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Chrétiens persécutés

« Que la grâce et la paix te soient données de la part de Dieu… » (Tite 1:4)

« Que la grâce et la paix te soient données de la part de Dieu le Père et de Jésus-Christ notre Sauveur » (Tite 1:4).

Tite était un chrétien d’origine païenne converti par l’apôtre Paul (Galates 2:3; Tite 1:4). Son nom apparaît dans quatre épîtres de Paul. Lorsque Barnabas et Saul furent envoyés à Jérusalem pour apporter un secours aux frères dans le besoin, ils prirent Tite avec eux (Galates 2:1). C’est Saul qui semble avoir pris cette initiative (« ayant pris Tite avec moi »).

La manière dont Paul parle de cette expérience prouve que des pressions ont dû être exercées sur eux, puisque « Tite qui était Grec ne fut pas même contraint de se faire circoncire » par les « faux frères qui s’étaient furtivement introduits et glissés parmi » les chrétiens (Galates 2:3-4).

A l’époque de la Conférence de Jérusalem (Actes 15), cette dispense n’aurait plus rien eu d’exceptionnel qui fût digne d’être mentionné puisque c’était le résultat concret de l’ensemble des débats (Actes 15:19).

Paul, voyant dans les exigences des judaïsants une menace contre la liberté chrétienne et même contre l’essence de l’Evangile qui ne fait dépendre le salut d’aucun rite, résista à leur demande « afin que la vérité de l’Evangile fût maintenue » (Galates 2:3-5).

Ainsi Tite fut, ce jour-là, l’enjeu d’un débat aux conséquences incalculables pour l’avenir du christianisme. Nous apprenons par 2 Corinthiens 8:23 que Tite fut l’un des fidèles collaborateurs de l’apôtre durant les trois années de ministère à Ephèse (Actes 19:10, 22 ; 20:31).

Son nom est surtout associé à la crise dans l’Eglise de Corinthe. Un an avant la rédaction de 2 Corinthiens, Paul l’avait envoyé à Corinthe pour lancer la collecte en faveur des chrétiens pauvres de Jérusalem (2 Corinthiens 9:2 ; 12:18), collecte qui constituait l’une de ses préoccupations majeures en ce temps-là (1 Corinthiens 16:1-3 ; 2 Corinthiens 8-9 ; Romains 15:25-28).

Paul avait envoyé Timothée à Corinthe (1 Corinthiens 4:17 ; 16:10; Actes 19:21-22). Mais celui-ci n’a pu rétablir l’ordre dans l’Eglise troublée. Il reviendra auprès de l’apôtre avec des nouvelles plutôt alarmantes qui vont probablement motiver la « visite-éclair » de Paul à Corinthe.

Mais l’apôtre lui-même subit un échec cuisant, il est offensé en pleine Eglise et doit battre en retraite parce que personne ne prend sa défense. Rentré à Ephèse, il écrit une « lettre sévère » (2 Corinthiens 2:3-4 ; 7:8) qu’il enverra par Tite chargé, en même temps, de ramener l’Eglise à une attitude plus loyale envers son fondateur.

Paul avait convenu avec Tite de le rencontrer, à son retour, à Troas (2 Corinthiens 2:12-13). Ne l’y trouvant pas, il se rend en Macédoine où Tite le rejoint, porteur de bonnes nouvelles (2 Corinthiens 7: 5-9) : l’Eglise s’est repentie et Tite a eu toutes les raisons de se réjouir de ce changement d’attitude à l’égard de Paul (versets 13 et 14).

Le rapport favorable de Tite sera l’occasion pour Paul d’écrire notre deuxième épître aux Corinthiens que l’apôtre enverra par le messager qui lui a transmis l’heureuse nouvelle.

Tite mènera à bonne fin la collecte qu’il avait lancée un an auparavant (2 Corinthiens 8:16-17) ; l’apôtre lui adjoint deux autres co-équipiers (versets 18-22) et lui établit ce certificat : « Pour ce qui est de Tite, il est notre associé et notre compagnon d’œuvre auprès de vous » (2 Corinthiens 8:23), car il sait que c’est un homme dans lequel il peut avoir une entière confiance, qui marche « dans le même esprit, sur les mêmes traces » (2 Corinthiens 12:18).

Lorsque Paul arrive à Corinthe, il trouve une Eglise apaisée où il pourra jouir de la quiétude intérieure nécessaire à la rédaction de l’épître aux Romains. Mais au moment de cette rédaction, Tite est déjà reparti de Corinthe, puisque son nom n’apparaît ni dans les salutations adressées à l’Eglise de Rome de la part des collaborateurs de Paul, ni dans l’équipe des accompagnateurs de la collecte choisis par les Eglises (Actes 20:4 ; 2 Corinthiens 8:19-21).

Après quelque cinq années de silence, le nom de Tite réapparaît dans l’en-tête de la lettre que Paul lui adresse en Crète. Après sa libération de la première captivité romaine, l’apôtre avait travaillé avec lui dans cette île. Peut-être des Juifs crétois convertis lors de la Pentecôte (Actes 2:11) ou des chrétiens obligés d’y faire escale pendant l’hiver ( Actes 27:7.) avaient-ils déjà fondé des communautés dans l’île ? Mais les Eglises sont inorganisées et ravagées par des faux-docteurs (Tite 1:5, 10-11).

Le terrain n’est pas facile (Tite 1:6-7, 12-14). Mais Tite semble être l’homme de la situation et l’apôtre peut, en toute confiance, se décharger sur lui (Tite 1:5) jusqu’à ce qu’il ait trouvé quelqu’un pour le remplacer (Tite 3:12).

Après avoir établi des anciens dans chaque Eglise, Tite doit rejoindre Paul à Nicopolis (sans doute en Epire) où l’apôtre a une autre tâche pour lui. Nous apprenons de la 2e épître à Timothée qu’il a été auprès de l’apôtre à Rome et qu’il est parti continuer l’œuvre en Dalmatie (l’ancienne Yougoslavie).

Cette lettre à en-tête officiel (Tite 1:1-4) servira en même temps à Tite d’ordre de mission dont il pourra faire état, si besoin est, devant des opposants qui mettraient son autorité en question (Tite 1:5).

Il faut leur « fermer la bouche » (Tite 1:10) sans se laisser mépriser par personne (Tite 2:15). La lettre est moins personnelle que celles adressées à Timothée, elle insiste moins sur la saine doctrine que sur la conduite morale et les bonnes œuvres qui doivent en découler.

Cela est dû en partie au caractère plus ferme de Tite, en partie aux conditions différentes que les deux délégués rencontraient dans les Eglises où ils travaillaient. Ces différences sont un dernier témoignage en faveur de l’authenticité de ces lettres et un hommage à « la sagesse infiniment variée de Dieu » (Ephésiens 3:10) et de ses fidèles serviteurs qui traitent chaque individu et chaque situation d’une manière appropriée à leurs besoins.

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