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Frédérique Lardet : « Mon premier parti c’est les Annéciens et la ville d’Annecy »

ANNECY, Haute-Savoie (Reuters) – « Je suis députée La République en marche, mais mon premier parti c’est les Annéciens et la ville d’Annecy ». Face à l’hôtel de ville de la cité alpine où elle est née, Frédérique Lardet affiche sa détermination : quoi qu’il arrive, elle sera candidate aux élections municipales de mars 2020.

Déjà en campagne, l’ex-cadre de 53 ans entrée en politique il y a deux ans s’emploie à convaincre la commission d’investiture du parti présidentiel de lui donner un feu vert au détriment de l’édile sortant, Jean-Luc Rigaut, 60 ans, maire UDI au profil « Macron compatible » que LaRem rechigne à contrer.

Sollicité par Reuters, celui qui dirige depuis 2007 la ville de 130.000 habitants, et préside en outre l’Assemblée des communautés de France, s’est refusé à tout commentaire.

Comme Cédric Villani, qui brigue la mairie de Paris face au candidat investi Benjamin Griveaux, Frédérique Lardet persiste et signe, au risque d’être exclue d’un camp qu’elle voudrait voir renouer avec sa promesse première d’installer une nouvelle génération de dirigeants.

« On est venus nous chercher, on a accepté de quitter nos emplois, de faire en sorte que la France puisse évoluer avec nous, personnes de la société civile. La politique locale doit aussi prendre en compte des gens qui ont énormément de choses à proposer », explique-t-elle à Reuters face aux vieilles prisons, au coeur de la ville aux ponts fleuris prisée des touristes.

NEUF DÉPUTÉS PERDUS À L’ASSEMBLÉE

« Il est normal qu’il puisse y avoir des déceptions et des tensions localement », se défend un porte-parole de LaRem. « Dans les choix que nous faisons, nous veillons à être cohérents et rassembleurs. »

A cinq mois d’élections municipales cruciales pour son ancrage territorial, des remous secouent le parti d’Emmanuel Macron, alors qu’une part importante de Français doute de la pertinence des réformes engagées à mi-mandat – 29% seulement (- 3 points) font confiance au président, selon le baromètre mensuel Kantar-One point pour Le Figaro Magazine paru jeudi.

Des désaccords de fond ont fait chuter le nombre de députés En Marche de 309 en juin 2017 à 300 (après deux défections début septembre), auxquels s’ajoutent quatre élus apparentés. La majorité étant fixée à 288 voix, le vote des lois n’est pas menacé, ce qui n’empêche pas un malaise de s’installer.

Le débat en cours à l’Assemblée sur la loi bioéthique et les questions d’immigration ont mis en lumière les fragilités d’une famille politique qui se cherche, tandis que fument les braises des incendies allumés il y a un an par les « Gilets jaunes. »

La députée Delphine Bagarry s’est vu reprocher d’avoir comparé Emmanuel Macron à un « responsable du Front national » [devenu le Rassemblement national] en l’entendant parler d’immigration, un thème « qui cherche un peu sur sa droite » juge pour sa part Sonia Krimi, figure d’une aile gauche de LaRem soucieuse de voir le gouvernement adopter une ligne plus sociale.

« UNE BANDE DE POTES »

Alors que s’engagent des réformes impopulaires comme celle des retraites, appelée à aboutir à l’été 2020, les élections municipales des 15 et 22 mars sonderont l’humeur du pays même si LaRem, née il y a trois ans, s’est fixé comme modeste objectif de multiplier par cinq son nombre d’élus, de 2.000 à 10.000.

« Mon enjeu est d’avoir des élus dans les petites villes et les villages car ce sont des relais locaux. C’est ce qui nous manque sur le terrain pour réussir le dernier kilomètre de la réforme », a dit à Reuters le délégué général de LaRem, Stanislas Guerini. « Le grand danger serait de fédérer les satisfaits du système face à ceux qui sont contre ».

Côté investitures, plus de 200 candidats ont reçu l’aval de LaRem, mais rien n’est stabilisé dans des métropoles comme Paris et Lyon, où Emmanuel Macron a fait de bons scores en 2017. A Bordeaux, LaRem et son allié MoDem soutiennent des candidats différents.

Dans la capitale, la dissidence de Cédric Villani, au score dans les sondages pour l’heure proche de Benjamin Griveaux, profite à la maire socialiste sortante, Anne Hidalgo.

Selon des sources concordantes recueillies par Reuters, une vingtaine de députés LaRem ont signifié leur soutien au mathématicien au détriment de l’ex-porte-parole du gouvernement.

« Cédric Villani incarne aujourd’hui le ballon d’oxygène dans la vie politique qu’était hier Emmanuel Macron : une ouverture d’esprit, aux idées, à la société civile », considère la députée de Paris Anne-Christine Lang.

Plus sévère, une collègue juge sous couvert d’anonymat que cette dissidence « exprime de facto ce qui ne va pas au mouvement : ils n’arrivent pas à légitimer leurs choix car ils n’associent pas assez la base. Ils auraient dû voir que Benjamin Griveaux, ça ne prenait pas. » Elle dénonce un camp recroquevillé autour de « marcheurs » du premier jour, « une bande de potes qui se partage les postes. Ça commence à se voir et le roi est nu ».

Aucun député n’a pour l’heure été exclu du parti pour dissidence, à la différence de candidats malheureux à l’investiture. Dans un message rageur posté sur Facebook, l’un d’eux, Christophe Perny, candidat à Lons-le-Saunier (Jura), a dénoncé un « clan prêt à toutes les compromissions pour réduire au silence celles et ceux qui résistent ».

(Avec Cécile Mantovani, édité par Sophie Louet)

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