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Chrétiens persécutés

Plus de 200 chrétiens tués au Nigeria

Les miliciens peuls ont tué plus de deux cents chrétiens dans l’État fédéral de Plateau au Nigeria, où se poursuit la purification ethnique associée au nettoyage religieux antichrétien. Une équipe de la Solidarité Chrétienne Internationale est sur place pour prendre soin des blessés et des réfugiés.

Les extrémistes peuls ont tué 200 membres de la communication chrétienne, dont une majorité de femmes et d’enfants. C’est dans un hôpital de Jos que les collaborateurs de la Solidarité Chrétienne Internationale Franco Majok et Joël VanderSpek ont rencontré des survivants qui ont vécu l’horreur.

Le jeune Joseph, 10 ans, se trouve avec sa mère et sa sœur à la maison lors de l’attaque de leur village. Terrorisés, ils se barricadent dans leur maison. Mais les islamistes défoncent la porte et mettent le feu à la maison. Lorsque Joseph tente de s’extraire des flammes en rampant hors de sa chambre, les extrémistes lui tirent dessus et lui donnent des coups de machette à la tête. Tenu pour mort, il est laissé par terre. Mais Joseph doit survivre, même si sa mère et sa sœur sont brûlées vives.

Il s’agit là d’une des pires attaques des miliciens islamistes peuls contre les chrétiens. Du 21 au 22 juin 2018, des nomades peuls lourdement armés ont massacré plus de deux cents chrétiens, surtout des femmes et des enfants, dans plusieurs villages situés aux alentours de la ville de Jos, située au centre du Nigéria. Dans le seul village de Nghar, complètement incendié par les islamistes, 70 cadavres ont dû être ensevelis et 150 blessés ont été admis à l’hôpital. Nombreux sont ceux qui se sont enfuis. Par ailleurs, les extrémistes peuls ont tenté de décapiter cinq enfants et les ont laissés avec de profondes entailles à la nuque !

On lui tire dessus dans l’église

La jeune Gloria (10 ans) est également une miraculée. Elle se trouve à la maison, dans son village de Gana Ropp, lorsque les balles se mettent à siffler. Son frère et sa sœur sont abattus, mais elle parvient à s’enfuir. Sous un feu nourri, elle traverse le village en courant pour trouver refuge dans l’église. Épuisée, elle y cherche une cachette, entend soudain une forte déflagration et elle est aveuglée par une forte lumière. Simultanément, elle ressent des douleurs terribles au bras et à la jambe. Trois balles sont venues se loger dans sa chair. Gloria tombe à terre et peut tout juste être sauvée par des voisins. À l’hôpital de Jos, cette jeune fille essaie maintenant de ne pas perdre courage malgré ses grandes souffrances : « Je fais confiance à Dieu qui prendra soin de moi. » Ce sont les paroles qu’elle a adressé à Franco Majok.

Une aide rapide et ciblée

La souffrance de nombreux survivants et laissés-pour-compte est infinie. Bon nombre d’entre eux sont totalement démunis. Des survivants grièvement blessés ne savent pas comment faire face aux dépenses exorbitantes de leur hospitalisation.

La Solidarité Chrétienne Internationale s’est rendu sur place quelques jours après le massacre et a procédé immédiatement à une distribution de ressources de première nécessité : riz, maïs, bouillon, huile, sel, lait en poudre, sucre et savon. Les blessés sont en outre soutenus pour couvrir les frais médicaux urgents.

Il faut que les paroles soient suivies d’actes

Cela fait plusieurs années que les chrétiens du Nigéria sont victimes de la violence islamiste. La milice terroriste Boko Haram et d’autres groupuscules islamistes veulent tout bonnement bouter les chrétiens hors du pays. Plus de vingt mille Nigérians ont été tués par Boko Haram et par les islamistes peuls au cours des dernières années. La plupart des victimes sont des chrétiens. De nombreux survivants craignent encore pour leur vie, et leurs craintes sont justifiées, car le gouvernement nigérian a failli à son devoir de protection des chrétiens face aux attaques islamistes. De plus, il ne lutte pas de manière claire et nette contre les meurtriers islamistes. Les chrétiens deviennent ainsi des parias.

Le président du Nigéria, Muhammadu Buhari, lui-même un Peul, a certes condamné le massacre et il a promis de punir ses responsables. Il a même en déclaré : « J’exprime ma sympathie très profonde aux familles touchées. Nous n’aurons de cesse que tous les meurtriers et commanditaires criminels soient amenés en justice. » Mais d’expérience, on sait que de ce genre de paroles restent trop souvent lettre morte.

Entre-temps, un pasteur, son épouse et son fils ont été arrêtés pour avoir organisé, trois jours après le bain de sang, une marche de protestation à Jos, à laquelle ont participé des milliers de chrétiens vêtus de noir. La manifestation a débuté dans le calme. Mais lorsque le gouverneur de l’État de Plateau a refusé de s’entretenir avec les manifestants, il y a eu des échauffourées et des manifestants se sont mis à lancer des pierres contre le bâtiment gouvernemental.

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