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Chrétiens persécutés

Les libertés chrétiennes en danger au Népal

Les hindous radicaux profitent de l’instabilité politique au Népal pour mener des attaques violentes contre les chrétiens accusés de prosélytisme. L’adoption d’une loi anticonversion et d’une nouvelle Constitution a légitimé la persécution des chrétiens.

Le nationalisme hindou gagne toujours plus de terrain au Népal, où les partis communistes au pouvoir veulent protéger la culture indigène des influences de l’étranger par le biais de la nouvelle loi « anticonversion ».

En 2007, après une guerre civile qui a duré plusieurs décennies, la dernière monarchie hindouiste au monde a dû céder sa place à une république laïque au Népal. Dès lors, le nombre des chrétiens et des autres minorités religieuses s’est accru.

Ce développement est rapidement devenu une épine au pied des extrémistes hindous, mais aussi des hindous modérés, partisans d’un État laïc, qui considèrent avec suspicion les conversions croissantes à d’autres religions. Nombre d’entre eux n’acceptent pas que la conversion soit l’un des aspects de la liberté de religion qui est ancrée dans leur nouvelle Constitution, mais ils estiment qu’elle est une provocation, conséquence d’une influence croissante de l’étranger menaçant la culture traditionnelle et la souveraineté du Népal.

Contrairement à ce qui se passe en Inde, l’influence politique des religieux hindous nationalistes reste limitée : le seul parti hindou ayant un véritable poids à l’échelle nationale, le Rastriya Prajatantra Party (RPP), n’est que le quatrième parti du pays. Le Gouvernement népalais est aux mains de deux partis d’obédience communiste : le parti communiste marxiste-léniniste (PCN-MLU) et le parti communiste maoïste (PCUN-M).

Cependant, ces deux partis sont aussi complètement imprégnés de nationalisme. Ils soutiennent le nationalisme hindou, sans toutefois revendiquer clairement ce choix. Ils attisent en outre la haine pour les autres religions, notamment en provenance de l’étranger. À titre d’illustration, le Gouvernement a supprimé les jours fériés chrétiens.

Un signal clair contre la liberté de religion

Le 16 octobre 2017, la présidente népalaise Bidhya Devi Bhandari a ratifié la nouvelle loi « anticonversion » après son approbation par le Parlement. Cette loi recèle plusieurs points sujets à caution. Elle précise par exemple que des moyens « violents ou fallacieux », ainsi que la « séduction » ou les « fausses promesses » ne peuvent pas être employés pour convertir un citoyen.

Cette phrase semble au premier abord avoir le but louable d’empêcher la conversion forcée. En soi, elle ne viole pas les droits de l’homme ou de la liberté de religion, même si une infraction se paie par cinq années d’emprisonnement et une amende d’environ 500 dollars. Mais de nombreuses minorités considèrent cette nouvelle loi « anticonversion » comme un retour en arrière, car, selon elles, elle limite la liberté d’expression, d’opinion et de religion. Ce point de vue est également partagé par l’activiste des droits de l’homme T. M., qui rappelle en outre à ce propos que l’Assemblée générale des Nations Unies a voté l’adhésion du Népal au Conseil des droits de l’homme le jour même où la loi « anticonversion » a été promulguée dans le pays : « Il semble que le Népal a oublié, en promulguant sa loi « anticonversion », que le fait d’adhérer au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies le faisait approuver implicitement le droit à la liberté de religion. »

Les minorités retiennent leur souffle

Certes, le texte de la nouvelle loi « anticonversion » ne précise pas que celle-ci ne s’appliquerait qu’aux conversions de l’hindouisme à d’autres religions ni que les conversions à l’hindouisme sont exemptées, mais dans les faits, on risque facilement de la détourner dans ce sens. En effet, la Constitution laïque du Népal donne une version biaisée de la laïcité, puisque l’hindouisme et le bouddhisme sont définis comme appartenant à la culture traditionnelle devant être protégée.

Raison pour laquelle il est à craindre qu’au Népal, avec sa mosaïque culturelle de plus de 120 ethnies, les attaques contre les minorités comme les chrétiens, les musulmans ou les bahaïs se multiplient. Ce genre d’attaques serait comparable à celles qui se produisent en Inde : intimidations quotidiennes, fausses accusations, détentions arbitraires, fermetures de foyers d’accueil pour enfants sous des prétextes fallacieux et agressions physiques allant jusqu’au meurtre. En outre, dans le contexte indien, les minorités sont privées de droits tels la propriété foncière, le droit à des funérailles dignes, un soutien de l’État aux nécessiteux, etc.

Une collaboration efficace

P. , un responsable de l’Association chrétienne du Népal, déclare : « Nous devons tous nous serrer les coudes et lutter de toutes nos forces contre ces nouvelles mesures, aussi longtemps que nous le pourrons. La loi « anticonversion » est toute récente. Au plan politique, nous ferons tout notre possible pour mettre un frein à cette tendance croissante du nationalisme. »

Actuellement, l’Association travaille à l’élaboration d’un manuel important dans lequel elle explique aux chrétiens du Népal quels sont leurs droits. De plus, l’ouvrage donne un code de comportement qui leur permet d’assurer leur propre sécurité au quotidien. B. P. explique : « Plus les gens connaîtront leurs droits et leurs devoirs, mieux ils pourront se défendre lors d’attaques et de discriminations. » Il est important d’épauler les minorités maintenant, avant que les attaques augmentent. CSI va dans un premier temps soutenir la publication de ce manuel et organiser diverses conférences d’information.

Nationalisme hindou : l’influence de l’Inde

Pour les nationalistes hindous d’Inde, la monarchie hindouiste népalaise représentait le dernier bastion de leur foi. Le passage du Népal à un État sécularisé a donc été mal perçu par les nationalistes indiens. Ces dernières années, ils apportent leur soutien financier à diverses formations politiques népalaises, tout en exerçant également leur influence sur la société. Conséquence : depuis un certain temps, un ressortissant d’une minorité est toujours plus considéré comme persona non grata au Népal, en plus des discriminations et des attaques qui se multiplient. Par l’introduction de la loi « anticonversion », le Gouvernement népalais a donné le ton de son hostilité envers les minorités religieuses. Et aujourd’hui encore, le Gouvernement de l’Inde soutient les nationalistes hindous du Népal pour les conforter dans leur position.

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