Rechercher sur le site

Entrez les mots-clés dans la boîte ci-dessous:

Chrétiens

Chrétiens persécutés

Comment gérer les conflits entre chrétiens ?

Hier, certains membres de votre église vous ont volé votre joie, votre paix et plusieurs de vos heures productives. La nuit dernière, ils vous ont volé votre sommeil. Aujourd’hui, vous vous sentez triste et accablé. Oui, ces membres de votre assemblée sont des « voleurs », mais ce sont aussi des gens que vous aimez, des gens que le Seigneur vous a appelé à édifier, à fortifier et à amener à un stade où ils pourront servir le Seigneur. Cet article vous aidera à trouver des moyens de soulager les affres dues aux conflits et à assainir votre vie et votre congrégation.

COMMENT GÉRER LES CONFLITS

Les conflits provoquent le stress et celui-ci a un effet dévastateur tant que nous ne trouvons pas un moyen de les gérer. Certains pasteurs profitent du message du dimanche matin pour le faire. Leur micro à la main, du haut de l’estrade, ils réprimandent les personnes qui les ont frustrés.

Il existe un meilleur moyen de soulager votre douleur et d’assainir la famille de Dieu. Malachie 2.16 vous conseille d’examiner votre esprit afin de ne pas agir de façon perfide. L’état d’esprit du pasteur peut avoir un effet considérable. En cas de conflit, il peut s’avérer destructeur ou productif.

En tant que pasteur, votre théologie du conflit détermine aussi votre manière de l’aborder. Comprendre que le conflit interpersonnel n’est pas obligatoirement mauvais peut vous permettre de mieux dormir la nuit et de résoudre ce problème plus ingénieusement. Si vous considérez tous les conflits comme des péchés, vous éprouverez des difficultés à aider les personnes qui passent par de telles situations. L’exemple d’Actes 15 démontre que les conflits contribuent à clarifier les problèmes et à révéler la volonté de Dieu. Le concile de Jérusalem a clarifié une question doctrinale et permis à une nouvelle catégorie de personnes de s’intégrer au corps de Christ.

Un bon pasteur ne cherche pas les conflits, mais ne les fuit pas non plus. Il ne les laisse pas le terroriser et le priver de son intégrité et de son bien-être émotionnel. Deux saines motivations doivent vous pousser à gérer les conflits dans les petites congrégations : le bien-être de l’Église de Christ et votre propre santé émotionnelle.

Gérer ingénieusement les conflits au sein d’une petite assemblée est souvent épineux. Fréquemment, ces petites communautés se composent de plusieurs petites familles (ou d’une grande) qui font partie de la congrégation depuis de nombreuses années. Parfois, ces familles partent du principe que leurs souhaits devraient primer sur ceux des personnes qui ne fréquentent pas l’Église depuis aussi longtemps qu’elles ou qui n’ont pas autant de membres de leur famille dans l’auditoire.

En pareil cas, les conflits risquent fort d’éclater. Quand cela se produit, elles ne réalisent pas qu’elles en sont la cause. Dans leur esprit, elles sont les piliers de l’Église et savent ce qui est le mieux pour elle. Elles appellent même l’Église « une famille » et soutiennent qu’elles sont heureuses que vous soyez leur pasteur et que vous fassiez partie de « leur famille », surtout si vous êtes nouveau.

Les pasteurs des petites congrégations doivent réaliser que la gestion des conflits fait partie de leur ministère, et que le meilleur moyen d’y parvenir est de chercher des solutions à un stade précoce. Un sentiment de tension indique souvent qu’un conflit est latent. Dès lors, vous devriez traiter la question. Hélas, trop souvent, le problème s’aggrave sans qu’on intervienne, les esprits s’échauffent, et finalement, une confrontation est obligatoire.

Dans l’Église du Nouveau Testament, les leaders rassemblaient les personnes concernées et s’efforçaient de résoudre le problème jusqu’à ce qu’elles trouvent une solution. Vous devez en faire autant.

LES DIFFÉRENTS TYPES DE GESTION DES CONFLITS

En tant que pasteur, vous devez sélectionner le meilleur type de résolution des conflits pour chaque situation spécifique. L’une des pires erreurs que vous puissiez commettre consiste à choisir un type de gestion qui ne convienne pas à la circonstance donnée. Vous pouvez apprendre à choisir délibérément le meilleur dans chaque cas. Comparez vos techniques de gestion aux descriptions suivantes.

Le déni

Une personne de ce type préfère croire qu’il n’y a pas de conflit. Si elle admet qu’il y a un problème, elle réagit en disant : « Je ne veux pas m’en mêler. » Elle espère que les conflits se résoudront sans son intervention. Elle se préoccupe davantage de se préserver elle-même que de trouver une solution.

Les personnes de ce type forcent quelqu’un d’autre à endosser la responsabilité de résoudre le conflit. À certaines occasions, il est bon de vous tenir à l’écart. Par exemple, certains problèmes sont si minimes qu’ils ne méritent pas que nous leur accordions d’importance. Toutefois, si vous êtes toujours dans le déni, les gens vous considéreront vite comme quelqu’un qui n’est pas apte à les diriger. Les opposants profiteront de cette occasion pour prendre de l’ascendant, et la frustration et l’hostilité continueront à croître jusqu’à ce que vous ne puissiez plus ignorer le problème.

L’harmonisation

Celui qui cherche l’harmonisation est souvent un conciliateur. Sa devise est : les relations sont plus importantes que les problèmes. Il passe donc son temps à essayer de faire valoir ce point de vue sans régler la question qui divise les gens. Parfois, ce type de réaction est valable, mais pas tout le temps. Un pasteur qui emploie cette méthode en permanence finit par s’épuiser à la tâche, parce que le problème qui provoque la division n’est jamais résolu. Les autres personnes qui sont impliquées dans un conflit prolongé deviennent plus exigeantes et agressives au fil du temps. Le pasteur se sent de plus en plus stressé, parce qu’il est très pénible d’arborer un grand sourire permanent quand on a envie de pleurer. Après avoir fait cela pendant des mois ou des années, il risque de partir ailleurs, où le même cercle vicieux se reproduira.

La négociation

Un pasteur qui emploie cette technique essaie de persuader tout le monde de renoncer à quelque chose afin que chacun obtienne une partie de ce qu’il souhaite. Exercer une pression tout en cherchant un compromis acceptable peut contribuer à trouver une solution. Les résultats de ce genre de tentative sont souvent positifs. Une personne de ce type est persuasive, parfois de fa- çon subtile. L’inconvénient de cette méthode est que la meilleure solution risque d’être sacrifiée au profit d’une solution bancale. Cette technique n’est pas idéale, mais elle est meilleure que l’absence de solution. Il est bon d’utiliser cette méthode quand les adversaires sont si agressifs que l’Église risque de se diviser avant qu’on puisse trouver une solution parfaite qui satisfasse tout le monde. Le danger est que les personnes en conflit n’adhèreront pas forcément à 100% à une décision prise dans l’urgence. Les gens doivent pouvoir s’approprier la solution, sans quoi ils ne l’accepteront qu’à contrecoeur.

Une combinaison des techniques de l’harmonisation et de la négociation a été efficace dans le cas d’une petite assemblée de type familial. Cette congrégation comprenait deux frères et toute leur famille, ainsi que d’autres membres influents qui n’appartenaient pas à ces familles. La congrégation connaissait souvent des frictions, même entre les deux grandes familles. Les pasteurs successifs ne restaient pas longtemps à cet endroit. L’un des membres de ces deux grandes familles est ensuite devenu prédicateur, si bien que la congrégation a décidé de régler la question en faisant de lui son pasteur attitré. Cela a fonctionné jusqu’à ce que l’oncle du jeune pasteur voie les choses d’un point de vue différent du sien.

La solution – comme cela avait souvent été le cas auparavant – a été de se mettre en quête d’un nouveau pasteur. Un pasteur doux, mais affermi dans la foi est venu à cet endroit et y est resté pendant de nombreuses années. Il a constamment exercé le fruit de l’Esprit et il a appris aux membres irascibles de son Église à renoncer à certaines de leurs prérogatives pour maintenir l’harmonie. La paix est revenue et la congrégation s’est mise à grandir et à s’épanouir.

L’intimidation

Ce type de gestion instaure une atmosphère dans laquelle les gens se sentent tellement opprimés qu’ils ne partagent plus les informations importantes. Malheureusement, ces informations sont cruciales pour résoudre les problèmes. Les pasteurs qui font usage de l’intimidation ont souvent une idée préconçue et déterminent à l’avance quel parti ils souhaitent voir gagner.

Un pasteur a reconnu que pendant les premières années de son ministère, il faisait tout son possible pour gagner systématiquement tous les conflits. Même quand il se mettait en retrait ou faisait mine de se soumettre, c’était pour mieux triompher par la suite. Mais chaque fois qu’un pasteur considère un conflit comme une situation dans laquelle il y a toujours un gagnant et un perdant, il finit par être perdant. En effet, à son insu, il apprend à ses adversaires et aux personnes belliqueuses de sa congrégation que pour gagner, on doit accumuler du pouvoir, et ces derniers chercheront ensuite à l’imiter.

Parfois, la seule bonne méthode consiste à prendre une décision individuelle ferme, mais cela ne doit se produire que rarement. Manifester fréquemment un esprit autocratique pour résoudre les conflits fera fuir les membres d’une congrégation. Un jour, il ne restera plus qu’une poignée de personnes. Le pasteur se vantera alors d’avoir « purifié l’Église ». Dans certains cas, il ira même jusqu’à prétendre que c’est là sa vocation, et il ira ensuite « purifier » une autre Église. Ceux qui sont « rejetés » seront pleins de ressentiment, parce qu’ils estimeront que personne ne prend garde à leurs opinions.

La coopération

La meilleure façon de traiter les conflits qui surgissent de temps à autre est d’agir en coopération. Grâce à cette méthode, le pasteur/médiateur cherchera à amener les individus ou les familles qui ont des problèmes relationnels à définir le problème, à suggérer des solutions et à convenir d’étapes successives pour appliquer la solution retenue. Il peut commencer par faire la navette entre les groupes ou les individus en conflit avant de les réunir pour mettre en place une solution. Les gens tendent à soutenir ce qu’ils ont contribué à mettre au point. L’objectif est d’aider les gens à s’attaquer aux problèmes, et non à s’opposer les uns aux autres, afin de résoudre au mieux les dissensions. Cela prend du temps, mais le résultat en vaut la peine.

Les deux grands objectifs de la coopération sont de répondre aux attentes des personnes concernées et de rétablir ou de maintenir le bien-être de l’assemblée. Ne pas parvenir à ce résultat dans une petite Église la fera diminuer encore plus. Dans certaines situations, les pasteurs se dérobent et laissent le conseil des anciens prendre seuls toutes les décisions épineuses. Toutefois, cela empêche d’atteindre les deux objectifs ci-dessus. Le système coopératif est sapé sous prétexte de prendre une décision rapide, et soudain, un parti devient le gagnant et l’autre le perdant.

La coopération nécessite une combinaison unique de talents, entre autres de la patience, de l’assurance et de la flexibilité. Chacun doit sentir que le pasteur estime ses attentes importantes, mais qu’il doit faire la distinction entre les faits et les opinions. Il instaure une ambiance qui proclame : « Tout le monde pourra s’en sortir gagnant parce que les partis opposés tomberont d’accord sur une solution. S’ils perdent quelque chose, ce sera parce qu’ils l’auront décidé. » La coopération est la meilleure solution dans la plupart des situations, mais le pasteur doit avoir le temps de l’appliquer. Quand ce n’est pas le cas, il peut avoir recours aux concessions ou aux compromis.

CONCLUSION

Nous l’avons dit, la plupart des pasteurs ont un type de gestion des conflits préféré et un autre type applicable en cas d’urgence. Pour déterminer lequel vous correspond, observez à quel type vous avez recours quand vous êtes sous pression.

Quand les progrès sont lents, la tentation est grande de ne pas s’en tenir à la méthode initiale pour avoir recours à la « mesure d’urgence ». Mais tout pasteur avisé choisira volontairement le style qui convient le mieux à la situation et n’aura recours à un autre que lorsque la situation sera bloquée.

N’oublions jamais que la prière instante doit accompagner tous les processus de gestion des conflits. En effet, elle est plus puissante que toutes les méthodes réunies. Non seulement elle remplit de puissance les leaders et elle leur donne la capacité de gérer les conflits de l’Église avec une attitude positive, mais elle permet au médiateur de discerner clairement le résultat final auquel il doit s’attendre.

Les pasteurs avisés savent que les chrétiens ne sont pas voués à détruire leur assemblée et à se déchirer mutuellement. Ils trouvent des moyens de résoudre les conflits. Pour y parvenir, ils ont recours à la puissance de la prière et aux talents que Dieu leur a donnés.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Devenez rédacteur

Vous aimez écrire ? Vous êtes bilingue anglais-français à l’écrit ? Vous avez une expérience professionnelle dans le domaine du journalisme et de la communication ? Venez renforcer l’équipe du Journal Chrétien et nous aider à fournir l'actualité chrétienne en continu.

En savoir plus

Inscription à la newsletter