Chrétiens persécutés

Au Népal, les chrétiens font des km pour enterrer leurs morts

Chrétiens persécutés
  • Mar 25
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Malgré la reconnaissance de la liberté de religion par la nouvelle Constitution du Népal introduite en 2015, les chrétiens sont confrontés à une lutte acharnée pour trouver des terres pour enterrer les leurs… ils sont obligés de faire des kilomètres, souvent à pied, pour atteindre avec le corps du défunt, le cimetière construit par les églises de Katmandou sur une montagne isolée.

L’Église au Népal est en forte croissance puisqu’elle a plus que doublé entre 2001 et 2011, passant de 180 000 fidèles à 375 000. Malgré ce développement, et bien que la nouvelle Constitution du Népal prévoit la liberté de conviction et de religion, dans la réalité, les choses sont différentes. C’est ce qu’à pu constater World Watch Monitor qui montre, sur un reportage vidéo, les difficultés rencontrées par les chrétiens lorsqu’ils veulent enterrer leurs défunts.

Car, sur le terrain, les habitants s’opposent à toute inhumation de chrétiens dans leur voisinage. Cette situation est tellement préoccupante que les églises de Katmandou et des environs ont dû se résoudre à acheter un terrain sur une montagne isolée pour construire un cimetière.

«Le plus grand défi est la route qui mène à ce cimetière», déclare Joshua Magrati, co-secrétaire du Cimetière récemment construit dans le district de Makwanpur, à environ 48 km de Katmandou, la capitale nationale.

Non seulement, il faut en effet parcourir les 48 kilomètres qui séparent la ville du cimetière chrétien, mais ce n’est pas tout. Les derniers kilomètres sont les plus éprouvants, car le cimetière se situe à 3 kilomètres de la route principale. Pour s’y rendre, seul un 4 x 4 peut être utilisé, et beaucoup de familles ne peuvent le payer. Aussi certaines familles doivent-elles grimper à pied sur une route escarpée et de fortune, en portant le corps pendant une heure et demi.

Pour construire ce cimetière, qui est loin d’être achevé, les églises ont déjà dépensé environ 2,5 millions de roupies népalaises (soit 24 000 dollars). Le choix de cet endroit isolé a été fait pour deux raisons, premièrement, du fait de son éloignement de toute habitation humaine, l’opposition est moins forte, et deuxièmement, plus la terre est éloignée de la ville, moins elle coûte cher.

«Il n’y a pas d’autre cimetière chrétien près de Katmandou», dit Ang Dawa Sherpa, secrétaire général du cimetière. “Il y en a un à Pokhara, et un à Chitawan. Ils sont loin d’ici.”

Il y avait bien des terres plus proches de la ville, mais à chaque fois, les villageois et les partis politiques se sont opposés à la mise en place d’un cimetière chrétien dans ces zones. Quelquefois, les chrétiens ont ainsi été contraints d’enterrer le mort sur leur terre privée, mais même là, les voisins viennent et exigent que le défunt soit enterré autre part.

“(Il y a quelques années), Shyam Népalais, un nouveau croyant qui vivait dans la région de Dolaghat, est mort deux mois après avoir accepté le Christ. Nous avons enterré son corps sur un terrain privé appartenant à un croyant. Mais après cela, tous les villageois sont venus s’y opposer », raconte Leela Bhakt Pradhan, aînée d’une église-maison dans la région de Dolaghat dans le district de Kabhrepalanchok, au centre du Népal à World Watch Monitor.

“Nous avons donc dû creuser sa tombe et marcher environ 5 kilomètres avec le corps pour l’enterrer à nouveau sur un autre terrain privé appartenant à un croyant.”

Il y a plus de 4 ans, le gouvernement népalais a promis d’allouer des terres pour les enterrements chrétiens. Les chrétiens attendent toujours.

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