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Fiat Chrysler et PSA pourraient officialiser leur rapprochement dès jeudi

PARIS/MILAN (Reuters) – Fiat Chrysler Automobiles (FCA) et PSA ont confirmé mercredi avoir engagé des discussions visant à créer un des leaders automobiles mondiaux et ils pourraient officialiser leur rapprochement dès jeudi, a-t-on appris d’une source proche du dossier.

« Suite aux récentes informations presse sur le possible rapprochement de Groupe PSA et FCA Group, Groupe PSA confirme que des discussions sont en cours en vue de créer l’un des principaux groupes automobiles mondiaux », a déclaré le groupe français dans un bref communiqué, similaire à celui de FCA.

Une autre source a indiqué mardi à Reuters qu’un conseil de surveillance de PSA se réunissait ce mercredi matin pour discuter de cette possible fusion de quelque 50 milliards de dollars.

A 14h00, le cours de l’action Fiat Chrysler bondissait de 9,72% à la Bourse de Milan, et celui d’Exor, la holding de contrôle de Fiat, de près de 4,44%.

A la Bourse de Paris, Peugeot progressait de 5,5% tandis que le groupe Renault perdait 4,64%.

FCA a longtemps été en discussion avec Renault mais il avait annoncé en juin dernier le retrait de son offre de fusion à 30 milliards d’euros avec le constructeur français, accusant le contexte politique en France d’avoir compromis un projet qui aurait donné naissance au troisième constructeur automobile mondial.

Une source au ministère de l’Economie français a assuré à Reuters que Paris suivait avec « attention et ouverture » les discussions engagées entre les deux groupes.

« L’Etat (qui détient 12% de PSA via la BPI, NDLR) sera particulièrement vigilant sur la préservation de l’empreinte industrielle et sur la gouvernance du nouvel ensemble », précise-t-on.

La préservation des intérêts patrimoniaux de la banque publique BPI sera aussi surveillé attentivement, ainsi que l’engagement du potentiel nouveau groupe en vue de la création d’une filière industrielle européenne de batteries, a ajouté la source.

Le ministre italien de l’Industrie Stefano Patuanelli a de son côté déclaré que l’Italie, qui ne détient aucune participation dans Fiat Chrysler, suivrait de près l’évolution des discussions tout en disant ne pas souhaiter commenter davantage une « opération de marché ».

L’enjeu est toutefois de taille en Italie où 58.000 personnes sont salariées par Fiat Chrysler dont les sites industriels sont en surcapacité chronique.

Dans le contexte politique actuel, d’éventuelles fermetures d’usines pourraient avoir de lourdes conséquences pour la coalition gouvernementale au pouvoir.

POTENTIEL QUATRIÈME RANG MONDIAL

Si le rapprochement entre FCA et Peugeot devait aboutir, le nouveau groupe et ses 8,7 millions de véhicules produits l’an dernier (filiales chinoises comprises) pointerait au quatrième rang mondial, derrière Volkswagen, Toyota et l’alliance Renault/Nissan, qui produisent tous les trois plus de 10 millions de véhicules, relève Richard Hilgert, analyste chez Morningstar.

« Nous considérons que la combinaison des deux sociétés serait raisonnable compte tenu de la compétition mondiale, d’un secteur très capitalistique et de sa mutation liée à l’électrification et aux technologies autonomes », commente-t-il dans une note.

Depuis plusieurs années, le marché spécule sur les velléités de Fiat Chrysler en matière de fusion-acquisition et de recherche de partenaire. En 2015, son ancien patron Sergio Marchionne avait plaidé en faveur d’une consolidation de l’industrie automobile et avait pour ce faire tenté – en vain – d’intéresser General Motors Co à un accord.

PSA et Fiat Chrysler avaient discuté d’un rapprochement plus tôt cette année, avant que le constructeur italo-américain ne propose une fusion avec Renault. À cette époque, Fiat Chrysler avait déclaré qu’un accord avec Renault offrait plus d’avantages qu’une combinaison avec Peugeot.

Max Warburton, analyste chez Bernstein, partage ce point de vue, soulignant notamment que si une fusion FCA-Peugeot a plus de chances d’aboutir, elle produirait peu de synergies aux Etats-Unis, en Amérique latine et en Chine.

« L’attention se concentrera sur l’Europe », dit-il.

NOUVEAUX ENJEUX

L’opération intervient alors que le secteur automobile européen s’efforce de s’adapter aux nouveaux enjeux politiques et environnementaux et au durcissement des normes réglementaires.

PA Consulting, un cabinet de stratégie, évalue à 700 millions d’euros le montant de l’amende que Fiat Chrysler pourrait devoir verser s’il ne modifie pas sensiblement son modèle environnemental pour se tourner davantage vers les motorisations électriques et hybrides.

Faute de disposer des technologies nécessaires, Fiat Chrysler a noué un partenariat avec l’américain Tesla auquel il va verser des centaines de millions de dollars afin de mutualiser les crédits d’émissions.

Il a en outre annoncé un plan d’investissement de 5 milliards d’euros en Italie pour y développer sa première gamme de modèles électriques et hybride, renouveler la marque de luxe Maserati et mieux utiliser ses capacités industrielles.

En s’associant à PSA, Fiat Chrysler pourra accéder à sa nouvelle plateforme électrique CMP qui a servi au développement de la e-208 et de l’Opel Corsa-e mini.

(Version française Tangi Salaün et Nicolas Delame, édité par Jean-Michel Bélot)

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