Société

La Fraternité en “actions” : Le cas des Petits Frères des pauvres

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  • Déc 13
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La fraternité, une des composantes de la devise de la France (Liberté – Égalité – Fraternité), est un grand principe que d’aucuns ont du mal à concevoir et à “mettre en actes”.
Au fait, c’est quoi la fraternité ? Et comment peut elle donner sens à une vie ?

La fraternité (du latin fraternitas : relations entre frères, entre peuples, lui-même dérivant de frater, frère)est le lien fraternel et naturel, ainsi que le sentiment de solidarité et d’amitié, qui unissent ou devraient unir les membres de la même famille que représente l’espèce humaine. Elle implique la tolérance et le respect mutuel des différences, contribuant ainsi à la paix.
Mise à mal ces derniers mois par les attentats, les tentations de repli sur soi et les flux des migrants, il est bon de rappeler que certaines grandes œuvres du secteur médico-sociales en France existent parce que de grans hommes ont su, face aux problématiques sociales rencontrées, incarner cette notion de fraternité.

C’est le cas de l’Association des Petits Frères des pauvres, créée par Armand Marquiset.
En 1939, après un long cheminement intellectuel et spirituel, Armand Marquiset, qui s’interroge sur le sens de sa vie, renonce à sa carrière musicale et décide de consacrer sa vie aux plus pauvres. Ce projet se concrétisa en 1946 par la création de l’association des Petits frères des pauvres.
C’est alors qu’il réunit des bénévoles autour de lui et organise des manifestations pour récolter des fonds afin de lutter contre l’isolement des personnes âgées, la pauvreté, les maladies graves et l’exclusion.

Au fil des années, bénévoles et salariés de l’association des Petits frères des pauvres offrent un accompagnement dans la durée, pour permettre aux personnes de se reconstruire, de tisser des réseaux relationnels et de sortir de leur isolement, tout en leur apportant l’aide matérielle dont elles ont besoin.

Depuis l’élan donné par Armand Marquiset en 1946, l’action des petits frères des Pauvres s’inspire, partout où elle est vécue, de valeurs fondamentales : la valeur unique et irremplaçable de chaque personne humaine, la dignité de tout homme et de toute femme, quels que soient leur origine, leur situation et leur état physique, psychique ou social, la liberté fondamentale de chacun, la fraternité et la fidélité.

L’association des Petits Frères des pauvres permet à des hommes et des femmes – bénévoles, salariés, donateurs – de partager ces valeurs et de les vivre. Ils interviennent aujourd’hui en priorité auprès des personnes âgées de plus de cinquante ans,souffrant d’isolement, de pauvreté matérielle, de précarités multiples, en leur proposant des hébergement temporaires en établissement pour personnes âgées, des sorties et promenades, des simples visites à domicile (Présence amicale) ou des moments conviviaux à Noël.

Nous voyons, à travers cet exemple, que l’action sociale consiste à répondre aux problèmes sociaux de ce monde. Cette action, souvent inspirée par un homme, se réalise dans un cadre juridique, qui est le plus souvent l’association loi 1901, pouvant évoluer en Fondation. C’est le schéma classique des grandes œuvres sociales : un homme (père fondateur), habité par des valeurs de fraternité, crée une association pour faire face aux problèmes constatés. Cette action évolue historiquement de la charité à la professionnalisation.

En 2003, l’association des Petits frères des pauvres est devenue une Fondation abritante, et a adopté en 2010 son projet associatif, intitulé “Avec les plus pauvres, vivre la fraternité”.

Actuellement, la prise en compte des droits des bénéficiaires ou usagers de l’action sociale en France, oblige toute association gestionnaire à mettre en place une organisation et un fonctionnement conforme aux grands textes législatifs, régissant le secteur médico-social, notamment :
– La Charte nationale des droits et libertés de la personne accueillie ;
– Le Code de l’Action sociale et des Familles, article 312-1(7 du I) ;
– La Loi du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale ;
– La Loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.

Certes, nous ne pouvons pas tous être des initiateurs des grandes œuvres, mais nous pouvons néanmoins y contribuer collectivement en tant que bénévoles, salariés ou donateurs.

Isoy MADIAMA
Directeur d’établissement médico-social

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