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2 pasteurs soudanais expulsés de leurs maisons toujours dans la rue

Un juge islamiste au Soudan vient de confirmer l’avis d’expulsion de deux pasteurs dont la maison appartient à l’église. 60 chrétiens ont également été convoqués devant les tribunaux pour avoir refusé de renoncer à leurs propriétés, selon certaines sources locales.

Le 3 décembre dernier, le juge Adam Tahir Haj Adam a rejeté la demande du révérend Yahia Abdelrahim Nalu et du révérend Sidiq Abdalla de l’Église évangélique presbytérienne soudanaise (SPEC) qui avaient fait appel de la décision d’expulsion de leurs maisons le 15 août dernier.

« Tous les appels présentés ont été rejetés, et l’implantation de l’ordonnance du tribunal devrait se poursuivre » peut-on lire dans l’ordonnance du tribunal.

Les deux pasteurs et leurs familles restent donc sans abri depuis que la police a fait irruption dans leurs maisons le 15 août et les a expulsés. Le pasteur Abdalla a deux enfants, âgés de 8 et 10 ans, et le pasteur Nalu a un garçon d’un an. Les dirigeants du SPEC ont présenté un autre appel à la Haute Cour, et une décision devrait être rendue avant la fin de l’année.

Selon les chrétiens au Soudan, cette décision d’expulsion fait parti d’un plan plus large pour prendre possession des biens de l’Église. Plus de 60 dirigeants d’églises font en effet également face aux mêmes accusations devant divers tribunaux de Khartoum pour avoir refusé de remettre leurs terres et domaines à un homme d’affaire musulman nommé Hisham Hamad Al-Neel qui veut prendre le contrôle des biens des chrétiens.

Un groupe de 25 dirigeants de la SPEC a comparu devant un tribunal d’Omdurman, de l’autre côté du Nil depuis Khartoum, après qu’Al-Neel les ait accusés de refuser de remettre des biens d’église qu’il prétendait posséder.

Al-Neel tente de prendre le contrôle des propriétés de la SPEC à Khartoum et Khartoum Bahri (Khartoum Nord). Il est l’homme d’affaires musulman derrière presque toutes les affaires classées pour obtenir la propriété d’église, à déclaré à Morning Star News un témoin qui a demandé à garder l’anonymat. « Presque tous les cas ont été ouverts par Hisham. » a-t-il ajouté.

Le juge a rejeté la requête des deux pasteurs expulsés, bien que l’ordre d’expulsion du 15 août se réfère à une autre maison portant le  n ° 567, plutôt qu’à celle de l’un des pasteurs portant le n ° 772. Rien ne devait donc permettre d’ordonner l’expulsion des hommes de Dieu.

Les dirigeants du SPEC ont déclaré qu’ils croyaient que la décision pourrait entraîner la démolition imminente d’au moins l’une des maisons appartenant à l’église.

« Nous avons besoin des prières de tout le monde », a déclaré le pasteur Nalu.

Le harcèlement, les arrestations et la persécution des chrétiens se sont intensifiés depuis la sécession du Soudan du Sud en juillet 2011. Le ministre soudanais de l’orientation et des dotations a annoncé en avril 2013 qu’aucune nouvelle licence ne serait accordée pour la construction de nouvelles églises au Soudan.

Depuis 2012, le Soudan, prétextant que des églises appartenaient à des Soudanais du Sud, a expulsé des chrétiens étrangers et a rasé des églises. En plus de fouiller les librairies chrétiennes et d’arrêter les chrétiens, les autorités ont menacé de tuer des chrétiens du Sud-Soudan qui ne partent pas ou ne coopèrent pas.

Isabelle Goepp :Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.