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Chrétiens persécutés

Le rôle du ministère chrétien dans une culture relativiste

Le relativisme est une forme particulière d’incrédulité qui se répand largement dans notre culture. Il s’oppose vivement à ce que nous présentions l’Évangile comme l’unique révélation de Dieu à l’humanité et comme le seul espoir d’avoir la vie éternelle. Il prédispose les gens à suspecter, voire à rejeter catégoriquement un message aussi exclusif. Mais l’enjeu va bien au-delà.

J’ai donné ma vie à Christ au moment où la musique chrétienne contemporaine prenait naissance. Comme cette transition n’en était qu’à ses débuts, pendant mes premières années de vie chrétienne, j’ai été imprégné de la puissance et de la richesse des grands hymnes traditionnels de l’Église. Certes, j’aime beaucoup la diversité, l’énergie et la créativité qui se dégagent de la musique de louange contemporaine. Toutefois, j’ai reçu un héritage que je souhaiterais transmettre abondamment aux chrétiens d’aujourd’hui.

Non seulement j’ai eu jadis l’impression de ressentir la présence de Dieu et j’ai réagi à l’action de son Esprit au milieu de nous, mais de plus, ces hymnes ont gravé en moi les grandes doctrines de la foi. En même temps que la prédication biblique, ils ont solidement établi ma foi sur le roc. Et surtout, longtemps avant que Rick Warren ne mette en évidence cette base essentielle dans son cé- lèbre ouvrage Une vie motivée par l’essentiel, les hymnes me disaient : Tout ne tourne pas autour de toi.

Dans le cas inverse, je deviens un relativiste. Si je me regroupe avec mes semblables et que notre foi se base uniquement sur nos opinions communes, nous sommes des relativistes. Quand nous avons essayé de démontrer à quelqu’un la vérité des Écritures, ne nous est-il pas arrivé à tous d’entendre : « C’est vrai pour toi ! » C’est une réponse relativiste. Votre interlocuteur est persuadé que chacun a sa vérité personnelle. Pour beaucoup, les notions de bien et de mal, de vérité et d’erreur sont personnelles ou propres à un groupe. À leurs yeux, il n’existe aucun système de vérité ou de moralité objectif et transcendant auquel nous devons tous nous soumettre.

Le relativisme est une forme particulière d’incrédulité qui se répand largement dans notre culture. Il s’oppose vivement à ce que nous présentions l’Évangile comme l’unique révélation de Dieu à l’humanité et comme le seul espoir d’avoir la vie éternelle. Il prédispose les gens à suspecter, voire à rejeter catégoriquement un message aussi exclusif. Mais l’enjeu va bien au-delà.

La puissance du Saint-Esprit transcende nos limitations. Grâce à elle, nous pouvons annoncer la vérité et permettre que les philosophies erronées soient vaincues par une illumination et une conviction surnaturelles. En tant que pentecôtistes, je suis convaincu que Dieu nous a suscités « pour un temps comme celui-ci » (Esther 4.14).

Par définition, le relativisme ne peut pas être contré par un témoignage chrétien basé sur une démonstration intellectuelle rationaliste. En effet, la vérité n’est pas seulement objective : elle est incarnée dans la personne et l’oeuvre de notre Seigneur Jésus-Christ. Notre première mission consiste donc à gagner les gens à Christ, et non à argumenter.

Dans son livre Distorted Truth: What Every Christian Needs to Know About the Battle for the Mind (La vérité déformée: ce que chaque chrétien doit savoir de la bataille intellectuelle), Richard Mouw met en garde les chrétiens contre la tentation de chercher à remporter « des victoires rhétoriques simplistes sur l’incrédulité ». Il parle de la tendance qu’ont les chrétiens à souligner les contradictions des systèmes de croyances des non-chrétiens pour démontrer la cohérence supérieure du christianisme. Par exemple, combien d’entre nous sont tombés dans le piège en tenant ce genre de propos à un relativiste sans méfiance :

Le relativiste : Ce qui me déplaît profondément dans le christianisme, c’est qu’il soit si  condamnateur. Je crois qu’aucune vérité et aucun ensemble de lois ne s’applique à tout le monde en tous lieux. La vérité et la moralité dépendent de la culture et du groupe dans lesquelles elles s’exercent.

Le chrétien : Ah bon ? Vous prétendez donc qu’il n’existe aucune vérité absolue ?

Le relativiste : Exactement. Le chrétien : Vraiment aucune ?

Le relativiste : Non. Aucune.

Le chrétien : Eh bien, vous énoncez ainsi une vérité absolue !

Cette méthode peut fermer la bouche à un adversaire lors d’un débat, mais elle ne gagnera jamais aucun coeur. Mouw estime préférable de creuser plus profondément que les systèmes de pensée erronés afin d’analyser leur origine et leurs conséquences.

Les Églises d’aujourd’hui agissent dans le contexte relativiste d’une culture qui, dans le meilleur des cas, remet en question leur conviction que la vérité et la moralité biblique font autorité, et dans le pire des cas, considère cette théorie comme la principale cause du mal et de l’oppression dans le monde.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Le relativisme est-il un phénomène contemporain ou la manifestation vivace de la chute de l’homme qui ressurgit à chaque génération ? J’opte pour la seconde option. Pour comprendre et combler les défis que le relativisme lance à cette génération de chrétiens, il est bon de comprendre que le relativisme a existé à diverses époques de l’Histoire.

L’HOMME EST LA MESURE DE TOUTES CHOSES

Le philosophe grec Socrate était convaincu que les personnes sensées découvriraient les normes de la vérité objective – extérieure à eux-mêmes – en qu’en vivant selon ces normes, ils pourraient mener une existence harmonieuse. Ses adversaires, les sophistes, niaient la supériorité de toute norme objective de vérité ou de bien. Le philosophe sophiste Protagoras a déclaré qu’« homo mensura » (que l’homme est la mesure de toutes choses). Selon lui, la vérité dépend de la personne qui parle. La théorie des sophistes s’est perpétuée au fil de l’Histoire sans rien perdre de sa puissance. Aujourd’hui, toutes sortes de personnes dénaturent ou abandonnent la vérité au profit de leurs préférences personnelles, de leur plaisir ou de leur profit.

LA COLLINE DE MARS

La superstition polythéiste est une autre grande forme de relativisme. Paul l’a rencontrée à Athènes (Actes 17.16- 34). À la vue de cette ville pleine d’idoles, Paul « sentait au-dedans de lui son esprit s’irriter ». En gravissant la colline de Mars, il a observé le nombre et la diversité des dieux que le peuple adorait et il s’en est servi de base de départ pour leur annoncer l’Évangile. Parmi toutes ces options, il a soutenu qu’un seul choix était le bon.

Croire que les gens peuvent sélectionner qui ou quoi ils vont adorer tout en acceptant l’idée que les autres options peuvent être valables, c’est adhérer à l’hénothéisme. Cette tendance est en vogue dans notre époque postmoderne qui éprouve un regain d’intérêt pour la spiritualité. Il faut donc que nous fassions clairement la distinction entre notre respect de tous les hommes et notre acceptation de leur système de croyance. Aucun dieu de notre choix ne pourra jamais nous délivrer de nos péchés ni satisfaire les profonds désirs de notre coeur.

LA LAÏCITÉ

À la fin de la période médiévale, un nouveau mouvement a pris de l’ampleur en Occident au Siècle des Lumières : selon lui, toutes les formes de religion étaient superstitieuses et dépassées. Cette théorie a ouvert la voie à la laïcité moderne.

Aux seizième et dix-septième siècles, de plus en plus d’étudiants influencés par ce mouvement ont cherché à soustraire les progrès intellectuels à l’autorité de l’Église et des Écritures. Cela a produit une scission entre la science (le domaine des faits objectifs) et la religion (le domaine des valeurs subjectives). Seules les données considérées comme valables rationnellement ou vérifiables concrètement étaient considérées comme authentiques et vraies. Cette scission entre les faits et les valeurs a eu une portée considérable.

En droit civil, par exemple, on pouvait jadis définir concrètement le vol comme le fait de s’approprier le bien d’autrui sans sa permission. C’était un comportement blâmable, parce qu’il allait à l’encontre du bien commun. Par contre, selon cette nouvelle mentalité, on ne pouvait pas considérer le vol comme une transgression des valeurs transcendantes, parce que beaucoup soutenaient que la religion n’était plus la base de la moralité.

MARX, NIETZSCHE ET FREUD

Au dix-neuvième et au début du vingtième siècle, l’espoir de progrès que les gens croyaient pouvoir atteindre grâce à la science et à la technologie a laissé place à l’isolement et au désespoir. Les forces laïques de la modernité ont tenté, pendant un certain temps, de défendre un paradoxe – en affirmant l’existence d’une connaissance objective toute en reniant la Source de vérité transcendante. Entre autres, Marx, Nietzsche et Freud ont soutenu la théorie moderne selon laquelle le concept et l’ordre universels sont possibles sans l’existence d’un Créateur. Les gens ou les nations qui avaient le pouvoir d’imposer leur volonté ont élaboré et imposé leur propre justice, en même temps que la vérité et la moralité. Le relativisme était bel et bien là.

LA POSTMODERNITÉ

Au cours du vingtième siècle, les fondations du modernisme se sont écroulées (Diogenes Allen). La laïcité n’est pas parvenue à donner une explication valable de nombreux faits, depuis l’origine de l’existence jusqu’aux aspirations de l’esprit humain. Beaucoup de structures sociales et intellectuelles de la modernité sont encore visibles, mais elles ne sont que des vestiges de promesses non tenues.

Le postmodernisme s’accompagne de sa propre forme de relativisme – autrement dit de la conviction que le moi est « la chose la plus réelle » (James Sire). La vérité, la moralité et le monde lui-même peuvent exister extérieurement, mais l’essentiel est ma façon d’adhérer à la vérité, aux règles et au monde et de me les approprier.

Dans la postmodernité, les gens se regroupent autour de buts, de croyances ou de comportements communs, mais ils oscillent aussi entre de multiples communautés et adaptent leur langage et leur style de vie au contexte approprié. Ce n’est pas nouveau en soi, mais cela donne une permission sans précédent de rejeter le moi pour adopter une identité de situation. En conséquence, l’Église peut rester une communauté significative à laquelle s’affilier, mais son influence et ses exigences ne sont plus exclusives.

Ce schéma de l’héritage du relativisme souligne le contexte dans lequel nous travaillons et exerçons notre ministère. Les défis sont considérables, mais les traits distinctifs du ministère pentecôtiste sont parfaitement et divinement aptes à vaincre les résistances de ceux qui rejettent la possibilité d’absolus : la vérité et Celui qui est la vérité.

POUR UN TEMPS COMME CELUI-CI

L’un des grands défis du ministère dans une culture relativiste est la question de l’autorité de la Bible. La prolifération des informations en ligne attisent le scepticisme envers quiconque prétend faire autorité. Les attaques virulentes de tout écrit qui se veut exposer l’autorité suprême peuvent laisser des traces – même dans l’esprit des chrétiens fidèles – et influer sur leur façon de considérer les responsables de l’Église.

L’autorité de la Parole de Dieu pour décrire la réalité, définir la vérité et régir la conduite est en jeu. Nous devons appliquer nos paradigmes herméneutiques avec humilité, mais tout ce que nous disons doit correspondre à la Parole de Dieu, que nous prêchions, conseillons ou reprenions les gens. L’Esprit de Dieu qui a inspiré les rédacteurs humains des Écritures convainc toujours le coeur de quiconque écoute sa Parole avec un coeur réceptif.

J’ai vu le Seigneur travailler de cette façon bien des fois. Par exemple, un jeune homme et une jeune femme assis dans mon bureau m’ont regardé un jour avec stupéfaction. Ils avaient accepté Christ lors d’une croisade récente dans un stade et avaient commencé à fréquenter notre assemblée. Quand ils m’ont prié de présider leur cérémonie de mariage, j’ai accepté de bon coeur et je leur ai expliqué qu’ils avaient besoin de conseils préalables. Pendant notre première rencontre, la future épouse m’a demandé : « Pasteur, êtes-vous sérieux quand vous nous demandez que l’un de nous quitte notre appartement jusqu’à notre mariage ? Nous vivons ensemble depuis deux ans ! »

Je leur ai affirmé que j’étais sérieux et je leur ai montré ce qu’en disait la Parole de Dieu. Nous avons étudié ensemble les passages qui leur révélaient à quel point le Seigneur les aimait et la puissance et les bénédictions qu’il déverserait sur leur vie s’ils se soumettaient à lui dans ce domaine essentiel. Je savais que la raison seule ne suffirait pas à les convaincre. Je n’ai donc pas profité de ma position pour essayer de les contraindre. En effet, beaucoup de personnes approuvaient sans réserve leur style de vie. Je leur ai donc simplement expliqué ce qu’en disaient les Écritures et j’ai prié pour que l’Esprit leur montre la vérité. Et il l’a fait ! Lors de la réunion suivante, ils m’ont appris qu’ils ne vivaient plus ensemble. Quelque temps plus tard, la cérémonie nuptiale a été magnifique !

Dans cette culture relativiste, les pasteurs doivent relever un autre défi: la façon dont les gens s’adaptent à des systèmes conflictuels de raisons et de règles à force de vivre dans de multiples communautés. Au début de ma conversion, j’ai entendu une prédication qui m’incitait à ne pas mener une double vie. Mais aujourd’hui, les pasteurs peuvent exhorter les gens à ne pas mener de multiples vies ! Hors de l’Église, les gens sont libres de vivre de multiples vies. À cause de cette liberté, l’intégrité signifie seulement « vivre en fonction des règles de votre groupe ».

L’Esprit de Dieu nous donne la force de rester loyaux envers le Seigneur et de défendre nos valeurs en toute situation. Il se joint à nous pour cultiver et démontrer le fruit de l’Esprit en tout temps et en tout lieu. Avant toute affiliation professionnelle ou personnelle, nous sommes membres de la famille de Dieu (Galates 6.10), et le Saint-Esprit témoigne à notre esprit que nous faisons partie de cette famille (Romains 8.16).

Nous sommes aussi face à un défilorsque nous cherchons à enraciner notre identité personnelle dans une norme objective d’identité humaine. Comme la vérité ne sert plus de guide, les gens passent des années à fourrager parmi les ruines de la modernité. Ils tentent en vain d’assembler les visions du monde disparates pour se forger une identité à partir d’idéaux incompatibles et, souvent, incohérents. Quel contraste frappant avec l’identité de ceux qui acceptent Christ !

Tant que les hommes et les femmes évalueront eux-mêmes ce qui est vrai et bon, leur quête de sens et d’équilibre les laissera vides et solitaires. Mais lorsque des incroyants voient la réalité de la Pentecôte à l’oeuvre dans la vie du peuple de Dieu, ils ont un aperçu de la générosité de la grâce de Dieu, et ils ont envie d’en savoir plus. C’est ce qui m’est arrivé personnellement. À dix-huit ans, je ne savais rien du vrai christianisme, et j’étais déjà fatigué de fourrager parmi des ruines. J’ai accepté une invitation à assister à une réunion du soir à l’église. Là, j’ai vu des gens répondre joyeusement et sans réserve à l’oeuvre du Saint-Esprit. J’ai été tellement bouleversé par son authenticité et sa puissance que j’ai réalisé que je venais de trouver ce que mon coeur désirait. Je l’ai dit au pasteur de jeunes, et ce soir-là, j’ai donné ma vie à Christ. Plus de trente ans après, je remercie continuellement le Seigneur d’avoir fait de moi son disciple, son fils et son héritier.

CONCLUSION

Les défis que pose le relativisme aux fidèles pasteurs ne sont pas nouveaux. La tentation de fixer la vérité et le bien selon ses critères personnels a commencé avec Adam et Ève et se perpétue de génération en génération. Le relativisme n’apporte jamais la paix à personne. Cette agitation intérieure est une alliée cruciale dans le combat cosmique pour gagner l’âme des hommes et des femmes. Saint Augustin a formulé l’aspiration de tous les êtres humains à trouver leur Créateur en ces termes : « Nos coeurs n’ont de repos qu’en toi » (Confessions).

Les Églises actives qui vivent dans l’Esprit procurent un refuge stable et exhaltant à ceux qui aspirent à trouver un fondement ferme et durable. La puissance de la Pentecôte est une ligne de vie pour les gens qui souffrent profondément de ne pas avoir trouvé leur véritable identité. Les pasteurs doivent inciter leurs congrégations à vivre sans crainte selon leur identité pentecôtiste, humblement résolus à contribuer à accomplir la grande mission, parce que le Seigneur a déversé son Esprit sur eux pour un temps comme celui-là.

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