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Chrétiens persécutés

Annoncer Christ avec clarté à un monde laïc

Jésus a vécu et il est mort à un carrefour de l’humanité. Quand il a été crucifié, Pilate a ordonné qu’on appose une inscription sur la croix en hébreu, en latin et en grec – les langues des trois principaux groupes culturels de cette région. Le pardon offert grâce à la croix transcendait les barrières culturelles, et son message aussi. Nous devons apprendre à transmettre l’Évangile au-delà des barrières culturelles, comme les missionnaires ont appris à le faire à l’étranger. L’Église a besoin de faire preuve de savoir-faire et de tact pour atteindre notre société laïque.

Certaines nations qui ont respecté pendant longtemps les pays chrétiens ne sont plus dans les mêmes dispositions aujourd’hui. Au cours des dernières décennies, elles ont progressivement adhéré à une culture post-chrétienne. L’Église est maintenant face à un défi. Elle doit communiquer le message de Christ dans un contexte interculturel.

Pour annoncer efficacement Christ à une société laïque, nous devons réaliser que nous allons d’une culture ecclésiastique à une culture laïque. Nous communiquons sans problème avec ceux qui ont une culture identique à la nôtre, mais si nous avons passé la plupart de notre existence sur les bancs de l’église, nous avons acquis les perceptions, les valeurs et même le vocabulaire religieux. Même si les chrétiens parlent la même langue que les non-chrétiens, ils emploient souvent des termes qui sont peu familiers dans le monde laïc – ou qui ont un sens différent.

Quand nous employons notre jargon religieux pour nous adresser à des non-chrétiens, nous érigeons une barrière qui nous empêche de communiquer avec eux. Des termes comme « sauvé », « Évangile » et « onction » nous semblent clairs, mais ils sont déconcertants pour ceux qui n’ont pas l’habitude de les entendre. On doit donc s’adresser aux non-chrétiens en employant leur vocabulaire et non le nôtre.

Dans Colossiens 4.2-6, l’apôtre Paul a écrit : « Persévérez dans la prière, veillez-y avec actions de grâces. Priez en même temps pour nous, afin que Dieu nous ouvre une porte pour la parole, en sorte que je puisse annoncer le mystère de Christ, pour lequel je suis dans les chaînes, et le faire connaître comme je dois en parler. Conduisez-vous avec sagesse envers ceux du dehors, et rachetez le temps. Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut répondre à chacun. »

Paul a montré qu’il dépendait de l’action divine pour évangéliser. Il a demandé aux croyants de prier Dieu de lui ouvrir une porte pour qu’il puisse annoncer son message et de l’aider à rendre son message clair, afin qu’il puisse parler convenablement. Bien que nous dépendions du Seigneur pour qu’il ouvre une porte pour la parole, il nous faut aussi dépendre de lui pour annoncer notre message clairement et pour nous conduire avec sagesse envers « ceux du dehors ».

Nous devons être prophétiques et proclamer hardiment la bonne nouvelle de Jésus par la puissance de l’Esprit, mais aussi utiliser des termes que nos auditeurs puissent comprendre, en reconnaissant avec l’apôtre Paul que nous devons exposer clairement le mystère de Christ et nous conduire avec sagesse envers les non-chrétiens.

L’expression employée par Paul (« ceux du dehors ») est particulièrement parlante. Nous avons tous assisté à des rencontres ou nous nous faisions nous-mêmes partie de « ceux du dehors ». Les « initiés » ont leurs plaisanteries propres et leurs expressions favorites. Si nous ne les comprenons pas, nous sommes déconcertés. Leur sens nous échappe totalement. Nous ne devons jamais transmettre le message de Christ de cette façon, bien au contraire.

Quand Jésus s’adressait aux gens, il se servait toujours de paroles et de concepts qu’ils pouvaient comprendre et auxquels ils pouvaient s’identifier. Au temps du Nouveau Testament, une énorme barrière culturelle séparait les Juifs des Samaritains, mais Jésus a pulvérisé cet obstacle.

La parabole du bon Samaritain a été racontée en réponse à la question d’un docteur de la loi : « Qui est mon prochain ? » En fait, cet homme souhaitait obtenir une réponse à la question : « Qui n’est pas mon prochain ? » Il souhaitait savoir qui il n’était pas obligé d’aimer comme lui-même. Manifestement, le blessé du chemin était un Juif. Ceux qui passaient l’étaient aussi, mais seul le Samaritain s’est comporté comme le prochain de l’homme en détresse. Même si cela semble simpliste, le Samaritain s’est occupé de ce blessé tout simplement parce qu’il était là. Notre prochain, c’est donc tous ceux que nous croisons.

Chaque nouvelle génération est un groupe de personnes à atteindre. Notre prochain – les gens avec lesquels nous sommes en contact – est très différent de ceux des générations précédentes. Et nous devons les atteindre.

Quand Jésus s’est occupé de la femme samaritaine au bord du puits, il s’est servi de mots et d’idées qu’elle pouvait comprendre. Il a traité clairement le problème du péché, mais en centrant la conversation sur les besoins et les intérêts de cette femme. Il a orienté la conversation sans la contrôler totalement. Il a répondu à ses questions, comme Paul nous a incités à le faire.

Pendant que nous marchions dans les rues de Moscou avec un ami, nous avons interrogé plusieurs passants. Quand nous avons parlé de Dieu à une jeune fille russe, elle a répondu : « Je crois en Dieu, mais je ne suis pas sûr qu’il ait le pouvoir de résoudre les problèmes de la Russie. Je ne vais pas à l’église, parce que ce sont surtout des personnes âgées qui s’y rendent, et qu’ils ne veulent pas que je porte de pantalon. »

J’ai été troublé que cette jeune fille n’ait pas accès à l’Évangile parce qu’elle ne se sentait pas autorisée à se rendre à l’église telle qu’elle était. Quand on invite les gens à s’avancer sur le devant, on chante souvent « Tel que je suis », mais parfois, nous nous attendons à ce que les gens ne viennent à l’église que sous certaines conditions.

Comment les chrétiens peuvent-ils communiquer avec plus de doigté et d’efficacité avec les personnes imprégnées d’une culture laïque ? Je vous suggère trois pistes : apprenez, écoutez et aimez.

APPRENEZ

Prenez la résolution d’étudier le vocabulaire et les concepts chrétiens qu’ignorent les personnes laïques et apprenez à traduire les doctrines chrétiennes dans leur langue. Mes parents missionnaires étaient toujours très cordiaux avec les non-chrétiens et parvenaient parfaitement à s’entendre avec les personnes qui n’avaient aucune connaissance biblique. Pour bien se comporter envers « ceux du dehors », nous devons les connaître et les comprendre, ce qui implique de passer du temps avec eux. Jésus a d’abord appelé ses disciples pour « les avoir avec lui » (Marc 3.14). Nous devons veiller à ne pas considérer les autres uniquement comme des âmes éternelles. Sachons aussi les apprécier tels qu’ils sont.

ÉCOUTEZ

Ne vous contentez pas de prêcher : répondez aux questions. Ne dominez pas les conversations, mais orientez-les. Souvenez-vous que l’apôtre Paul nous exhorte à « répondre » à ceux du dehors. L’apôtre Pierre nous a fixé cette ligne de conduite : « [Soyez] toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous » (1 Pierre 3.15).

AIMEZ

Aimez les autres, tout simplement. « L’amour couvre une multitude de péchés » (1 Pierre 4.8) – y compris les maladresses dues à l’ignorance des autres cultures. Si la personne qui commet des impairs est affectueuse, on lui pardonnera ses bévues.

Communiquer Christ malgré les barrières culturelles n’est pas une option pour l’Église, mais une nécessité – un ordre biblique. Dans Colossiens 4.4-6, Paul emploie deux fois le mot grec dei, un impératif qui signifie « doit » ou « est nécessaire ». Paul affirmait que le message de Christ doit être annoncé clairement et qu’il nous faut répondre à ceux du dehors avec sagesse.

Le Seigneur a placé l’Église dans le monde pour qu’elle soit sel et lumière, afin d’influer sur la société qui l’entoure. Elle doit atteindre tous ceux qui sont à sa portée. L’Église ne doit pas être coupée de la société laïque, mais y pénétrer et prendre part à l’oeuvre souveraine de Dieu en appelant les gens à passer « des ténèbres à son admirable lumière » (1 Pierre 2.9).

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