Chrétiens du Pakistan

20 pakistanais ayant participé au meurtre de 2 chrétiens acquittés

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Près de 20 hommes soupçonnés d’avoir participé au meurtre de Shahzad Masih et de son épouse Shama Bibi en les battant à mort avant de les jeter dans un four industriel ont été acquittés samedi 24 mars dernier par le tribunal antiterroriste (ATC) de Lahore au Pakistan.

Accusés d’avoir mis le feu à quelques pages du Coran, une foule de 600 personnes avait battu à mort, le 4 novembre 2014, Shahzad Masih, 26 ans et sa femme, Shama Bibi, 24 ans, enceinte de cinq mois en raison de leur acte considéré comme « blasphématoire ». Le couple avait ensuite été jeté dans le grand four où ils travaillaient.

Le premier rapport d’informations déposé auprès de la police désignaient le cas de 52 personnes directement impliquées dans ce meurtre qui ont été accusées, en vertu de la loi antiterroriste pakistanaise d’avoir «utilisé ou menacé d’agir … pour contraindre et intimider le gouvernement ou le public … ou créer un sentiment de la peur ou l’insécurité dans la société « .

En avril 2016, l’ATC avait permis au propriétaire du four, Yousuf Gujjar, de se déplacer librement. Il a finalement été arrêté, avec son beau-fils, pour avoir incité un leader religieux à déclarer Shama et Shahzad coupables de blasphème du haut-parleur d’une mosquée.

Fait rare, l’État pakistanais lui-même est devenu le plaignant dans cette affaire, une première dans l’histoire au Pakistan pour un jugement de blasphème, comme l’a déclaré le ministre fédéral chrétien Kamran Michael aux médias locaux.

En novembre 2016, Le même tribunal  a condamné à mort cinq hommes et emprisonné huit autres hommes pour deux ans pour le meurtre du couple chrétien.

Cependant, avec la libération de Gujjar, l’acquittement des 20 participants au meurtre de Shahzad Masih et de son épouse Shama Bibi est un nouveau revers pour la minorité chrétienne pakistanaise et sa lutte contre les lois sur le blasphème, qui sont utilisées au Pakistan de manière disproportionnée contre les minorités religieuses.

Si les chrétiens pakistanais ne représentent en effet que 1,5 % de la population totale, 1/4 des affaires de blasphème enregistrés dans le pays entre 1990 et 2014 allaient à l’encontre des chrétiens.

Le sénat pakistanais a recommandé au début de ce mois de condamner avec la même sanction ceux qui sont condamnés pour blasphème et ceux qui accuseraient faussement une personne de blasphème.

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.