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Des heurts éclatent dans la manifestation contre les violences policières

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Plusieurs heurts ont éclaté samedi entre manifestants et forces de l’ordre en marge de la manifestation parisienne contre un article controversé de la proposition de loi « sécurité globale », et plus largement contre les violences policières après deux affaires récentes où l’attitude des forces de l’ordre a fait polémique.

Le cortège était parti de la place de la République pour rallier celle de la Bastille, dans une atmosphère principalement pacifique, mais des éléments masqués, dont des « black blocs », ont fait usage de la violence.

Certains ont lancé des feux d’artifice sur les forces de l’ordre, installé des barricades, jeté des pierres et incendié du mobilier urbain. Les policiers ont répondu par du gaz lacrymogène et des grenades de désencerclement.

Plusieurs voitures ainsi qu’un kiosque à journaux ont été brûlés, selon un journaliste de Reuters sur place. Une brasserie a également été incendiée.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a dit sur Twitter que 37 policiers et gendarmes avaient été blessés selon un bilan provisoire. « Je condamne, une nouvelle fois, les violences inacceptables contre les forces de l’ordre », a-t-il ajouté.

Il n’était pas possible de connaître le nombre de blessés du côté des manifestants. Ameer Alhalbi, un photographe indépendant, a été grièvement blessé par un coup de matraque et était hospitalisé en soirée, selon son entourage.

Des milliers de manifestants – militants d’extrême-gauche, écologistes et anti-racistes, gilets jaunes, étudiants, journalistes ou simples citoyens – ont défilé dans la journée notamment à Lille, Strasbourg, Rennes ou encore Paris derrière des pancartes où l’on pouvait lire « Qui nous protège de la police? » ou « Etat d’urgence permanent ».

Près de 46.000 manifestants ont été recensés à Paris et 133.000 sur le territoire, selon le ministère de l’Intérieur.

PERTE DE CONFIANCE

A 19H45, les services de police avaient procédé à 46 interpellations dans la capitale notamment pour des faits de violences, dégradations et port d’arme prohibé, selon la préfecture.

Neuf autres interpellations ont été effectuées sur le territoire, selon nos informations. Des violences ont notamment éclaté à Rennes où la police a procédé à quatre interpellations pour jets de projectiles et transports de produits inflammables.

L’article 24 interdit de filmer des membres des forces de l’ordre dans l’intention de nuire à leur intégrité « physique ou psychique ». Les syndicats de journalistes et les mouvements de défense des droits de l’homme estiment qu’il restreindra la liberté d’expression.

« Le mot qu’on entend tout le temps c’est interdire, et en même temps on n’a plus confiance en la police. Avec la loi ça va être pire. On est tous concernés par ce qui est en train de se passer », déclare Priscilla, responsable de magasin âgée de 26 ans, venue manifester.

La mobilisation contre cet article a pris un relief nouveau après la violente évacuation de migrants sur la même place de la République, et après la violente interpellation d’un producteur de musique noir par des policiers.

Face au tollé suscité par cette dernière affaire, le président de la République Emmanuel Macron a évoqué une agression dont les images « nous font honte ».

Le préfet de police de Paris a écrit pour sa part samedi aux policiers pour les appeler à ne pas s’éloigner de la ligne républicaine.

« Dévier de la ligne républicaine qui nous sert de guide, c’est renier ce que nous sommes, c’est ébranler le pacte de confiance qui nous unit à nos concitoyens, c’est perdre le sens de notre mission », a-t-il dit dans un courrier relayé via Twitter. « J’attends (…) de chacun d’entre vous qu’il tienne cette ligne jusqu’au bout. »

(Avec Gilles Guillaume, Geert de Clercq et Caroline Pailliez)

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