Rechercher sur le site

Entrez les mots-clés dans la boîte ci-dessous:

Chrétiens

Chrétiens persécutés

Les chrétiens doivent prêcher l’Evangile aux LGBT (Lesbiennes, Gays, bi et transexuels) avec amour et compassion

L’homosexualité est un sujet controversé, tant dans la société que dans les églises chrétiennes. Exercer son ministère envers les LGBT (Lesbiennes, Gays, bi et transexuels), leur partenaire et leurs enfants donne aux assemblées de pentecôte des occasions réelles uniques et pleines de défis. Dans cette interview, Rick Cole, pasteur principal de Capital Christian Center à Sacramento en Californie, nous expose des principes judicieux qu’il a appris en exerçant son ministère dans la communauté LGBT. Ses conseils pratiques sur ce sujet sensible aideront les pasteurs pentecôtistes à mieux parler de ce sujet important et à savoir le gérer. 

Parlez-nous de votre expérience et de celle de votre église à l’égard des LGBT.

Cole : J’ai eu ce que j’appellerai une révélation à propos de ma responsabilité dans le ministère envers les LGBT il y a environ cinq ans. Un dimanche après le culte, une femme appartenant à notre église est venue me trouver parce qu’elle avait un problème sur son lieu de travail. Elle était nutritionniste pour une association nommée CARES (Centre pour la recherche, l’éducation et le service du sida). Plusieurs de ses patients étaient parvenus à un stade avancé de VIH/sida et n’avaient personne pour leur procurer une direction spirituelle ou pour prier en leur faveur pendant leurs derniers jours. J’ai immédiatement répondu que j’aimerais leur apporter toute l’aide possible.

Cette dame s’est arrangée pour que je puisse faire une tournée dans son centre. Quand elle m’a présenté aux médecins, aux pharmaciens, aux psychologues et à d’autres responsables, j’ai été frappé par la stupéfaction que j’ai lue sur leurs visages lorsqu’ils ont appris que j’étais le pasteur du Capital Christian Center. Bien que le VIH/ sida ne soit pas une maladie qui frappe uniquement les homosexuels, la plupart de ceux qui aidaient ces malades faisaient partie de la communauté LGBT. Or, on savait très bien que j’étais anti-gay ; c’est pourquoi ma présence au centre déconcertait tous ceux qui me voyaient.

Ce jour-là, je suis retourné à mon bureau troublé et convaincu. Pourquoi donc aucun représentant de la foi n’aidait-il les personnes séropositives ou atteintes du sida ? Pourquoi la communauté chrétienne éprouvait-elle si peu de compassion et d’amour envers la communauté gay, mais seulement du jugement et de la colère ? Si l’Évangile de l’espoir et de la vie éternelle est pour tous les pécheurs, que puis-je faire pour ôter les barrières que j’ai érigées afin de transmettre cet espoir à la communauté LGBT ?

Je me suis fermement engagé à proclamer de toutes mes forces la vérité de la Parole de Dieu telle que je la comprends. Se pouvait-il que mes convictions soient exactes, mais mes méthodes inefficaces ? Mon cœur s’était-il endurci envers ceux pour lesquels Jésus avait pleuré ?

Quelques jours plus tard, j’assistais à une réunion de l’église au cours de laquelle un pasteur expliquait que sa famille priait et lisait toujours un verset des Écritures avant les repas. Pour faire un peu d’humour afin de détendre l’atmosphère, il raconta que son verset préféré était Jean 11.35 : « Jésus pleura. » Après cela, ils pouvaient manger. Tout le monde éclata de rire, pendant que ce verset se gravait fortement dans mon esprit. Quand je pense aux LGBT, quels sont mes sentiments : colère, dégoût, dédain, moquerie ? Luc 19.41 nous dit : « Comme il approchait de Jérusalem, Jésus, en la voyant, pleura sur elle. » Jésus allait souffrir et mourir pour le péché et la rébellion des hommes, et pourtant, il était ému de compassion et de tristesse pour leur condition. Ces pensées ont été pour moi une révélation de l’Esprit et j’ai commencé à me demander ce qui se passerait si je cessais de condamner la communauté gay et que je me mettais à la servir avec amour et compassion.

Cette semaine-là, j’ai reçu un appel des responsables de CARE : ils me demandaient si j’accepterais de faire partie d’un comité qu’ils avaient fondé pour endiguer la propagation du VIH/sida dans notre communauté. La campagne : « Ferez-vous la différence ? » était destinée à favoriser la détection précoce de la maladie et à faire connaître le traitement disponible pour éliminer virtuellement la propagation du VIH/sida. Je leur ai répondu que je serais honoré d’en faire partie.

Quand l’un des membres de leur comité a constaté qu’on demandait au conseil la permission de m’intégrer au comité, il a protesté énergiquement et menacé de quitter le conseil si j’y étais admis. En tant qu’activiste gay, il était persuadé que j’étais son ennemi. Mais les responsables l’ont convaincu d’avoir au moins une entrevue avec moi avant de prendre sa décision.

Nous nous sommes rencontrés en ville autour d’un café, et il m’a expliqué qu’il était catégoriquement opposé à ma participation. Je lui ai répondu que si ma présence n’était pas utile à la cause, je retirerais volontiers ma candidature. Il s’est un peu radouci, et au bout d’une heure, nous étions amis.

Nous avons continué à nous rencontrer à peu près une fois par mois pour apprendre à mieux nous connaître et déterminer comment nous pouvions aider notre communauté. Après avoir été catholique dans son enfance, il était devenu athée et n’avait pas mis les pieds dans une église depuis plus de trente ans. Depuis lors, il est venu dans notre église trois fois et il m’a déclaré qu’il n’était plus athée, mais agnostique. La fin de l’histoire n’est pas encore écrite, mais Dieu le connaît, et je sais qu’il l’aime, lui aussi.

Quels sont les besoins spirituels des LGBT ?

Cole : Certains besoins sont communs à tous les hommes, quelle que soit leur orientation sexuelle. Ces personnes ont le même besoin d’être sauvées et remplies du Saint-Esprit que tous nos contemporains. Toutefois, elles ont d’autres besoins spécifiques à cause de leur parcours de vie : besoin d’être considérées comme des êtres humains et non comme des objets, besoin d’être aimées et non haïes, besoin d’être accueillies et non repoussées, besoin d’être invitées et non traitées comme des parias, besoin de paroles aimables et non de cris de colère.

Un dimanche, au milieu de mon message, j’ai décidé de tenter une expérience. J’ai expliqué que j’avais la capacité d’influer sur la mentalité collective et même de manipuler mes auditeurs par mes paroles et ma façon de les prononcer. « Par exemple, ai-je ajouté, parlons de la communauté homosexuelle. » J’ai commencé à hausser le ton : « Un jour, tout genou fléchira et toute langue confessera que Jésus est Seigneur ! Et ce jour-là, beaucoup iront vers les ténèbres éternelles. Tous les homosexuels paieront le salaire de leur péché. Ils iront brûler en enfer ! »

À ce moment-là, la moitié de l’auditoire s’est mis à applaudir. J’ai baissé le ton et constaté avec tristesse : « Vous venez de démontrer que j’avais raison. Le ciel ne se réjouit nullement du sort de ceux qui périssent. Pourquoi nous réjouirions-nous à cette pensée ? Nous devrions plutôt éprouver de la compassion pour tous les hommes ! »  Je pense que le plus grand besoin des LGBT est d’être considérés comme importants, dignes d’amour, pleins de potentiel et de valeur. Si nous les voyons ainsi, le message de l’Évangile pourra toucher leur cœur et les changer.

Un ministère centré sur l’Évangile dit « Oui » aux pécheurs et « Non » au péché. À quoi ressemble cette dynamique lorsque vous êtes en contact avec des LGBT ? 

Cole : L’homme dont j’ai parlé précédemment, qui était jadis athée et qui est devenu agnostique, est l’administrateur d’un hôpital local. Il médite beaucoup les Écritures et il est prêt à en apprendre plus à leur sujet. Nos conversations tournent souvent autour de la Bible et de la compréhension de la nature de Dieu. Au cours de ces discussions, la difficulté vient du fait que cet homme ne croit pas que la Bible soit la Parole  infaillible et inébranlable de Dieu.

Un jour, je lui ai dit : « Je sais que tu ne crois pas que la Bible soit la Parole de Dieu, si bien qu’il m’est parfois difficile de t’expliquer les choses. Je suis personnellement convaincu que la Bible est la Parole de Dieu. J’ai donc la responsabilité de tout faire pour représenter sa Parole auprès des autres. Aussi, bien qu’il n’y ait que peu de passages bibliques qui abordent directement le sujet de l’homosexualité, voici ces références. Je ne veux pas déformer ce que le Seigneur a dit. Je t’aime beaucoup, et je dois te dire que Dieu considère la pratique de l’homosexualité comme un péché. Qu’éprouves-tu en entendant cela, et que ressens-tu à mon égard ? »

Sa réponse m’a beaucoup surpris. Il a dit : « Je n’avais jamais vu les choses sous cet angle auparavant. Je comprends ton dilemme. Tu veux être fidèle au Seigneur tout en me manifestant de l’amitié et de l’intérêt. J’apprécie ta position. Je n’ai pas le même point de vue que toi, mais cela ne m’offense pas que tu voies les choses ainsi. »

Nous avons continué à avoir ce genre de conversations à bâtons rompus, mais elles ont été marquées par une vraie compassion, par la réflexion et par la conviction. Nous sommes toujours engagés sur le chemin de la découverte spirituelle, et je prie pour que mon ami parvienne à la vraie foi en Jésus grâce à la révélation du Saint-Esprit.

Nous ne semblons pas être aussi perturbés par les personnes divorcées, ni par celles qui vivent dans la débauche sexuelle, qui sont pleines d’orgueil, qui fraudent et mentent, qui s’adonnent à l’alcoolisme  ou à la drogue ou qui sont remplies de colère et ne savent pas se maîtriser. Nous leur offrons de l’espoir et l’occasion de recevoir la grâce. Nous les accueillons à bras ouverts dans nos lieux de culte.

Il est difficile d’avoir une attitude équilibrée, de trouver la voie et la conviction et de l’amour, de la grâce et de la vérité pour ceux qui ne sont pas encore parvenus à la foi. Cela nécessite beaucoup de prière et de réflexion. Mais cela en vaut la peine. Le sort éternel des âmes est en jeu. Dieu n’a encore condamné personne, et je ne le veux pas non plus.

Comment votre église s’y prend-elle pour atteindre les LGBT ?

Cole : Nous n’avons pas de ministère qui s’adresse spécifiquement à eux. Nous faisons de notre mieux pour instaurer une atmosphère d’amour et de compassion et nous proclamons que notre voyage spirituel est ouvert à tous ceux qui veulent l’accomplir avec nous. Nous ne faisons pas de distinction : nous accueillons tout le monde. Jésus a prescrit d’aller dans les chemins et le long des haies et de contraindre les gens à entrer (Luc 14.23). Nous faisons tout pour bâtir des ponts, et non des murs.

Nous avons un ministère pour les familles qui ont des besoins particuliers dans notre église. Des moniteurs qualifiés s’occupent des enfants de ces familles pour que leurs parents puissent aller à l’église en étant sûrs qu’on s’occupe bien de leurs enfants. La nouvelle s’est répandue parmi les familles aux besoins spéciaux, et cela a attiré beaucoup de personnes nouvelles.

Un dimanche, un homme a amené dans notre classe son fils au besoin particulier. Les moniteurs ont discuté avec lui et ont appris qu’il avait entendu parler de notre classe et qu’il voulait y amener son fils. Il reviendrait ensuite le chercher après avoir pris son brunch en ville. La semaine suivante, il est revenu et les moniteurs l’ont invité à assister au culte à
l’église. Il a répondu qu’il ne le pouvait pas parce que son partenaire l’attendait dans la voiture. On l’a encouragé à amener son partenaire avec lui. Il a poliment décliné la proposition et il est revenu après le brunch.

Au bout de trois ou quatre semaines, il a fini par se laisser convaincre qu’il serait peut-être le bienvenu au culte. Ce jour-là, son partenaire et lui se sont hasardés jusqu’à la porte et ont découvert une atmosphère chaleureuse et aimante. La louange les a touchés et le message les a intéressés. Ils se sont mis à venir régulièrement. Ils n’ont jamais exhibé leur style de vie pendant les réunions. Ceux qui les croisaient dans le hall ignoraient qu’ils étaient homosexuels. Ils n’essayaient pas de promouvoir leurs idées à ce sujet. Ils avaient simplement faim et soif de la présence de Dieu dans leur vie.

Récemment, un dimanche, l’un de ces hommes a pris un café avec l’un de nos pasteurs dans notre vestibule ; il lui a expliqué qu’il se sentait poussé à changer de style de vie. Le Saint-Esprit l’avait convaincu de la nécessité de devenir célibataire. Nous continuons à l’aider à prendre de bonnes décisions et à suivre le message et la personne de Jésus. L’amour triomphe toujours !

Comment votre église enseigne-t-elle les LGBT ?

Cole : Nous nous adressons à eux individuellement. Chaque situation comporte des éléments uniques et nécessite de la sensibilité et une direction pleine de tact. Aucune méthode ne convient à tous les cas. Nous faisons aussi preuve de patience. Nous n’avons pas établi de période fixe pendant laquelle une personne doit faire ses découvertes spirituelles. Nous avançons grâce au discernement et à la direction du Saint-Esprit et des Écritures.

L’été dernier, nous avons tenu une série de réunions destinées à exposer notre vision des choses et à permettre à nos membres de poser des questions. Quand nous avons expliqué notre attitude compatissante à l’égard des LBGT, quelqu’un a demandé combien de temps nous permettrions à une personne homosexuelle de venir à l’église sans changer de style de vie. J’ai répondu : « Aussi longtemps qu’il le faudra. »

Certes, si une personne tente délibérément de promouvoir son point de vue et fait preuve de rébellion ouverte, nous devrons la discipliner. Par contre, si une autre s’intéresse réellement et sincèrement à l’Évangile, nous l’aiderons à se soumettre à la Parole de Dieu, quel que soit le temps que cela prendra. Quand nous commençons à fixer des règles, nous faisons preuve d’un esprit religieux qui est confortable pour nous, mais qui nuit à ceux qui cherchent de l’aide.

Quels besoins spirituels particuliers ont les enfants élevés par des parents LGTB ?

Cole : C’est quelque chose de très nouveau pour nous. Je pense que nous sommes seulement en passe de découvrir leurs besoins uniques. Mes recherches m’ont permis de découvrir que les enfants de parents gays ne sont pas plus enclins à devenir homosexuels que ceux de parents hétérosexuels. Sachant cela, ils ont surtout besoin qu’on les traite comme les autres enfants.

Je n’ai pas de réponse systématique à cette question à cause de sa particularité et de sa nouveauté. Je voudrais juste vous encourager à ne pas leur réserver de traitement spécial. S’ils posent des questions épineuses, nous chercherons la sagesse de Dieu et de ceux qui ont connu ce genre de cas avant nous pour bien leur répondre.

Que peut faire l’église pour répondre aux besoins de ces enfants ?

Cole : La meilleure chose que nous puissions faire est de les accueillir, de les aimer et de les inciter à accomplir le destin que Dieu a prévu pour leur vie.

L’homosexualité est un sujet controversé, tant dans la société que dans les églises chrétiennes. À votre avis, comment les pasteurs chrétiens peuvent-ils en parler et guider leurs membres ?

Cole : Le principe qui a forgé ma mentalité et ma façon d’aborder ce sujet épineux est la grande mission. Jésus n’a pas établi de discrimination concernant ceux auxquels nous devons annoncer la bonne nouvelle de son amour et de sa grâce.  Je sais que jusqu’à présent, la communauté gay a souvent été proscrite et condamnée. À ma connaissance, jamais cette méthode n’a porté de fruit. Quand mon cœur a été ému d’amour et de compassion pour les homosexuels, j’ai cessé de les condamner pour me mettre à les servir. Mon changement de mentalité et de méthode a produit des fruits remarquables.

Nous avons tendance à considérer ceux qui ne suivent pas Christ comme nos ennemis, mais la Parole de Dieu me fait changer radicalement de perspective : « Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes » (Éphésiens 6.12).

Les gens ne sont pas nos ennemis. Ils sont précieux aux yeux de Dieu. Il les aime autant qu’il m’aime, et il veut que je les aime aussi. « Sanctifiez dans vos cœurs le Seigneur Dieu, étant toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous » (1 Pierre 3.15).

Je me suis mis à respecter les homosexuels. Je respecte la valeur de leur précieuse âme. Je ne suis pas offusqué par eux, mais je veux leur bien.

Je crois que nous pourrons accomplir au mieux la mission que Dieu nous a attribuée dans la mesure où la communauté qui nous environne saura ce que nous soutenons, et non ce que nous condamnons.

Ginger Haan explique aux pasteurs comment servir les familles dont un membre est homosexuel :

– Entrez en contact avec les familles dont un membre est homosexuel avec compassion, en leur apportant la guérison et la vérité progressivement, par petites doses, comme l’a fait Christ.

– Partez du principe qu’il y a toujours des homosexuels dans votre auditoire et évitez toute remarque homophobe déplacée.

– Prenez des mesures pour éviter qu’on les insulte.

– Informez-vous de ce qui se produit dans votre équipe en demandant : « Comment cela se passe-t-il ? Les enfants (de parents gays) s’entendent-ils bien avec les autres et ont-ils de bons rapports avec eux ? »

– Dialoguez chaque fois que des situations épineuses l’exigent. Certaines familles peuvent venir trouver le pasteur ou ses assistants pour être aidés. Posez-leur des questions.

– Quand vous prêchez ou enseignez à partir d’un passage qui mentionne l’homosexualité, dites toujours la vérité avec amour.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Devenez rédacteur

Vous aimez écrire ? Vous êtes bilingue anglais-français à l’écrit ? Vous avez une expérience professionnelle dans le domaine du journalisme et de la communication ? Venez renforcer l’équipe du Journal Chrétien et nous aider à fournir l'actualité chrétienne en continu.

En savoir plus

Inscription à la newsletter