Chrétiens d'Iran

La mort de l’ex-président Rafsandjani risque d’augmenter la persécution des chrétiens

Chrétiens d'Iran
  • Jan 26
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La mort de l’ancien président iranien Akbar Hashemi Rafsandjani survenue le 8 janvier dernier n’est pas une bonne nouvelle pour les chrétiens en Iran. La place et l’influence qu’il avait constituaient un obstacle aux partisans d’une ligne islamique conservatrice dure dans le pays et donnait la possibilité aux réformistes et aux modérés de s’exprimer.

Rafsandjani a toujours été considéré comme un “modéré” par l’occident, pourtant il n’en est rien, explique Mohabat News. Durant les premières années de la révolution iranienne, alors même que Rafsandjani soutenait Khomeini, les chrétiens ont terriblement souffert et des milliers ont fui le pays. Mais Rafsandjani est aussi un pragmatique qui a compris que l’Iran avait besoin de certaines relations avec l’Occident, aussi tente-t-il de donner l’impression d’une plus grande tolérante envers les chrétiens.

C’est alors qu’il est engagé dans une lutte de pouvoir politique avec l’Ayatollah Khamenei (qui a succédé à Khomeini en temps que chef religieux suprême) que Rafsandjani soutient des factions opposées à Khamenei, y compris certains réformistes, agissant ainsi comme un frein à certains des islamistes les plus extrêmes dans l’establishment politique et clérical iranien.

Aussi, lorsqu’il est élu président en 1989 (il le sera jusqu’en 1997) Rafsandjani mène une politique économique et de modernisation de l’état iranien qui sera un échec. Mohammad Khatami, un religieux modéré, lui succède en 1997. Ce nouveau président est face à un double défi : tenir compte des exigences d’une société qui veut des réformes et à la fois tempérer un clergé très conservateur qui souhaite garder la mainmise sur le pouvoir.

Cette époque signe une ère de plus grande liberté personnelle et de rayonnement vers l’occident qui va se solder par un échec retentissant en raison de la ligne dure du pouvoir. Le système judiciaire va en effet ordonner à tous les médias iraniens de ne pas montrer M. Khatami ni même de le citer sur son site Web.

Le seul modéré à pouvoir parler plus librement que les autres durant cette période est M. Rafsandjani, en raison de ses pouvoirs révolutionnaires. Il est aussi, et de fait, l’un des seuls à pouvoir freiner les idées et agissement de la ligne islamique dure du pouvoir. Les réformistes et les modérés le sollicitent ainsi régulièrement pour avoir plus de libertés personnelles et avoir de meilleures relations avec les États-Unis.

Il dit les choses que d’autres n’osent pas dire, et sa voie crée une certaine tolérance dans les débats, affirme Mohabat News. Sa mort résonne donc comme une mauvaise nouvelle pour les partisans d’une ligne modérée et réformatrice dans le pays et aussi pour les chrétiens.

Maintenant que Rafsandjani est mort, la persécution est susceptible d’augmenter pour les disciples de Jésus-Christ, car il n y a plus de freins contre la ligne islamique dure en Iran. Déjà confrontés, par le passé, à la répression, la vie des chrétiens iraniens n’a jamais été facile : rien qu’en 2016, au moins 79 d’entre eux ont été arrêtés et accusés d’apostasie contre l’islam, une situation qui pourrait aller en empirant.

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