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Chrétiens persécutés

Les chrétiens doivent adhérer à la passion de Dieu pour la diversité

Nous prions régulièrement pour que la volonté de Dieu soit faite sur la terre comme au ciel. Qu’est-ce que cela veut dire ? Entre autres, cela nous parle d’unité multiraciale et multiethnique dans la diversité. Pendant toute l’éternité, le peuple de Dieu de toutes les nations adorera le Seigneur autour de son trône (Apocalypse 5.9 ; 7.9). Dieu peut se servir de son Église, héritière de son royaume, pour montrer à l’avance ce à quoi ressemblera son avenir. Le culte multiracial et multiethnique nous donne un avant-goût du ciel.

En 2006, les pentecôtistes et les charismatiques ont commémoré le centenaire du réveil de la rue Azusa. Il était dirigé par le pasteur afro-américain William J. Seymour. L’une des caractéristiques de ce réveil était, dès le départ, son caractère interracial. La naissance multiraciale du mouvement de Pentecôte moderne ne doit pas nous surprendre, étant donné que ce message a déjà été donné lors de la première Pentecôte.

BABEL INVERSÉE À LA PENTECÔTE

Lors de la première Pentecôte, Dieu a commencé à accomplir sa promesse des derniers temps : inspirer son peuple afin qu’il parle pour lui (Actes 2.17-18). Dès le départ, les disciples ont parlé diverses langues (Actes 2.4-6). À cette occasion, les juifs de nombreuses nations ont identifié plusieurs des langues qui étaient parlées en Esprit (Actes 2.9-11).

Beaucoup d’érudits ont remarqué que les lieux dont venaient ces Juifs ressemblaient beaucoup à la liste des nations de Genèse 10 (mis à part que la seconde liste était écrite dans la langue du premier siècle). Dans Genèse 11, Dieu a disséminé les peuples qui étaient rassemblés à la tour de Babel en confondant leurs langages. À la Pentecôte, par contre, Dieu a donné de nouveau diverses langues, mais ce n’était plus pour diviser l’humanité. Cette fois, grâce au don des langues, Dieu a rassemblé une Église issue de nombreuses cultures, ce qui préfigurait le reste de son plan dans les Actes.

À quel point le sujet de l’unité multiraciale et multiethnique est-il crucial pour bien comprendre la Pentecôte ? Souvenez-vous de la promesse de Jésus : le Saint-Esprit remplirait les disciples de sa puissance pour leur permettre d’être ses témoins jusqu’aux extrémités de la terre, autrement dit pour devenir des témoins interculturels (Actes 1.8). Le témoignage interculturel est tellement crucial que lors de l’effusion de l’Esprit, Dieu a choisi de donner un signe correspondant : ses serviteurs se sont mis à adorer le Seigneur dans les langues des autres peuples. Il n’est donc pas surprenant que de la rue
Azusa à nos jours, les missions aient été un emblème du pentecôtisme, à tel point qu’actuellement, les autres mouvements chrétiens considèrent les missions pentecôtistes comme exemplaires.

QUELQUES VISIONNAIRES 

Toutefois, ce n’est pas parce que l’Esprit nous a donné le pouvoir de transmettre l’Évangile à toutes sortes de cultures, de races et de groupes ethniques que nous allons automatiquement comprendre et utiliser le pouvoir qu’il nous a donné. La plupart des chrétiens de Jérusalem ont éprouvé des difficultés à comprendre le plan de Dieu.

Ce sont les chrétiens juifs hellénistes qui ont saisi les premiers la vision. Ils étaient minoritaires au sein de l’Église de Jérusalem. Comme ils connaissaient bien deux cultures différentes, ils étaient plus réceptifs aux dynamiques d’un ministère interculturel. L’un de leurs prédicateurs, Philippe, a été le pionnier de la mission de l’Église en Samarie (Actes 8.5-13). Quand les apôtres de Jérusalem sont arrivés et qu’ils ont constaté que cette œuvre venait vraiment du Seigneur, ils s’y sont joints (Actes 8.25). Mais Philippe avait déjà défriché le terrain. Après le réveil en Samarie, Dieu a envoyé Philippe rencontrer un important personnage de la cour d’Éthiopie (Actes 8.26-39). Cet homme qui, en tant qu’eunuque, ne pouvait pas devenir pleinement Juif a été le premier chrétien non Juif. Sa conversion était incontestable. Comme il est rentré dans son pays, l’Église de Jérusalem ne semble pas avoir entendu parler de lui ; en tout cas, il n’a pas vécu en Israël et n’a pas constitué de précédent gênant.

Toutefois, accueillir dans son sein des non Juifs incirconcis a forcément suscité des controverses. Dieu a rapidement envoyé Pierre chez Corneille, un officier de l’armée romaine qui occupait la Judée. Malgré les instructions de Jésus – être des témoins jusqu’aux extrémités de la terre – Pierre avait besoin d’une vision spectaculaire pour modifier sa perspective concernant les non Juifs (Actes 10.28-29). Après avoir appris la vision parallèle de Corneille et été témoin de l’effusion du Saint-Esprit dans sa maisonnée, Pierre et ses compagnons ont reconnu que Dieu avait fait grâce à ces non Juifs (Actes 10.44-48). Mais il a fallu que Pierre relate les multiples confirmations du plan divin pour que l’Église de Jérusalem reconnaisse que le Seigneur acceptait aussi les non Juifs parmi son peuple (Actes 11.18).

LE TRAGIQUE CONTRECOUP

L’Église de Jérusalem ne s’est pas trop formalisée de voir Dieu accepter une poignée de convertis non Juifs tant qu’ils restaient peu nombreux – autrement dit, tant qu’ils pouvaient être considérés comme des exceptions. Toutefois, apprendre que des multitudes de non Juifs se convertissaient a excité l’opposition des Juifs.

L’enseignement juif insistait sur le fait que les non Juifs qui se convertissaient au judaïsme devaient être circoncis. Les disciples de Jésus qui étaient à Jérusalem étaient donc en butte à l’hostilité des Juifs s’ils refusaient de souscrire à cette exigence. Face à l’opposition constante des non Juifs, à un empereur insensé qui essayait de souiller le temple et au bref règne d’un roi juif qui exacerbait la ferveur nationaliste, Jérusalem est devenue de plus en plus conservatrice dans les années 40, 50 et 60 du premier siècle. Dans la plupart des cultures, l’Église reflète les aspects positifs et négatifs de sa culture, et celle de Jérusalem ne faisait pas exception à la règle. Certains ont commencé à insister sur la nécessité de circoncire les non Juifs convertis (Actes 15.1, 5 ; comparer avec Galates 5.11 ; 6.12). Même dans l’Histoire récente, les missionnaires envoyés par leurs Églises confondent souvent leur culture avec l’Évangile et insistent pour que les convertis étrangers se conforment à la culture de leur Église-mère.

Les responsables de l’Église ont donc débattu : fallait-il accueillir les non Juifs en tant que tels ou exiger qu’ils renoncent à leur culture d’origine ? Paul et Barnabas ont raconté la confirmation divine de leur ministère par des signes ; Pierre a rappelé à l’Église sa rencontre avec Corneille, et Jacques a tiré des conclusions à partir des Écritures (Actes 15.7-21), sauvant de nouveau l’unité de l’Église.

Et pourtant, le nationalisme a continué à croître à Jérusalem, exacerbant les tensions entre l’Église de Jérusalem et les jeunes assemblées extérieures à la terre sainte. Paul a volontairement fait de sa dernière visite à Jérusalem une démarche en faveur de la paix, et il a amené avec lui des représentants des Églises de la diaspora (Juifs et non Juifs), en même temps qu’une offrande pour les chrétiens démunis de Jérusalem. Il a vite appris que certains chrétiens avaient cru de fausses rumeurs à son sujet. Certains soutenaient que si Paul respectait la culture non Juive, il devait rejeter la culture juive (Actes 21.21). Paul a donc accepté de démontrer son identification à sa culture juive afin de faire taire les rumeurs (Actes 21.23-26).

Toutefois, au sein de la mission de réconciliation de Paul, certains de ceux qui s’opposaient à sa vocation en faveur des non Juifs l’ont attaqué (Actes 21.27-28). Dans ce contexte hostile, Paul a fait une ultime tentative pour expliquer sa mission. La foule du temple l’a écouté proclamer Jésus. On aurait pu espérer voir des multitudes venir au Seigneur, comme lorsque Pierre avait prêché dans le temple une génération plus tôt. Toutefois, Paul était conscient de sa mission et ne pouvait pas s’arrêter de parler de Jésus. Ceux qui adhèrent réellement à l’Évangile deviennent membres de l’Église de Dieu, et les vrais chrétiens doivent accueillir leurs frères et sœurs dans la foi. Paul a donc parlé de son appel à atteindre les non Juifs (Actes 22.21), ce qui a instantanément mis le feu aux poudres et excité l’opposition (Actes 22.22).

Ce que les auditeurs de Paul ignoraient, c’est que son discours était peut-être leur dernière chance de connaître une délivrance nationale. Il était difficile d’associer des Juifs et des non Juifs, mais l’autre alternative – colère et nationalisme – provoquerait la destruction de Jérusalem quelques années plus tard. La grande assemblée de Jérusalem tentait de s’adresser à des gens de sa culture d’origine, ce qui était louable en soi (Actes 21.20), mais sa méfiance à l’égard des non Juifs était injustifiée. Dans le plan de Dieu, les nouvelles Églises en lutte de la diaspora étaient la semence de l’avenir.

L’Église d’Antioche avait la vision de fonder une assemblée multiethnique et multiraciale non seulement à Antioche, mais aussi dans le monde entier.

UN MODÈLE DIFFÉRENT

Jérusalem était presque exclusivement juive, si bien que nous ne pouvons pas nous attendre à des assemblées multiethniques en ce lieu, même s’il aurait été bon qu’elles apprécient à leur juste valeur les autres Églises multiethniques. Mais la situation était différente dans la cosmopolite Antioche. Là, les Juifs, les Grecs, les Syriens et d’autres groupes constituaient des minorités, et les chrétiens hellénistes dispersés ont acquis la vision de l’évangélisation des non Juifs (Actes 11.19-21).

Lorsque l’Église d’Antioche est devenue multiethnique, elle a établi une nouvelle équipe de responsables qui pouvait être sensible aux besoins de tous les groupes représentés dans l’Église. Saul est né à Tarse, mais il a grandi à Jérusalem (Actes 22.3). Son éducation et ses relations montrent qu’il venait d’une famille d’un statut social élevé, bien qu’il soit sans doute devenu citoyen romain parce que
ses ancêtres étaient des esclaves affranchis. Barnabas était un Lévite de Chypre ; Manahen avait été élevé avec Hérode Antipas ; Lucius venait de Cyrène, une ville cosmopolite d’Afrique du Nord où vivaient des Grecs, des Juifs et des Nord-Africains. Simon était surnommé « Niger », un nom romain courant qui, quand on l’employait comme surnom, signifiait « noir ».

Beaucoup d’érudits pensent que, comme Lucius, il venait d’Afrique du Nord. Peut-être descendait-il d’Africains convertis au judaïsme (Actes 13.1). L’Église d’Antioche avait la vision de fonder une asseblée multiethnique et multiraciale non seulement à Antioche, mais aussi dans le monde entier. La tâche était tellement gigantesque que seule la foi inspirée par le Saint-Esprit pouvait oser l’imaginer : il s’agissait d’atteindre le monde connu de l’époque, qui comptait au moins 100 millions d’habitants, au moyen d’une poignée de non Juifs qui croyaient tout juste qu’il n’y avait qu’un seul Dieu ! Mais l’Église d’Antioche était vraiment remplie du Saint-Esprit. De même que l’Esprit avait annoncé une Église diversifiée à la Pentecôte, avait ordonné à Philippe d’aller parler à l’officier égyptien et à Pierre de dialoguer avec Corneille (Actes 8.29 ; 10.19) et avait confirmé l’accueil que Dieu faisait aux Samaritains et aux non Juifs en leur accordant le Saint-Esprit (Actes 8.14-17 ; 10.44-46), il a envoyé Paul et Barnabas en mission (Actes 13.2, 4). Ils ont évangélisé Chypre et le sud de l’Asie Mineure. Au cours de son voyage suivant, lorsque Paul a quitté Troas pour se rendre à Philippes, les Grecs et les Romains ont pensé qu’il allait transmettre un message de l’Asie Mineure à l’Europe. Mais plus important, d’un point de vue biblique, Dieu continuait à transmettre aux nations son message universel.

Sous la conduite de l’Esprit, Paul était prêt à adapter sa culture pour annoncer à tous les peuples le message transculturel de Christ (1 Corinthiens 9.19-23). Comme son message rejeté dans le temple de Jérusalem (Actes 22.21, 22), ses lettres montrent clairement à quel point l’unité multiethnique est au cœur de son Évangile. La division ethnique dominante dans l’Église de son époque a été celle des Juifs et des non Juifs – une division que Dieu lui-même avait jadis établie. Observer la manière dont le message de Paul abolit une division instaurée, au départ, par le Seigneur lui-même nous incite à appliquer la même méthode pour mettre un terme aux autres divisions provoquées par l’orgueil et l’égoïsme humains.

L’UNITÉ ETHNIQUE EST LE CŒUR DE L’ÉVANGILE DE PAUL

Si nous sommes tentés de nous demander si l’Évangile a des implications en ce qui concerne l’unité ethnique et raciale dans l’Église de Christ, nous n’avons pas à aller loin. La lettre de Paul aux saints de Rome s’adresse à une assemblée divisée sur le plan ethnique. Quelques années plus tôt, l’empereur Claudius avait expulsé les Juifs hors de Rome. Les chrétiens juifs, comme Priscille et Aquilas, s’étaient installés ailleurs (Actes 18.2). À cause de cette expulsion, l’Église de Rome devait être constituée principalement de non Juifs avant que Claudius ne meure et que les chrétiens juifs ne puissent y retourner. Les congrégations de Juifs et de non Juifs, avec leurs coutumes et leurs valeurs particulières, devaient cohabiter, mais ces différences provoquaient des conflits culturels.

Paul leur rappelait que leur unité dans l’Évangile devait transcender leurs différences (Romains 1.16 ; 10.12, 13). Il leur a expliqué que les non Juifs étaient perdus (Romains 1.18-27), mais que les Juifs l’étaient tout autant (Romains 2.12-29). Tous les hommes sont pécheurs et passibles du jugement divin (Romains 2.9 ; 3.9). Mais si nous sommes tous perdus, nous pouvons tous être sauvés par le même moyen – la foi en Christ.

Les Juifs se figuraient souvent qu’ils étaient sauvés parce qu’ils étaient les descendants d’Abraham. Ils faisaient partie des élus parce qu’ils avaient part à l’alliance de la circoncision. Mais Paul a rappelé aux chrétiens de Rome que ce n’est pas par la circoncision spirituelle qu’on est sauvé, pas plus qu’en descendant d’Abraham (Romains 2.25-29) ; 4.9-12). Ils devaient avoir la foi, comme Abraham autrefois (Romains 4.11, 12, 16). De plus, au cas où quelqu’un se targuerait d’être sauvé sur cette base, Paul a rappelé que nous descendons tous d’Adam (Romains 5.12-21). Les Juifs considéraient leur possession de la loi comme une marque de leur supériorité sur les non Juifs, mais Paul a insisté sur le fait que bien que la loi enseigne la distinction entre le bien et le mal, elle n’a pas le pouvoir de rendre juste qui que ce soit (Romains 7.7-12).

Le peuple juif avait des privilèges spéciaux (Romains 9.4,5),maiscelaneluigarantissaitpaslesalut. Ni Ismaël ni Ésaü n’ont reçu la promesse ; la simple descendance génétique d’Abraham ne leur garantissait pas la participation à l’alliance divine (Romains 9.6-13). Les Juifs insistaient sur le fait qu’ils étaient élus en Abraham, mais en ce qui concerne le salut, l’Éternel pouvait choisir qui bon lui semblait, indépendamment de son ethnie (Romains 9.19-29), en se basant plutôt sur sa foi en Christ (Romains 9.30-10.15). Chacun d’entre nous doit être sauvé de la même manière. L’Évangile qui nous réconcilie avec Dieu nous réconcilie aussi les uns avec les autres.

Toutefois, à Rome, le problème ne se limitait pas au mépris des Juifs envers les non Juifs. Paul recommande aux chrétiens non Juifs de ne pas mépriser les Juifs et leur héritage culturel (Romains 11.17-24). Les non Juifs de Rome regardaient de haut les Juifs, entre autres à cause de leurs étranges habitudes alimentaires et de leurs fêtes religieuses qui différaient des pratiques romaines. Paul a souligné le fait que nous ne devons pas nous mépriser mutuellement à cause de nos différences ; nous pouvons conserver nos particularités culturelles en étant unis en Christ (Romains 14.1-23). L’unité n’est pas synonyme d’uniformité, qui implique souvent l’assimilation à la culture dominante. Mieux vaut apprécier les dons apportés par chaque culture et être unis non par une culture dominante, mais par notre foi commune et par l’Esprit.

Vers la fin de la lettre, Paul a mentionné Jésus (Romains 15.8, 9) et lui-même (Romains 15.16, 25) comme exemples de service à tous les peuples. Son exhortation finale dans les Romains contient un avertissement : prenons garde à ceux qui causent des divisions (Romains 16.17). En pratique, cela signifie que nous devons travailler, vivre et aimer tous ensemble (comparer avec Galates 2.11-14). Dans les Romains, Paul incite les chrétiens à surmonter une barrière que Dieu a lui-même établie jadis entre les Juifs et les non Juifs. À combien plus forte raison nous devons donc surmonter les barrières érigées par le péché et l’intolérance humaine !

UN NOUVEAU TEMPLE

Les ennuis de Paul dans le temple de Jérusalem ont commencé lorsque quelques Juifs d’Éphèse ont accusé à tort l’apôtre d’avoir introduit un non Juif d’Éphèse dans leur temple sacré (Actes 21.28, 29). Comme les accusateurs de Paul et son compagnon non Juif venaient d’Éphèse, l’Église d’Éphèse avait dû apprendre que Paul avait été incarcéré par les Romains.

Quand Paul a écrit aux Éphésiens, l’Église savait qu’il avait été accusé d’avoir amené un non Juif au-delà du mur de séparation, dans la cour intérieure du temple, où seuls les Juifs étaient admis. Ce mur n’existait pas dans l’Ancien Testament, mais avait été bâti dans le temple d’Hérode afin de faire respecter la règle de purification édictée par les sacrificateurs. Pour Paul et ses auditeurs d’Éphèse, ce mur symbolisait la barrière qui séparait les Juifs des non Juifs. C’est pourquoi il leur a adressé un message aussi énergique. Il leur a parlé d’un nouveau temple dans lequel le mur de séparation a été aboli grâce à la croix de Christ (Éphésiens 2.14, 19-22).

Paul n’était pas le premier à s’insurger contre cette division dans le temple. Une génération plus tôt, Jésus avait renversé les tables du temple et proclamé haut et fort que cet édifice était destiné à être « une maison de prière pour toutes les nations », mais que ceux qui le fréquentaient en avaient fait « une caverne de voleurs » (Marc 11.17). Dans cette affirmation, Jésus a cité deux passages de l’Ancien Testament. Le premier affirmait que l’Éternel avait pour but d’accueillir les non Juifs (Ésaïe 56.3-7). Le second condamnait ceux qui croyaient que le temple leur procurait un refuge contre le jugement sans qu’ils aient besoin de repentance (Jérémie 7.4-14). Jésus a prononcé un jugement contre une institution religieuse basée sur la ségrégation. Quarante ans plus tard, le temple terrestre était en ruines.

Quand une femme samaritaine a reconnu que Jésus était un prophète, elle a compris que les Juifs devaient avoir raison. Après tout, les Samaritains ne croyaient pas à la venue de prophètes entre Moïse et le Messie. Malheureusement, cette prise de conscience ne lui a servi à rien, parce que les Samaritains n’étaient pas admis dans le temple de Jérusalem. Jésus lui a donc parlé d’un nouveau temple qui n’était ni à Jérusalem (où les Juifs adoraient le Seigneur), ni sur le mont Garizim (où les Samaritains rendaient leur culte à Dieu ; Jean 4.20- 24). L’Esprit demeurerait dorénavant dans le nouveau temple où, selon Paul, les Juifs et les non Juifs auraient accès (Éphésiens 2.14-22).

AVANT LES ÉGLISES DE JÉRUSALEM ET L’ANTIOCHE

Bien que le plan de Dieu – se constituer un peuple multiculturel – ait paru novateur à l’Église primitive, il faisait partie du projet divin dès le début. En effet, Dieu avait choisi Abram pour que par lui, toutes les familles de la terre soient bénies (Genèse 12.3 ; 18.18 ; 22.18).

L’Éternel avait séparé l’ancien Israël des nations avoisinantes pour le bien de son peuple, mais il avait toujours fait des exceptions. Les premiers chrétiens ont vite discerné ces dernières. Accusé de blasphémer contre le temple, Étienne a rappelé à ses accusateurs que Dieu avait parlé à Abram en Mésopotamie, qu’il avait élevé Joseph à une place d’honneur en Égypte et qu’il s’était révélé à Moïse dans le désert de Madian. Étienne aurait aussi pu parler de Jonas, des serviteurs de Dieu en exil, comme Daniel et Esther, voire même des nombreux étrangers qui avaient été accueillis au sein du peuple sous le règne de David (par exemple, 2 Samuel 6.10, 11 ;15.18-22 ; 1 Rois 1.44).

Matthieu a, lui aussi, souligné les exceptions de l’Ancien Testament. Bien que la plupart des anciennes généalogies aient omis les femmes, celle qui ouvre l’Évangile de Matthieu en mentionne quatre. Il ne s’agissait pas, comme on aurait pu s’y attendre, des femmes des célèbres patriarches, comme Sarah et Rébecca, mais de Tamar de Canaan (Matthieu 1.3), de Rahab de Jéricho (1.5), de Ruth de Moab (1.5) et de la veuve d’Urie le Hittite (1.6). Trois ancêtres du roi David et la mère du roi Salomon n’étaient pas Juifs ou, comme dans le cas de la femme d’Urie, ils avaient des proches parents non Juifs.

Les exemples de Matthieu sont convaincants. Dans Josué (pour ceux qui pensent que ce livre s’oppose à tous les non Juifs), Rahab est à l’opposé de l’Israélite Acan. En cachant les espions sur son toit, Rahab a trahi son peuple et sauvé sa famille ; en dissimulant le butin sous le sol de sa tente, Acan a trahi son peuple et détruit sa famille. De même, le livre de Ruth nous parle d’une Moabite qui a fait partie du plan de Dieu dans l’Histoire de l’humanité.

Pour Matthieu, cette généalogie est une façon extraordinaire de commencer son Évangile et d’adresser un message percutant aux chrétiens juifs. En effet, les anciennes généalogies juives mettaient l’accent sur la pureté de la lignée israélite. À l’inverse, Matthieu a délibérément souligné la nature interraciale de l’ascendance légale de Jésus par David. (La Bible a aussi mentionné d’autres unions interethniques selon le plan divin, comme par exemple celle de Joseph et Asnath (Genèse 41.45), de Moïse et de Séphora (Exode 2.21) ou encore d’Esther et d’Assuérus (Esther 2.17).)

Cette insistance sur l’accueil des non Juifs s’est poursuivie pendant la vie terrestre de Jésus. Bien que les mages aient été les ennemis de Daniel, Matthieu rapporte que des mages sont venus de Perse pour adorer le roi des Juifs. À l’inverse, le roi de Judée Hérode a agi comme l’avait fait Pharaon autrefois, en tuant tous les garçons nouveau-nés (Matthieu 2.1-18). La brutalité d’Hérode a forcé la famille de Jésus à aller se réfugier en Afrique – plus précisément en Égypte – de même que jadis, Moïse avait fui à Madian pour échapper à Pharaon (Matthieu 2.13-15).

L’Évangile de Matthieu procure d’autres éclaircissements à propos de l’attachement de Dieu à tous les peuples. Jésus est allé dans une région jadis associée aux non Juifs (Matthieu 4.15). Il a guéri le serviteur d’un centenier (Matthieu 8.5-13) et annoncé que Dieu adjoindrait à son peuple de nombreuses personnes venues de l’Orient – comme les mages – et de l’Occident – comme un Romain rempli de foi (Matthieu 8.11). Jésus a délivré des démoniaques en territoire païen (Matthieu 8.28-34 ; remarquez la présence de porcs en 8.30). C’est dans une région païenne que Pierre lui a adressé sa remarquable confession de foi (Matthieu 16.13-20). Par la suite, les soldats chargés d’exécuter Jésus ont été les premiers à reconnaître son identité à la croix (Matthieu 27.54). L’Évangile de Matthieu atteint son apogée lorsque Jésus ordonne de faire des disciples de toutes les nations (Matthieu 28.19-20), afin que la promesse de proclamer l’Évangile partout puisse s’accomplir (Matthieu 24.14).

En clarifiant la disposition de cœur du Seigneur déjà présente dans l’Ancien Testament, Jésus a pavé la voie de la mission auprès des non Juifs dans les Actes, afin d’atteindre l’objectif de Jésus-Christ : se constituer une Église faite de tous les peuples de la terre.

CONCRÉTISER SON ENGAGEMENT

Croire à la diversité en théorie est déjà un progrès, mais la concrétiser nécessite des efforts. En tant que chrétiens, nous devons faire ce que nous disons et reconnaître que là où sont nos ressources, là aussi est notre cœur. Après la Pentecôte, l’Église primitive a appris à partager ses ressources non seulement avec ses proches voisins (Actes 2.44, 45), mais aussi avec les nécessiteux d’autres parties du monde (Actes 11.28-30). Le dernier voyage de Paul à Jérusalem avait pour but, entre autres, d’apporter des offrandes pour les pauvres de la part des Églises dont les membres n’étaient pas Juifs (1 Corinthiens 16.1-4 ; 2 Corinthiens 8.1-9.15).

C’était un symbole de l’unité des Églises juives et non juives (Romains 15.26, 27). Si les assemblées doivent subvenir à leurs besoins, ce principe ne s’applique pas aux temps de famine ou à l’instruction théologique. Aujourd’hui, en certains endroits, nos ressources financières peuvent contribuer à l’avancement du royaume de Dieu. Un tel partenariat peut aussi souligner l’unité de l’Église de Christ, puisque chaque partie de l’Église partage ses ressources avec d’autres pour leur faire du bien.
Dans ce domaine, il ne s’agit pas seulement d’argent, mais de dispositions de cœur. Les chrétiens des États-Unis ont été – à juste titre – horrifiés quand des djihadistes ont tué 3000 personnes le 11 septembre 2001. Mais quelques jours plus tôt, ils avaient massacré beaucoup plus de chrétiens au nord du Nigéria. De même, selon certaines estimations, dix fois plus de personnes, en particulier des enfants, meurent quotidiennement de malnutrition ou de maladies qui auraient pu être soignées.

Beaucoup de ceux qui périssent ou qui enterrent leurs enfants sont nos frères et sœurs. Si nous avons raison de nous intéresser à notre patrie, sommes-nous davantage bouleversés par ce qui arrive à nos compatriotes culturels que par nos frères et sœurs du royaume de Dieu, quelles que soient leur nationalité, leur race ou leur ethnie ? À quel royaume nous identifions-nous en priorité ? Ressemblons-nous principalement à l’Église de Jérusalem ou à celle d’Antioche ?

Mais ce principe ne s’applique pas seulement à ceux qui sont au loin. Si certaines minorités chrétiennes sont en proie à la discrimination dans leur travail ou peinent à s’adapter à une nouvelle culture, sommes- nous prêts à les écouter et à rechercher des solutions avec elles ? L’unité ethnique et raciale doit transcender les nobles idéaux ; elle exige que nous suivions l’exemple d’abnégation de Jésus et que nous aimions les autres comme il nous a aimés (Jean 13.14, 15, 34, 35). Ce sacrifice s’accompagne de bénédictions, car dans d’autres parties du corps de Christ, Dieu a placé des dons et des ressources que ces chrétiens partageront volontiers avec nous (par exemple : comment souffrir joyeusement, comment relever ceux qui sont abattus, ou comment donner avec abnégation).

Rien ne nous attachera davantage à nos frères et sœurs d’autres cultures que d’apprendre à les connaître et de découvrir notre profonde unité en Christ. Aplanir les différences, en particulier au sein de la même congrégation, est parfois ardu, mais si nous croyons en l’Évangile, nous devons être convaincus de pouvoir trouver la grâce nécessaire pour surmonter ces difficultés.

Lire un article peut exciter notre intérêt, mais mettre le ministère interculturel en pratique, avec tous les sacrifices, les incompréhensions et les bénédictions que cela implique, nous mène plus loin. Quand nous écoutons les croyants d’autres cultures, ethnies et races et que nous nous instruisons à leur
contact, nous commençons à vivre une véritable unité interculturelle.

CONCLUSION

Nous avons introduit cette étude sur les fondements bibliques de la diversité raciale et ethnique en nous référant à la vision de Jean d’une unité multiculturelle au ciel. En enseignant au Séminaire théologique des Assemblées de Dieu, Morris Williams, un ancien missionnaire africain, s’est servi de cette vision du ciel pour démontrer que Dieu a créé différentes cultures dans un but durable. Selon le plan de Dieu, il est important que ces cultures rendent témoignage à son glorieux dessein pendant l’éternité. Aussi, rassemblons-nous dans l’unité pour servir le seul vrai Dieu. Babel a été inversée. Grâce au don des langues, Dieu nous a donné, entre autres bénédictions, les langues de multiples nations pour nous montrer son objectif : une Église unie composée de toutes les races, de toutes les tribus, de tous les peuples et de toutes les nations. Telle est notre vocation, notre destinée.

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