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Indonésie : 50 000 manifestants rassemblés contre le gouverneur chrétien de Jakarta

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  • Nov 04
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En Indonésie, une foule de près de 50 000 personnes a défilé après la prière à la mosquée contre le gouverneur de Jakarta, Basuki Tjahaja Purnama, un chrétien d’origine chinoise. Accusé de blasphème pour des propos qu’il a tenu fin septembre, et face à l’ampleur de la controverse alimentée par les fondamentalistes musulmans, le gouverneur s’était excusé publiquement. La polémique pourtant se poursuit…

Si le gouverneur chrétien de Jakarta, Basuki Tjahaja Purnama surnommé affectueusement Ahok bénéficie d’une certaine popularité dans l’opinion (il est apprécié pour son efficacité dans la gestion de la capitale), il a également de nombreux détracteurs. Son origine religieuse (il fait partie de la minorité chrétienne dans un pays à large majorité musulmane), et son franc parlé lui valent bien des oppositions.

Dès 2014, en effet, des groupes d’islamistes radicaux tentent d’empêcher sa nomination comme gouverneur à cause de son origine religieuse. Une année plus tard, c’est plutôt son franc parlé qui va entraîner la levée des hostilités à son encontre. En septembre 2016, en effet, il remet en cause l’interprétation par certains théologiens musulmans d’un verset du coran. Selon ce verset, un musulman ne doit élire qu’un dirigeant musulman, ce que le gouverneur de Jakarta a jugé erroné.

Sa réaction va provoquer en Indonésie, le pays musulman le plus peuplé au monde, la colère des musulmans les plus radicaux et notamment du FPI (Front des défenseurs de l’islam), un groupe islamiste radical qui compte de nombreux sympathisants dans le pays. L’accusant de blasphème et d’insultes contre l’islam, ce groupe appelle les musulmans à venir à manifester pacifiquement contre celui qui aurait insulté l’islam au courant du mois de novembre.

Ils sont nombreux à avoir répondu à cette convocation, puisque ce 4 novembre, ce sont environ 50 000 personnes qui ont défilé, après la prière du vendredi, dans la capitale selon la police. Si la plupart d’entre eux se sont dispersés avant la fin de la manifestation autorisée jusqu’à 18 heures, quelques milliers de radicaux ont refusé de quitter les lieux après la tombée de la nuit et s’en sont pris à la police. De violents affrontements ont alors éclaté entre la police anti-émeute et les islamistes. C’est à grand renfort de gaz lacrymogènes et de canons à eaux que la polices à finalement réussi à disperser les derniers manifestants récalcitrants.

Non sans conséquence ! Deux véhicules de police ont en effet été incendiés, et des scènes de chaos se sont déroulées près du palais présidentiel.

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