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Chrétiens persécutés

Les chrétiens ne sont pas discriminés, selon les autorités en Algérie

Le ministre algérien des Affaires religieuses a nié discriminer les chrétiens en ordonnant la fermeture de plusieurs églises dans le pays au cours des derniers mois.

Depuis novembre dernier, plusieurs églises en Algérie ont été fermées en Algérie. Après la fermeture d’une église à Aïn Turk, une ville située à 15 km d’Oran, ce sont deux autres situées à Tizi Ouzou qui ont reçu, en ce début d’année, une notification de fermeture.

Le 27 février, enfin, deux nouvelles églises ont été mises sous scellées dans la région d’Oran au nord-ouest du pays.

Le ministre algérien des Affaires religieuses, Mohamed Aissa, est pourtant catégorique : il ne s’agit pas de discrimination contre les chrétiens mais de faire respecter les normes édictées dans le pays concernant le culte non musulman.

Selon Mohamed Aissa, les églises qui ont été fermées ne « respectaient pas les normes requises pour un lieu de culte », a-t-il affirmé sur Ennahar TV. Les institutions qui ont été fermées auraient été construites sans respecter les règles de la République.

« Quand un lieu de culte est construit sans aucun préavis indiquant qu’il s’agit d’un lieu de culte, ce qui peut permettre à l’État de le protéger, cet endroit doit être fermé », a-t-il ajouté.

Ce point de vue n’est pas partagé par un porte-parole de l’Eglise protestante d’Algérie (EPA) qui a déclaré à World Watch Monitor que :

« le gouvernement applique simplement la loi de 2006 sur la régulation du culte non-musulman. Cette loi est une épée de Damoclès suspendue au-dessus des églises. C’est l’instrument juridique que le gouvernement utilise pour faire taire l’Église. Le but de cette loi est précisément de freiner les activités des églises et de les contrôler « .

Selon ce représentant de l’EPA qui n’a pas souhaité pas être nommé, le contenu de la loi de 2006 ne visait pas à aider les communautés chrétiennes à être régulariser et à se conformer aux normes. Ce texte se concentrait bien plus sur le côté coercitif, la conviction et la sanction.

Mohammed Aissa a souligné que la constitution algérienne garantissait la liberté de religion, mais était également responsable de la pratique religieuse des non-musulmans.

L’application de la loi de 2006 a conduit à la fermeture de 26 églises en 2008 après avoir reçu un ordre officiel ou un avertissement verbal des autorités.

En mai 2011, le gouverneur de la province du nord-est de Béjaïa a invoqué la loi pour ordonner la fermeture de sept églises protestantes accusées d’opérer «illégalement». Cependant, à la suite des pressions de l’EPA et d’une vague de protestations de militants et de groupes de défense des droits de l’homme, le maire a retiré l’ordre.

La loi stipule que les chrétiens doivent obtenir une autorisation avant d’utiliser un bâtiment pour le culte non-musulman, et que ce culte ne peut être conduit que dans des bâtiments qui ont été spécifiquement désignés à cet effet.

Mais dans la pratique, les autorités n’ont répondu à presque aucune demande des églises pour les lieux de culte, y compris les églises affiliées à l’EPA approuvés par l’État, principal organe protestant de l’Algérie.

En raison du silence des autorités,  il est devenu courant pour les églises de louer des locaux et d’informer les autorités locales après avoir engagé la démarche.

World Watch Monitor a rapporté en 2016 que sur les 43 églises locales alors affiliées à l’EPA, seulement 15 possédaient leurs lieux de culte. Certaines églises louaient des locaux qu’elles transformaient en lieux de culte, tandis que d’autres se réunissaient dans des maisons. Dans certaines régions reculées, les chrétiens se sont retrouvés dans la forêt ou au sommet des montagnes pour éviter les réactions hostiles des voisins.

L’EPA a publié récemment une déclaration exprimant sa « profonde préoccupation » suite aux  fermetures et disant que « la menace de fermeture pèse sur presque toutes les communautés de l’EPA ».

Selon Middle East Concern, les fermetures font parties d’une «campagne coordonnée d’action intensifiée contre les églises par les autorités gouvernementales».

La semaine dernière, la Commission de la Liberté Religieuse de l’Alliance Evangélique Mondiale a appelé le gouvernement à garantir la liberté religieuse pour les personnes de toutes confessions.

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