont point reçue, dit l’évangéliste avec tristesse. Il exprime ainsi l’expérience universelle des siècles, sans s’arrêter aux rares exceptions de ces hommes qui, de temps à autre, se sont élevés, par leurs lumières, bien au-dessus de leurs semblables.

Quoiqu’il y ait des degrés divers dans l’obscurcissement de l’intelligence et du cœur (Éphésiens 4.18), tous, même les meilleurs, sont restés plus ou moins sous l’influence de ces ténèbres au sein desquelles luit la lumière (versets 10, 11). Si cette explication est la première qui se présente à l’esprit et demeure la plus naturelle, il ne faut pas exclure — tant la déclaration de l’apôtre est générale — la venue de Jésus-Christ en ce monde dont il va être question.
Source : theotex.org

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