Chrétiens d'Egypte

Un chrétien arrêté pour outrage à la religion à cause d’un QCM

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Il aura suffit à Magdy Farag Samir, un enseignant chrétien d’une école publique égyptienne, d’inclure des jeux de mots dans son questionnaire à choix multiples sur le prophète Mahomet pour se voir accusé d’outrage à la religion et d’être arrêté.

Magdy Farag Samir, 49 ans, professeur d’études sociales à l’école préparatoire Barot pour les filles du gouvernorat de Beni Suef, ne s’attendait sûrement à devoir répondre devant la justice du fait d’avoir méprisé la religion musulmane.

En début de mois cependant, des parents et des étudiants, considérant que ce chrétien copte avait insulté le prophète Mahomet en établissant un questionnaire à choix multiples avec des jeux de mots, ont porté plainte pour blasphème auprès de la Direction de l’Education de Beni Suef a rapporté World Watch Monitor.

Selon un proche parent de l’enseignant, ce dernier ne voulait en aucun cas insulter le prophète mais simplement faciliter le choix des bonnes réponses aux deux questions posées.

Dans sa première question, il a demandé : « Où est né le prophète Mahomet? » Il a ensuite suggéré trois possibilités de réponse : 1. Yathrib (en Arabie Saoudite). 2. La Mecque (également en Arabie Saoudite) 3. Hafiza Abo Tartour (Abo Tartour est un village en Égypte, mais aussi un mot signifiant « chapeau conique »).

Sa deuxième question était la suivante : « Qui était l’infirmière du prophète Muhammad? » Les deux possibilités étaient: 1. Halima Al-Saadia (la bonne réponse). 2. Halima Bta’at El ta’amiya («Bta’at El ta’amiya» se traduit par «un vendeur de falafel», un plat du Moyen-Orient).

A cause de ces jeux de mots introduits dans un QCM, Samir a été contraint d’être transféré dans une autre école en décembre, mais les parents de ses anciens élèves ont également porté plainte contre la direction de l’éducation du gouvernorat, qui a ensuite été envoyée au ministère public.

Le 14 mars, Samir a été arrêté et accusé d’outrage à la religion. Initialement détenu pendant quatre jours, un jour plus tard, sa détention a été prolongée à 15 jours, en attendant l’enquête.

Selon un militant des droits de l’homme de Minya, la révolution de juin 2013 devait permettre de se débarrasser du régime religieux, mais il n’en est rien. Beaucoup de chrétiens coptes sont en effet accusés de mépris de la religion et emprisonnés pour rien.

Un situation d’autant plus injuste que la loi égyptienne sur le mépris de la religion ne s’applique que pour accuser de mépris de l’islam, jamais d’une autre religion :

« Le système judiciaire a récemment fait preuve de discrimination envers les coptes et perpétré l’injustice. Les coptes sont confrontés de manière flagrante à la discrimination judiciaire dans les poursuites pour blasphème.  » a déclaré à World Watch Monitor un avocat qui a souhaité garder l’anonymat.

Un autre avocat a déclaré que les condamnations pour outrage à la religion sont « dures » contre les coptes, car le chrétien est, dans ce cas, souvent accusé de plusieurs infractions à la fois comme le fait de provoquer des conflits sectaires ou encore de mépriser la religion. Souvent, ces doubles accusations vont permettre d’augmenter le terme de leurs incarcérations.

A cette difficile réalité s’ajoute aussi le fait que, la plupart du temps, les personnes accusées sont ostracisées par leur communauté, les obligeants à quitter leur foyer.

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.