Chrétiens du Pakistan

Meurtre d’un chrétien dans un hôpital gouvernemental au Pakistan

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Un père chrétien de quatre enfants a été tué et cinq membres de sa famille blessés par le personnel médical et les gardes de sécurité d’un grand hôpital gouvernemental de Lahore au Pakistan simplement parce qu’ils demandaient une aide immédiate pour une femme enceinte en travail.

Alors que Kiran Kashif était sur le point d’accoucher, Anil Saleem, son frère Sunil Saleem et d’autres membres de la famille ont emmené leur sœur enceinte à la salle d’urgence de l’Institut des services médicaux du gouvernement à Lahore.

« Kiran est allé voir le médecin de service, le Dr Saira, qui jouait avec son téléphone portable en sirotant un thé », a déclaré Anil Saleem selon Morning Star News. « Le Dr. Saira a dit à Kiran d’attendre dehors jusqu’à ce qu’elle ait fini son thé. Nous avons attendu un certain temps, mais comme Kiran souffrait d’intenses douleurs, elle est retournée dans la salle pour demander une attention immédiate. »

Dès que le Dr Saira a vu la jeune-femme s’approcher, elle a commencé à la maudire de ne pas avoir attendu et a demandé à une infirmière de l’accompagner.

« Quand ma soeur a protesté contre le comportement grossier, le médecin a commencé à la gifler, la jetant par terre », a déclaré Anil Saleem. « Elle a demandé à ma sœur comment un Chuhri [un terme péjoratif pour les chrétiens] osait remettre en question son ordre. « 

En entendant ce qui se passait, plusieurs membres de la famille de la jeune-femme enceinte sont entrés dans la salle, suite à quoi le Dr Saira a demandé aux autres médecins et aux gardes de sécurité de verrouiller les portes de la salle de l’intérieur et d’ « enseigner une leçon à ces chrétiens« .

« Environ 15 à 20 membres du personnel paramédical et des gardes de sécurité et huit à dix jeunes médecins, y compris le Dr Salman, le Dr Irfan, le Dr Hasan et le Dr Sahi se sont jetés sur nous avec des barres de fer, des chaises et des ceintures et d’autres choses et ont commencé à nous battre « , a déclaré le frère de Kiran Sharif à Morning Star News.

Sunil Saleem a été battu sans pitié en recevant des coups de poing dans l’aine et dans la poitrine jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Les autres membres de la famille ont essayé de se défendre mais étaient en infériorité numérique et n’ont été sauvés que lorsque la police est arrivée.

Les médecins s’en sont également pris à l’équipe d’une chaîne d’information locale qui se trouvait à l’hôpital à ce moment là.

« La plupart des médecins ont fui après l’incident, tandis que ceux qui étaient présents ne prêtaient aucune attention à nos appels pour aider notre frère mourant », a déclaré Anil Saleem à Morning Star News.

En raison du manque d’assistance médicale d’urgence, Sunil Saleem, qui laisse derrière lui sa femme et ses quatre enfants, est décédé.

Si une plainte (FIR) a été déposée à la police pour meurtre et émeute violente, cette dernière n’a  arrêté aucune des personnes nommées dans le meurtre. Suite à cette plainte, la police a demandé aux membres de la famille d’être examinés au niveau médical, ce qu’ils ont refusé puisque cet examen devait se faire dans le même hôpital que celui où ils avaient été battus.

Le Dr Amiruddin, surintendant médical de l’hôpital, a déclaré à Morning Star News que les médecins étaient «innocents» puisque la famille les avait d’abord attaqués.

« Je ne peux rien dire à coup sûr, mais on m’a dit que la famille du patient avait commencé la querelle après qu’on leur avait dit d’attendre », a-t-il dit.

L’administration de l’hôpital a déposé une demande de contre-FIR contre la famille pour des émeutes violentes et des blessures au personnel médical. Les responsables de l’hôpital affirment que le conflit est survenu parce que les médecins ont refusé d’effectuer une césarienne sur la soeur d’Anil Saleem.

Anil Saleem a nié cette version, réitérant que la violence est née des remarques non professionnelles du Dr Saira. Il a également nié que des membres de sa famille avaient blessé quelqu’un sérieusement, bien qu’il ait reconnu avoir agi en état de légitime défense.

La Young Doctors Association a menacé le gouvernement du Pendjab de déclencher une grève dans tous les hôpitaux publics de la province si la police ne retire pas la plainte enregistrée contre le personnel de l’hôpital dans les deux jours.

« Nous avons à peine surmonté l’incident de Sajid Masih, et maintenant nous avons ce lynchage à l’intérieur d’un hôpital gouvernemental », a déclaré le militant chrétien des droits de l’homme Napolean Qayyum.

Rufus Solomon, militant des droits de l’homme, a déclaré que cette dure épreuve avait entaché l’enthousiasme de Pâques chez les chrétiens :

« J’essaye toujours de digérer le fait que les médecins ont pris la vie d’un homme innocent », a déclaré Salomon. « Quel espoir peut-on avoir pour rendre justice à la famille si la police n’a pu arrêter même l’un des accusés ? »

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.