Chrétiens du Turkménistan

Turkménistan : six églises chrétiennes écrivent au Président

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Six églises chrétiennes évangéliques du Turkménistan viennent d’adresser une lettre à Gurbanguly Berdimukhamedov, le président de ce pays, lui demandant l’autorisation de s’inscrire comme des communautés religieuses officielles.

En mars 2016, le Turkménistan a adopté une nouvelle loi sur la liberté religieuse demandant à toutes les organisations religieuses de se réenregistrer afin de pouvoir exercer dans la légalité, mais plusieurs églises évangéliques se sont vu refuser leur enregistrement par le ministère de la Justice.

Dans une lettre envoyé au président de ce pays, rapporte World Watch Monitor, les églises demandent la permission d’ouvrir une librairie chrétienne et ajoutent qu’elles souhaitent avoir leur propre bâtiment pour les cultes :

« Nous, les croyants de l’Église évangélique, nous, citoyens du Turkménistan, avons un grand désir de contribuer à notre société et à notre terre. Nous voulons être impliqués dans l’éducation spirituelle de nos concitoyens. Nous sommes tristes de ne pas avoir la liberté d’exprimer notre foi et de partager cela avec le peuple du Turkménistan. « 

Se référant au fait que le Turkménistan prétend promouvoir la liberté de religion, la lettre cite plusieurs exemples de restrictions imposées aux chrétiens mais également des arrestations, des perquisitions pendant les cultes et la perte d’emploi pour les convertis au christianisme.

Pour faire une demande d’enregistrement au Turkménistan, les organisations religieuses doivent obtenir les signatures d’au moins 50 membres résidents du pays âgés de plus de 18 ans.  Elles doivent également joindre à leur demande une déclaration demandant l’enregistrement signée par les fondateurs et les membres du conseil d’administration, et une taxe de 230 manats (environ 135 dollars américains).

Selon ce qu’une source locale a rapporté à World Watch Monitor, seules les églises évangéliques se sont vues refuser l’enregistrement.

Les organisations religieuses non enregistrées ne peuvent pas légalement mener des activités religieuses, établir des lieux de culte, ou produire et diffuser des documents religieux. Pour une telle activité, l’organisation devra faire face à des amendes allant de 100 à 1 000 manats (60 à 600 dollars), avec des amendes plus élevées pour les responsables religieux et des amendes plus faibles pour les membres. Même si l’organisation est enregistrée, des amendes peuvent être accordées pour la publication ou la diffusion de documents religieux sans l’approbation du gouvernement.

Le contrôle est très sévère puisque la loi de 2016 permet aux autorités d’assister à n’importe quel évènement religieux afin d’interroger ses dirigeants sur n’importe quel aspect de leurs activités.

L’intimidation des communautés religieuses par les agents de l’État prend de nombreuses formes. Les protestants évangéliques ont notamment font état d’intimidations de la part des enseignants et de la police dans les écoles, comme le rapporte Forum 18. Des responsables ont également amené des religieux musulmans à intimider les enfants non musulmans.

A cause de la pression des autorités, certains groupes religieux se rencontrent maintenant secrètement dans les cafés et les restaurants.

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.