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Chrétiens persécutés

80% de missionnaires chrétiens viennent de petites églises

Un grand pourcentage de serviteurs de Dieu, dont 80% de missionnaires, viennent de petites églises. Celles-ci sont 16 fois plus efficaces dans l’évangélisation que les grandes églises.

En ce qui concerne presque tous les facteurs de qualité, les grandes Églises s’avèrent moins performantes que les petites. 1

Christian Schwartz est parvenu à cette conclusion stupéfiante à la suite de l’enquête la plus exhaustive qui ait jamais été menée dans 1000 Églises sur 6 continents. D’autres recherches et observations confirment sa validité, ainsi que mes expériences personnelles.

Bien que leurs assistants, leurs responsables, leurs locaux et leurs programmes soient moins nombreux, les petites Églises procurent généralement :

• une meilleure communion fraternelle,
• de meilleurs soins pastoraux,
• une meilleure formation de disciple,
• une plus grande implication dans le ministère,
• plus de personnes appelées au service chrétien.

Toutefois, les petites assemblées ne correspondent pas toutes à cette description. Beaucoup sont découragées ou en proie aux difficultés. Certaines sont situées à des endroits où la population diminue ; d’autres sont renfermées sur elles-mêmes et satisfaites de leur état. Comment les pasteurs des petites Églises peuvent-ils saisir les réalités énumérées ci-dessus et tirer profit de la taille restreinte de leur congrégation ?

Dans cet article, je me propose d’encourager les pasteurs des petites assemblées en leur montrant que cette taille réduite peut les aider dans leur ministère et non les entraver.

MIEUX FAIRE

Voici quelques domaines dans lesquels les petites assemblées sont souvent plus performantes que les grandes.

Une meilleure communion fraternelle

Beaucoup de gens ont remarqué les dynamiques relationnelles quasi-familiales des petites congrégations, où tout le monde se connaît et entretient de bonnes relations. Ce phénomène est renforcé par le fait qu’en moyenne, 46% de leurs membres appartiennent au même genre de petit groupe, contre seulement 12% dans les grandes assemblées. Du reste, les grandes Églises font tout leur possible pour instaurer une atmosphère conviviale semblable à celle qui existe naturellement dans la plupart des petites assemblées.

De meilleurs soins pastoraux

Dans une petite assemblée, le pasteur connaît chaque membre. Il passe du temps avec lui et pratique diverses activités en sa compagnie. Au début de mon ministère, je dirigeais une petite assemblée à Los Angeles. Non seulement je prêchais l’Évangile aux chrétiens, mais je participais avec eux à des comités, je leur rendais visite à domicile et, certains jours, je faisais de la peinture et du ménage en leur compagnie. Chaque semaine, j’emmenais les enfants et les jeunes faire diverses activités ou, à l’occasion, voir un match de football ou de basket. Je connaissais bien chaque membre de ma congrégation et si quelqu’un avait un problème, je le remarquais immédiatement. Les pasteurs des grandes assemblées doivent passer plus de temps à s’occuper de l’administration afin que leurs nombreux programmes se déroulent sans anicroche. Ils ont un rôle de PDG. Ils ne peuvent se lier d’amitié qu’avec quelques personnes sélectionnées. Ils connaissent à peine les autres membres de leur congrégation.

Une meilleure formation de disciple

Pourquoi ceux qui fréquentent régulièrement l’Église ontils si peu d’impact sur notre société ? Selon Dallas Willard, l’absence de formation de disciples est si flagrante qu’il surnomme ce problème « l’éléphant dans l’Église »2 .

Trop souvent, nous partons du principe que les gens sont des disciples parce qu’ils ont suivi un cours de 6 mois, mais en réalité, pour former des disciples, il est essentiel de passer du temps avec eux afin qu’ils puissent s’inspirer de la qualité de notre vie. « Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ », écrivait l’apôtre Paul (1 Corinthiens 1.11). Être avec les gens nous permet d’observer leurs progrès, de leur prodiguer des encouragements et de rectifier leurs erreurs. De plus, nous occuper d’eux et prier pour leur progression spirituelle les incite à avancer.

Le discipolat nous permet de multiplier notre impact grâce aux autres. Outre son ministère de prédicateur itinérant qui guérissait les malades, Jésus a passé trois ans et demi à faire des disciples d’une congrégation de douze hommes. Remplis du Saint-Esprit, ces disciples ont ensuite permis à l’Église de moissonner des âmes dans le monde entier pendant vingt siècles. En général, un pasteur doit former à fond un groupe initial avant que celui-ci ne puisse à son tour former d’autres personnes. Le pasteur d’une petite Église, qui a moins de programmes à superviser, a davantage de temps à y consacrer.

Une plus grande implication dans le ministère

Comme le pasteur est généralement le seul salarié d’une petite assemblée, ses membres savent que s’ils ne prennent pas une part active au ministère, rien ne se fera. Même les plus jeunes sont appelés à servir le Seigneur. Tout le monde se sent indispensable. La volonté d’apprendre sur le tas est plus importante que le professionnalisme auquel on s’attend dans les grandes assemblées. Dans les petites Églises, 31% des membres en moyenne sont engagés dans un service correspondant à leurs dons, contre seulement 17% dans une grande Église.

Quand je suis devenu pasteur de l’Église de Los Angeles, outre les enfants, notre congrégation ne comprenait que deux adultes, dix étudiants et dix lycéens. Tous sans exception se sont rapidement engagés dans un service.

Plus de personnes appelées au service chrétien

En sortant de l’école biblique, mon frère Dave est devenu pasteur d’une Église qu’on venait de fonder à San Francisco. Pendant ses trois premières années de ministère, trois jeunes gens ont eu la conviction d’être appelés à servir le Seigneur. Une jeune femme est allée avec son mari dans une île non-évangélisée des Philippines, où le couple a contribué à la conversion de centaines de personnes ; un homme est devenu pasteur et un autre homme est parti enseigner dans une école biblique.

Ce résultat coïncide avec les observations de Ron Klassen et de John Koessler, deux experts des petites Églises : « Un pourcentage très élevé de serviteurs de Dieu rémunérés provient des petites Églises. 80% des missionnaires en sont issus. »3 Pourquoi ? Certainement parce qu’ils ont bénéficié de meilleurs soins pastoraux, d’une meilleure formation de disciple et d’une opportunité accrue de s’investir dans le ministère.

LES ATTITUDES NÉCESSAIRES

Trois attitudes aident les petites assemblées à exploiter au maximum leurs dynamiques uniques.

Croyez que Dieu peut se servir de vous.

Ayez foi que le Seigneur bénira votre ministère, et que les petites Églises peuvent faire de grandes choses pour Dieu. Cela permettra au Saint-Esprit d’agir dans votre situation.

Soyez un fidèle serviteur.

Dieu ne juge pas les pasteurs selon le nombre de leurs performances. Après tout, c’est lui qui accorde les dons, la formation et les opportunités. Il appelle simplement chaque chrétien à le glorifier en le servant fidèlement là où il choisit de le placer (1 Corinthiens 4.2). « Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’oeuvre que tu m’as donnée à faire », a dit Jésus dans sa prière à son Père (Jean 17.4). L’appel de Dieu doit avoir priorité sur notre réputation et notre carrière.

Soyez convaincu d’être l’enfant bien-aimé de Dieu.

En tant que tel, vous avez de la valeur ! Nous sommes mécontents d’occuper une humble place dans le ministère quand cela nous donne l’impression d’être inférieurs. Nous cherchons alors de plus verts pâturages, en estimant à tort que cela va nous fournir un plus grand sentiment de notre valeur personnelle.

Quand j’étais jeune, j’étais complexé, et ma toute petite assemblée de Los Angeles n’a fait qu’amplifier ce sentiment d’infériorité. « Que pensent de moi les autres pasteurs ? Que diraient mes amis de l’école biblique s’ils me voyaient maintenant ? » Chaque fois que j’avais ce genre de pensée, je faisais la grimace. Il m’a fallu des années avant de réaliser pleinement quelle était mon identité en Christ, même si je la connaissais déjà intellectuellement. Quand nous puisons notre valeur dans cette profonde conviction, nous nous préoccupons moins de l’endroit où nous exerçons notre ministère.

QUE DEVONS-NOUS FAIRE ?

Les petites assemblées n’exercent pas nécessairement un meilleur ministère que les grandes. Non seulement cela nécessite que les pasteurs adoptent une bonne attitude, mais aussi qu’ils fassent ce qu’il faut pour tirer parti de leurs avantages.

Trouvez le bon créneau.

Si nous dilapidons sans discernement nos ressources limitées et que nous épuisons les quelques membres de notre congrégation, nous ne ferons pas grand-chose. Découvrez plutôt quelques besoins de votre communauté que les chrétiens peuvent combler. À Los Angeles, nous avons concentré nos efforts d’évangélisation sur les enfants et les jeunes gens de l’extérieur – des domaines dans lesquels nos jeunes chrétiens excellaient. Au bout de cinq ans, nous avions chaque semaine une centaine d’enfants et autant de jeunes présents dans notre assemblée.

Servez-vous de ce que vous avez.

En tant que pasteur d’une petite assemblée, je rêvais des programmes que nous pourrions mettre en application si seulement nous avions les ressources financières et les locaux de l’Église X ou l’équipe et les talents de l’Église Y. Toutefois, nous ne pouvons utiliser que ce que nous avons, et non ce que nous rêvons d’avoir. La convoitise ne mène qu’à la frustration.

Avoir peu de ressources nous oblige à être créatifs. Notre assemblée de Los Angeles se réunissait dans une vieille bâtisse délabrée construite 80 ans auparavant – qui me servait aussi de logement, faute de moyens financiers. Pour l’école du dimanche, comme toutes les salles étaient occupées, nous nous servions des petits jardins situés devant et derrière la vieille maison, ainsi que du garage et du cellier ; puis nous avons loué le sous-sol d’un voisin, mais nous étions toujours très à l’étroit. Ensuite, chaque dimanche après-midi, nous avons pu occuper les locaux d’une assemblée située à seize kilomètres de chez nous et nous avons lancé une nouvelle classe d’école du dimanche, ce qui nous a permis d’atteindre encore plus d’enfants. Comme nous n’avions pas assez de moniteurs adultes, nous avons embauché des adolescents, qui se sont avérés être de précieux collaborateurs. Si Dieu nous appelle à exercer un certain ministère, il nous fournira ce dont nous avons besoin.

Formez et encadrez quelques personnes-clés.

Jésus nous a démontré qu’il est sage de trouver quelques personnes à fort potentiel (même si les disciples ne paraissaient pas ainsi à l’époque) et de nous consacrer à elles. Remarquez aussi le ministère de Barnabas avec Paul et Marc ainsi que celui de Paul avec Timothée et Silas. Demandez-vous quels sont les adultes et les jeunes que Dieu vous appelle à former spirituellement. Un ou deux d’entre eux ont-ils le potentiel d’être des leaders que vous pouvez encadrer ?

Si une petite assemblée n’est pas toujours en mesure d’embaucher une personne supplémentaire – même à temps partiel – elle peut imaginer des moyens originaux de constituer une équipe de responsables. Développez un réseau.

Souvent, les pasteurs des petites assemblées se sentent isolés. Ils ont besoin de rencontrer d’autres pasteurs pour dialoguer avec eux, afin de bénéficier de leur soutien et de leurs conseils. Quand ils ont des problèmes particuliers, ils peuvent téléphoner à ceux avec lesquels ils ont le plus d’affinités afin d’être guidés. En général, ces derniers sont tout prêts à le faire. Ne laissons pas l’orgueil, la suffisance ou l’activisme nous empêcher de développer les relations édifiantes dont nous avons besoin pour être efficaces dans le ministère. Dieu ne nous a jamais appelés à faire bande à part !

Constituez une équipe.

Une équipe chrétienne procure un grand soutien. C’est du reste pour cela que Jésus envoyait les disciples deux par deux. Une équipe permet aussi un plus grand épanouissement et une efficacité accrue, puisque chacun y met ses dons au service des autres.

Essayer d’être un homme à tout faire ou un pasteur solitaire peut être épuisant et nous empêcher d’exercer nos dons. Pensez à tous les aspects du ministère qu’endossent les pasteurs d’une petite assemblée : prédication, enseignement, formation de disciples, relation d’aide, culte, administration, éducation chrétienne, prise en charge des adolescents et des enfants, etc. Ajoutez-y l’entretien des locaux, le programme de Noël et, éventuellement, un projet de construction, et le nombre de domaines dans lesquels ils se sentent incompétents atteindra son maximum.

Si une petite assemblée n’est pas toujours en mesure d’embaucher une personne supplémentaire – même à temps partiel – elle peut imaginer des moyens originaux de constituer une équipe de responsables. Comme la durée de vie augmente, les retraités peuvent servir le Seigneur pendant de longues années. D’autre part, de nombreux étudiants ne trouvent pas de poste à la sortie de l’école biblique. Si nous savons leur transmettre notre vision et leur fournir une formation de qualité et une occasion de croître, ils peuvent saisir cette vision, devenir des « faiseurs de tentes » en se joignant à notre équipe tout en gagnant leur vie par ailleurs.

Deux ou trois pasteurs peuvent aussi décider de se partager un salaire et de trouver un emploi pour boucler leur budget. C’est une solution qui convient surtout aux communautés qui ont un fort potentiel de croissance.

Accroissez vos compétences.

Les pasteurs de toutes les Églises, quelle que soit leur taille, doivent régulièrement « affûter leur lame de scie » en améliorant leurs talents au lieu de s’obstiner à se servir sans cesse de la même vieille lame émoussée. « Je suis trop occupé » est une excuse traditionnelle : cependant, mettre à part une ou deux heures par semaine n’est pas un luxe, mais une nécessité. L’incompétence fait perdre du temps et provoque le découragement.

Achetez, empruntez et prêtez de bons livres, magazines et CD/DVD sur le leadership et le ministère. Attachez une grande importance à vous rendre à des retraites et à des séminaires pour pasteurs ou suivez un cours pour enrichir votre ministère.

Être pasteur d’une petite assemblée n’est pas une mince affaire, mais les petites Églises ont des dynamiques spéciales pour glorifier le Seigneur. Avec l’assistance de l’Esprit, elles peuvent exercer un meilleur ministère que les grandes !

Notes :

  1. Christian Schwarz, Le développement de l’Église, éditions Empreinte temps présent, 1996, p.48. Les statistiques données dans cet article proviennent de ce livre, sauf mention contraire.
  2. Dallas Willard, The Divine Conspiracy (San Francisco: Harper Collins, 1998), p.301.
  3. Ron Klassen and John Koessler, No Little Places (Grand Rapids: Baker Books, 1996), p.86.
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