Chrétiens du Pakistan

Les fausses accusations de blasphème bientôt sanctionnées au Pakistan ?

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Le Comité spécial aux droits de l’homme du Sénat au Pakistan vient d’approuver la proposition de sanctionner par des peines prescrites par la loi toute fausse accusation de blasphème. Cette loi est en effet régulièrement utilisée, souvent à tord, contre les minorités religieuses dans le pays, comme c’est le cas des chrétiens, pour régler notamment des différents personnels.

Au cours d’une réunion qui s’est tenue ce 6 mars 2018, le Comité spécial aux droits de l’homme du Sénat pakistanais a approuvé la décision d’appliquer une sanction prévue par la loi pour toute accusation fausse ou fabriquée de blasphème.

Dans ses recommandations à ce sujet, le Comité du Sénat a déclaré :

«Toute personne accusant faussement quelqu’un de blasphème devrait être punie de manière équivalente à une personne reconnue coupable de blasphème.»

Au cours de cette réunion, les participants ont également évoqué le fait que l’accusateur qui cherche à porter plainte dans un poste de police devrait avoir au moins deux témoins chargés de soutenir ses revendications.

Commentant ces recommandations, l’un des membres de ce Comité, le sénateur Farhat Ullah Babar a expliqué que cette instance n’appelait pas à une modification de la loi sur le blasphème elle-même :

«Nous n’essayons pas d’apporter des changements à la loi sur le blasphème, nous essayons d’empêcher les gens d’en abuser.»

Autre point abordé au cours de cette rencontre, le cas du lynchage de Younhanabad, pendant lequel deux églises ont été ciblées par une attaque, ce qui a conduit à la mort de 15 chrétiens et fait 70 blessés. Suite à ce drame, plusieurs personnes de la régions avaient organisé des manifestations pour condamner la mort de leurs concitoyens. Accusés de terrorisme, ces manifestants ont été jetés en prison et y sont toujours encore enfermés, 3 ans après leur arrestation.

Le Comité a là aussi émis ses recommandations en demandant que «les accusations de terrorisme contre les personnes arrêtées soient abandonnées et qu’elles soient jugées par un tribunal civil».

Le Comité a conclu que, dans ce cas particulier, rendre équivalent une manifestation pacifique de chrétiens et les actions terroristes était injuste.

Un autre membre du Comité, le sénateur Mufti Abdul Sattar du Jamiat Ulema-i-Islam-Fazal a cependant estimé que ces recommandations étaient une tentative délibérée d’invalider la loi sur le blasphème.

Ces différentes recommandations seront désormais transmises au Conseil de l’idéologie islamique.

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.