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“Jungle” de Calais : 40 leaders religieux s’engagent pour les enfants

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  • Mar 05
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Près de 40 leaders du monde religieux et certaines célébrités ont signé ensemble une déclaration exhortant les gouvernements britanniques et Français à trouver rapidement une solution pour les 600 enfants (dont 423 sont non accompagnés) qui vivaient dans la “jungle” de Calais.

Rien n y a fait. Les nombreux recours des associations travaillant au côté des réfugiés n’ont pas été pris en compte et le démantèlement de la partie Sud de la jungle de Calais, un “camp de réfugiés” sous forme de bidonville où vivaient près de 1000 selon la préfecture (3450 selon les associations) a bel et bien commencé. Des milliers de migrants vont donc être contraints à être “relogé” dans des “abris” provisoires mis en place par le gouvernement, comme des containers où il ne sera possible que de dormir et non d’avoir du mobilier pour vivre décemment. Une situation jugée inacceptable par les associations qui les défendent.

Chronologie de la “jungle” de Calais

Après le démantèlement du Centre de Sangatte en 2002, un centre de la Croix-Rouge qui accueillait 700 à 800 migrants (principalement Afghans), les réfugiés se regroupent au Nord-Est de Calais près des axes routiers où passent les camions en attente d’embarquer sur les Ferries qui traversent la Manche pour l’Angleterre.

Ce lieu, rapidement nommé “Jungle”, est démantelé une première fois en septembre 2009. En avril 2015, pourtant, un nouveau camp est construit près du centre d’accueil de jour Jules Ferry. Le camp, qui accueille principalement des personnes venues d’Afghanistan, du Darfour, de Syrie, d’Irak et d’Érythrée s’organise peu et peu : on y trouve, outre des lieux de vie, différents “commerces”, des lieux de culte musulmans et chrétiens et même des écoles.

Les conditions de vie et d’hygiène, mais aussi de sécurité y sont cependant déplorables. Face à l’insécurité et la violence dans le camp, et pour protéger les riverains hors du camp, un dispositif policier spécifique est mis en place en novembre 2015. Au niveau des conditions d’hygiène et de vie, le même mois, le Conseil d’État contraint l’État à procéder à des aménagements sanitaires au terme d’une procédure juridique entreprise par les ONG.

Par arrêté préfectoral du 19 janvier 2016, un bâtiment qui abritait une mosquée et un autre qui accueillait une église évangélique, des commerces, situés dans une zone devant être déboisée pour empêcher les migrants d’aller à l’assaut des camions à destination de l’Angleterre, sont rasés. Une action qui a provoqué la colère des associations de défense des réfugiés car la promesse avait été faite de ne pas toucher aux édifices religieux. Un acte jugé d’autant plus indigne que si la mosquée était abandonnée (mais 6 autres existent dans le camp dont 80 % de migrants sont musulmans), dans le bâtiment “d’église”, un culte avait encore eu lieu le jour précédent la démolition.

Le 19 février, la préfecture ordonne l’évacuation des migrants de la zone sud de la “jungle” de Calais, un endroit où était présent de nombreux lieux de vie pour les réfugiés. L’ultimatum est repoussé mais le 29 février 2016, le démantèlement est finalement ordonné, contraignant près de 1000 réfugiés (3450 pour les ONG) à être évacué. Cette démolition a été condamnée par les militants de différentes associations et des heurts se sont produits pour empêcher cette action.

 Déclaration pour les enfants de la “jungle” de Calais

Par ailleurs, des personnalités comme Jude Law, Benedict Cumberbatch, mais aussi Juliet Stevenson, Michael Morpurgo, Sophie Hunter ainsi qu’une délégation de 40 leaders chrétiens, musulmans et juifs ont signé une déclaration pour exhorter les gouvernements britannique et français à agir urgemment pour aider les enfants non accompagnés qui vivaient dans le camp :

“Nous appelons les autorités britanniques et françaises à prendre immédiatement des dispositions pour permettre le passage en toute sécurité de tous les mineurs non accompagnés et des enfants réfugiés identifiés par les citoyens du Royaume-Uni ayant des connexions familiales vérifiées en Grande-Bretagne.” ont-ils déclaré.

Selon les signataires de ce document, en effet, sur les 600 enfants concernés par le démantèlement, 423 sont non accompagnés, dont au moins 150 de ces mineurs auraient de la famille au Royaume-Uni, et pourraient obtenir l’asile en Grande-Bretagne, ce qui les a également poussé à ajouter :

“Ces enfants ont complètement le droit au niveau légal de se réunir avec leurs proches. Il est inacceptable qu’ils soient laissés en danger et dans la détresse pour des commodités administratives. Les système habituels mis en place pour réunir ces familles doivent soit être mis de côté et cette situation travaillée comme une question d’extrême urgence. “

Les signataires ne se sont pas contentés de signer la déclaration, ils se sont aussi engagés chacun personnellement à soutenir un enfant non accompagné de la jungle de Calais afin qu’il reçoive une aide humanitaire complète.

Dans le cadre d’une initiative lancée par un certain nombre d’organisations, comme “les citoyens du Royaume-Uni”, “aider les réfugiés” ou encore “Bonne Chance Calais”, les déclarants vont écrire, au nom des enfants,  des lettres au Premier ministre britannique David Cameron et au président français François Hollande, leur rendre visite si possible et leur donner de l’argent pour financer les frais de justice.

Nick Coke, officier de l’Armée du Salut, a aussi tenu à s’exprimer sur le sujet :

«Avec les expulsions et les maisons de ces mineurs en cours de démolition, nous devons agir de toute urgence pour assurer que ces enfants ne soient pas perdus, dispersés à travers la France du Nord et à l’écart de la protection humanitaire, du soutien juridique dont ils ont besoin et de la possibilité de se réunir avec leurs proches. “

Selon deux militants de “Bonne Chance Calais”, Joe Murphy et Joe Roberson, il faut impérativement travailler activement pour utiliser les voies légales de réunification le plus tôt possible.

L’initiative de programme de parrainage d’enfants fait suite à une déclaration de François Hollande dans laquelle il a affirmé que tous les enfants de Calais qui avaient des parents en Grande-Bretagne “devraient aller au Royaume-Uni rapidement et efficacement”.

Georges Gabriel, de Citizens UK, a exprimé sa satisfaction de voir les deux responsables de gouvernement de part et d’autre de la Manche réaliser l’urgence de la situation et prendre conscience que  “ces enfants désespérés ne peuvent pas être laissés dans le chaos de Calais et devraient être plutôt réunis avec leurs proches”.

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