Rechercher sur le site

Entrez les mots-clés dans la boîte ci-dessous:

Chrétiens

Chrétiens persécutés

Le relativisme interdit d’évangéliser ou de persuader les autres

Les combats de la société contre la vérité ont des effets tentaculaires. Le relativisme est tellement néfaste pour notre société que nous ferions bien de considérer brièvement certaines de ses implications. L’une de ces dernières – du moins sur le plan religieux – est qu’il est interdit de persuader les autres.

Sur de nombreux campus universitaires, l’évangélisation – le terme tabou du prosélytisme – est considérée comme le fait de « vouloir gaver les autres de sa religion ». Évidemment, essayer de persuader ou d’évangéliser quelqu’un implique qu’on a une vérité à proclamer – et qu’on pense que les autres ont sans doute tort.

Cela mène à la seconde implication : être exclusif, c’est faire preuve d’arrogance. Étant donné la multitude de religions qui existent dans le monde, prétendre connaître une chose que les autres ignorent doit être malvenu et erroné. De plus, prétendre avoir l’exclusivité – en particulier soutenir que Christ est le seul chemin du salut – est souvent assimilé au colonialisme et à l’impérialisme occidentaux : il s’agit donc ni plus ni moins que de la bigoterie et l’étroitesse d’esprit d’Occidentaux qui imposent leurs idées à des auditeurs ignorants ou récalcitrants. Certes, les non-chrétiens ont parfois de bonnes raisons de nous critiquer.

En proclamant haut et fort que le christianisme est la seule vraie doctrine, tout en clamant que les autres points de vue sont totalement faux, les chrétiens provoquent l’hostilité. Ils feraient mieux d’admettre les points positifs des autres systèmes de pensée. Comme toute vérité vient de Dieu, on peut trouver des vérités morales, par exemple, à l’extérieur de la Bible.

On peut également reconnaître les vérités mathématiques, historiques et scientifiques.1

Une troisième implication est que la tolérance devient une vertu essentielle. Sous-entendre que quelqu’un a tort revient à faire preuve d’une regrettable intolérance, surtout lorsque la tolérance est considérée à tort comme le fait d’être ouvert à toutes les idées et de les accepter en bloc. Ce que les activistes homosexuels appellent tolérance, par exemple, est une acceptation inconditionnelle de leur style de vie comme bon et légitime. Cette pseudo « ouverture d’esprit » s’avère dangereuse, car elle manque de discrimination et de critères d’acceptabilité.

Selon Allan Bloom, « jadis, l’ouverture d’esprit était une vertu qui nous permettait de chercher ce qui est bien à l’aide de notre bon sens. Mais actuellement, cela implique de tout accepter et de nier le pouvoir de la raison. »2

Une dernière implication du relativisme explique peut-être encore mieux pourquoi nos arguments contre la vérité prennent la forme d’une véritable guerre : si l’on n’a plus la possibilité de faire usage de simple bon sens, le pouvoir prédomine. Autrement dit, une fois que la vérité est ce que nous décidons d’en faire, il est logique de prendre le pouvoir sur les autres. Le philosophe allemand Friedrich Nietzsche (1844-1900) a écrit que l’éradication de Dieu – donc de toutes les normes objectives de vérité et de moralité – allait susciter une ère de nihilisme, où l’on rejetterait toutes les évidences et toutes les valeurs objectives. 3

Il ne reste plus ensuite que la soif de pouvoir, et à partir de là, seuls les plus forts survivent. Stanley Fish, de la Duke University, bien connu pour sa répudiation de la littérature objective et des normes morales, a déclaré : « Quelqu’un est toujours sur le point d’être réprimé, et vous devez tout faire pour que ce quelqu’un ne soit pas vous. » 4

Beaucoup de groupes spécialisés – quoique, certainement, pas tous – partent de ce principe : Comme ils n’ont aucune norme objective à partir de laquelle agir – aucune preuve que ce qu’ils défendent est bien ou mal – ils ne peuvent que faire usage de leur pouvoir pour soutenir leur point de vue, faire entendre leur voix et provoquer des changements.

Les gouvernements et les autres structures sociales deviennent des armes de pouvoir, maniées par l’élite culturelle et par les groupes qui ont pris plus d’ascendant et d’influence que les autres. De nouveau, remarquons que cette tendance existe depuis longtemps. Dans un autre dialogue de Platon, un certain Calliclès affirme que la justice n’est, en fait, que le règne du puissant sur les citoyens d’un pays. 5

Ce que les dirigeants estiment bon est juste pour Calliclès. La moralité est à la solde du pouvoir. Telle est l’ambiance dans laquelle nous prêchons : relativiste, à la merci du pouvoir, hostile à la vérité, en particulier à celle qui provient de la foi chrétienne. Bien que les relativistes se targuent d’être « tolérants », si nous critiquons le relativisme objectif et moral, nous constaterons que cette philosophie incohérente et contradictoire est bien plus dogmatique et étroite d’esprit que le christianisme lui-même. 6

Il est paradoxal qu’alors que les chrétiens sont accusés de bigoterie et d’étroitesse d’esprit, leur position absolue n’est pas seulement vraie, mais cohérente et pleine de compassion.

Paul Copan, West Palm Beach, Floride. Adapté de True for You, But Not for Me (Minneapolis: Bethany House Publishers, 1998), p. 21,22. 

Notes :

  1. Harold Netland, Dissonant Voices (Virginia Beach, Virginia: Regent College Publishing, 1999), p. 144. Voir également Lesslie Newbigin, The finality of Christ (Atlanta: John Knox, 1969), p. 11,12, et Aldous Huxley, The Perennial Philosophy (New York: Harper and Row, 1944), p. 140,141.
  2. Allan Bloom, The closing of the American Mind (New York: Simon and Schuster, 1988), p. 38.
  3. “The Gay Science,” dans The Portable Nietzsche, ed. and trans. Walter Kaufman (New York: Viking, 1954), p. 95.
  4. Cité dans Gene Edward Veith, Jr., Postmodern Times (Wheaton,, Illinois: Crossway Books, 1944), p. 163.
  5. Par exemple, Gorgias, 49, 1b. On retrouve aussi cette théorie chez Théétète, les sophistes et les hommes d’état.
  6. Alister McGrath, “The Challenge of Pluralism for the Contemporary Church,” Journal for the Evangelical Theological Society 35 (septembre 1992), p. 363.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Devenez rédacteur

Vous aimez écrire ? Vous êtes bilingue anglais-français à l’écrit ? Vous avez une expérience professionnelle dans le domaine du journalisme et de la communication ? Venez renforcer l’équipe du Journal Chrétien et nous aider à fournir l'actualité chrétienne en continu.

En savoir plus

Inscription à la newsletter