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Chrétiens persécutés

Plaine de Ninive : les chrétiens face à l’insécurité

Les chrétiens de la plaine de Ninive sont confrontés à l’insécurité. En Irak, de nombreux chrétiens vivent sous pression. Plusieurs familles chrétiennes rentrées après le départ de l’Etat islamique ont dû à nouveau fuir à cause de combats entre les Kurdes et l’armée irakienne.

Le village chrétien de Telskuf est situé à 30 kilomètres de la ville de Mossoul. Comme de nombreuses autres localités chrétiennes dans la plaine de Ninive, par exemple Qaraqosh, Alqosh, Bakofa ou Karamlesh, il appartient aux régions disputées du nord de l’Irak. En effet, la plaine de Ninive ne fait pas partie de la région autonome du Kurdistan irakien, mais le Gouvernement régional kurde en revendique une partie, ce qui n’est pas accepté par le Gouvernement central irakien à Bagdad.

« Nous, les chrétiens, payons l’addition pour les combats à motifs politiques et religieux », telle est la substance d’une déclaration rédigée dernièrement par des dirigeants d’Églises du Kurdistan. Hélas, cela se vérifie trop souvent : le 24 octobre 2017, des combats entre les peshmergas kurdes et l’armée irakienne ont éclaté aux environs des villages de Telskuf et de Bakofa. Alors qu’elles venaient de rentrer des différents lieux où elles s’étaient réfugiées au Kurdistan, 900 familles ont à nouveau dû fuir.

La famille de Khaleel Shaaya, un bénévole de notre organisation partenaire Hammurabi, est touchée par les combats. Son sort illustre bien ce que vivent de nombreux chrétiens en Irak.

Déjà avant la campagne de conquête de l’EI, Khaleel est plusieurs fois menacé et attaqué. Mais il ne se laisse pas décourager et construit une maison pour sa famille à Telskuf, son village natal. Le 4 août 2014, l’EI envahit Telskuf. Khaleel peut s’enfuir au dernier moment avec sa femme et ses trois enfants pour rejoindre la ville kurde de Dohuk. Deux semaines plus tard, des unités de peshmergas chassent l’EI de Telskuf, mais on empêche la famille de rentrer dans sa maison. Khaleel peut toutefois accéder à sa maison quelques instants à plusieurs reprises : « À chaque visite, il y avait une nouvelle pièce de notre mobilier qui manquait », se plaint-il.

Le 6 mai 2016, l’EI lance une nouvelle attaque contre Telskuf et l’occupe pour la deuxième fois. Après quelques heures de combats acharnés, les peshmergas kurdes parviennent à chasser une nouvelle fois les terroristes. Heureusement, les pires appréhensions de Khaleel ne se réalisent pas : sa maison reste debout. Au cours des mois suivants, tout semble enfin s’arranger pour la famille : dans le cadre de la reconquête, l’EI est repoussé de la plaine de Ninive par la coalition qui regroupe l’armée irakienne et les peshmergas kurdes.

Aide chrétienne

Khaleel obtient enfin l’autorisation de retourner dans sa maison, probablement grâce à l’amélioration de la situation sécuritaire. Le bénévole de Hammurabi utilise cette opportunité pour le bien d’autres chrétiens qui rentrent chez eux. Comme il l’avait déjà fait avant la guerre, il met sa maison à disposition de CSI et de Hammurabi. En juin 2017, le bâtiment sert de base d’opérations et nous y distribuons 262 machines de purification de l’eau à des familles nécessiteuses. Entre-temps, de nombreuses autres familles rentrent à Telskuf. Les maisons détruites et endommagées sont remises en état grâce à l’aide financière de la Hongrie et de différentes organisations humanitaires.

Rester malgré l’insécurité

Après le référendum régional du 25 septembre 2017 au Kurdistan, qui a obtenu une large majorité en faveur du détachement du Kurdistan du reste de l’irak, la situation à Telskuf se détériore à nouveau. Ainsi, le 24 octobre 2017, des affrontements entre les anciens alliés, l’armée irakienne et les peshmergas kurdes, ont lieu au cœur du village chrétien qui est à ce moment sous le contrôle kurde. La plupart des 900 familles fuyant à nouveau Telskuf et Bakofa laissent un membre de leur famille dans leurs maisons pour se prémunir d’un nouveau pillage ; ainsi Khaleel revient seul chez lui après avoir emmené sa famille en sûreté à Dohuk.

Fin octobre 2017, les Kurdes et l’armée irakienne signent un armistice. Début novembre, de nombreuses familles, dont celle de Khaleel, rentrent une fois encore à Telskuf et à Bakofa.

Mais la crainte demeure : les habitants s’attendent tous les jours à être à nouveau pris entre deux feux. Comme de nombreux autres chrétiens, la famille de Khaleel doit vivre avec cette insécurité.

Malgré les difficultés, Khaleel veut rester en Irak. Avant son retour à Telskuf, sa famille avait certes échafaudé des plans concrets d’émigration et leur famille à l’étranger avait déposé des demandes d’admission pour eux en Allemagne, en Amérique ainsi qu’en Australie. Mais la famille tient à sa patrie et à la communauté chrétienne de Telskuf, elle ne veut pas se résoudre à quitter l’Irak. Enfin, Khaleel veut continuer à s’engager comme bénévole de Hammurabi afin d’aider d’autres chrétiens et minorités lors de nos actions de distribution.

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