Société

Tout savoir sur les attentats du 13 novembre 2015

Société
  • Nov 18
  • 1

Après les attentats terroristes qui ont fait au moins 129 morts et 415 blessés morts vendredi soir à Paris, retrouvez toutes les informations sur le déroulement des attaques, les noms des terroristes et de leurs victimes, les résultats de l’enquête et l’opération du RAID à Saint-Denis.

Attaques-terroristes-à-Paris-le-13-novembre-2015Une série de fusillades et d’attaques-suicide se sont produites vendredi 13 novembre 2015 dans les dixième et onzième arrondissements de Paris (restaurant “Le Petit Cambodge”, bar “Le Carillon”, rue Bichat, le Bataclan, boulevard Voltaire, rue de Charonne, rue Faidherbe), faisant au moins 129 morts et 415 blessés, dont 96 en « situation d’urgence absolue ».

Ces attentats revendiqués par l’organisation terroriste “Etat islamique” ont été causés par “trois équipes de terroristes” qui se sont “coordonnées”, a annoncé le procureur de La République de Paris, François Molins, samedi soir lors d’une conférence de presse.

Le parquet a ouvert une enquête, confiée à la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) et à la direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ), pour assassinats en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste sur ces attaques.

L’état d’urgence a été décrété sur l’ensemble du territoire métropolitain et les contrôles aux frontières ont été rétablis. Le plan Rouge Alpha, prévu pour les attaques multiples simultanées, a été déclenché.

Lutte antiterroristes, politique extérieure et crise migratoire

La France a déployé plusieurs dispositifs antiterroristes depuis la vague d’attaques terroristes islamistes qui se sont déroulées entre les 7 et 9 janvier 2015 en France, qui visaient la rédaction du journal Charlie Hebdo, des policiers et des clients d’une supérette cacher, et au cours desquelles dix-sept personnes ont été tuées et leurs trois assassins abattus par les forces de l’ordre.

Depuis le 8 janvier 2015, le plan Vigipirate, qui se situe dans le champ de la vigilance, de la prévention et de la protection, a été placé au niveau « alerte attentat » en Île-de-France, sur décision du Premier ministre Manuel Valls. Quatre jours plus tard, François Hollande, président de la République et chef des armées, a déployé à l’échelle nationale l’opération Sentinelle pour faire face à la menace terroriste et protéger les points sensibles du territoire, opération toujours en cours.

À la suite des attentats de janvier 2015, la loi du 24 juillet 2015 relative au renseignement est examinée par le Parlement à partir du 19 mars 2015 et promulguée le 24 juillet 2015, élargissant l’arsenal de mesures antiterroristes dont dispose la France. Ce texte prévoit notamment la mise en place de plusieurs mesures telles que l’installation chez les opérateurs de télécommunications de dispositifs, surnommés « boîtes noires », visant à détecter les comportements suspects à partir des données de connexion ; mais aussi des dispositions sur l’utilisation de mécanismes d’écoute, de logiciels espions, ou encore IMSI-catchers (International Mobile Subscriber Identity), un matériel d’espionnage téléphonique pour les personnes suspectées d’activités illégales.

Dans le contexte de la lutte contre le terrorisme, la politique étrangère française a évolué. La France est intervenue militairement en Libye et a contribué au processus de changement de régime en Tunisie. L’État français a armé divers groupes d’opposition de l’Armée syrienne libre. En septembre 2015, la France a décidé d’étendre l’opération Chammal à la Syrie, afin de bombarder les positions et les forces l’État islamique sans aider la République arabe syrienne. L’intervention consiste en un survol du territoire syrien à partir du 20 septembre 2015, suivi de bombardements aériens de cibles de Daesh à partir du 27 septembre.

L’Etat islamique envoie ses combattants comme réfugiés dans l’Union européenne, en profitant de la crise migratoire d’ampleur sans précédent qui perdure depuis la chute de Mouammar Kadhafi, lequel contrôlait l’accès à la mer Méditerranée, et le début de l’opération Mare Nostrum qui récupère les immigrés qui tentent la voie maritime pour rejoindre l’Europe. Depuis l’été 2015, des centaines de milliers d’extra-européens, dont un flux très important de Syriens issus des camps de réfugiés turcs, arrivent dans l’Espace Schengen, pénétrant, pays par pays vers l’Europe de l’ouest, en particulier l’Allemagne et la Grèce, afin d’y demander l’asile politique.

A la question de savoir si l’État islamique pourrait profiter de l’opportunité pour envoyer ses combattants dans la zone Schengen, le ministre de l’Intérieur français Bernard Cazeneuve a donné la réponse suivante au Grand Rendez-vous d’Europe 1 le 13 septembre 2015 : « Je ne peux pas exclure que des terroristes profitent de ces flux de réfugiés pour venir en Europe. Ce n’est pas le cas pour l’instant.”

Trois commandos de kamikazes coordonnés

Il apparaît à la lumière des résultats de l’enquête en cours que trois commandos de terroristes, équipés de fusils d’assaut de type Kalachnikov, ainsi que de dispositifs explosifs identiques, ont coordonné leur action pour frapper la France.

La première équipe, composée de trois kamikazes qui armés de ceintures explosives, qui se sont fait exploser à proximité du Stade de France. La première explosion a retenti à 21h20 rue Rimet, près de la porte D du stade, à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Une victime est tuée par le souffle de l’explosion. Les deux autres détonations interviennent à 21h30, porte H, et 21h53, à 400 mètres du stade.

La deuxième équipe est celle de la salle de concert du Bataclan, où elle est entrée vers 21h40. Parmi eux, un Français de 29 ans, originaire de l’Essonne, Omar Ismaïl Mostefaï. Trois assaillants y sont morts après l’assaut des forces de l’ordre.

La deuxième équipe, qui circulait à bord d’une Seat Leon noire, a sévi dans les rues de Paris, frappant en quelques minutes dans trois terrasses de café et restaurants dans un périmètre resserré. La première fusillade survient à 21h25, à l’angle de la rue Bichat et de la rue Alibert, dans le dixième arrondissement de Paris, faisant au moins quinze morts. A 21h32, la fusillade se poursuit rue de la Fontaine-au-Roi, puis quatre minutes plus tard, rue de Charonne, dans le onzième arrondissement, faisant au moins 19 morts. Enfin, à 21h43, un kamikaze se fait exploser boulevard Voltaire, non loin de la place de la Nation.

La troisième équipe, le commando qui a frappé le Bataclan à 21h50, est à l’origine de l’attaque la plus meurtrière qui coûtera la vie à au moins 89 personnes. Après avoir fait irruption dans la salle de concert du XIe arrondissement de Paris et tiré en rafales sur la foule, trois terroristes prennent en otages les spectateurs : “le public a été regroupé devant la fosse, devant l’orchestre, ce qui explique que ce soit là que l’on trouve le plus de victimes”, a précisé François Molins. Par ailleurs, selon les informations d’Europe 1, un couple de spectateurs, qui assistait au concert et a été auditionné de longues heures par les enquêteurs, aurait vu une femme, non armée, parmi le commando terroriste.

Le 14 novembre 2015, dans un communiqué en français, l’État islamique a revendiqué ces attentats, précisant avoir « pris pour cible la capitale des abominations et de la perversion, celle qui porte la bannière de la croix en Europe, Paris ». La voix du djihadiste français Fabien Clain a « très probablement » été identifiée comme celle qui a revendiqué les attentats dans une vidéo au nom de Daesh. Possible commanditaire de l’attentat raté attribué à Sid Ahmed Ghlam contre une église de Villejuif en avril 2015, ce Toulousain d’origine réunionnaise dit Omar apparaît dès 2001 avec son frère cadet Jean-Michel dans les rapports de surveillance des renseignements généraux de Toulouse. En contact avec Mohammed Merah, il est appréhendé alors qu’il monte une filière vers l’Irak et il écope, en 2009, d’une peine de cinq ans de prison201.

Enquête en France et en Belgique

Le procureur de la République de Paris François Molins est chargé de l’enquête visant à révéler les identités des terroristes, ainsi que leurs parcours et leurs complices éventuels. Une instruction judiciaire a également été ouverte en Belgique.

Afin de faire avancer les investigations, un appel à témoins a été lancé119 et un numéro vert mis à diposition. Les enquêteurs visionnent les images de vidéosurveillance et recueillent les différents témoignages. Plusieurs services de police judiciaire ont été mobilisés dans les quelques heures ayant suivis les faits meurtriers, avec près de 2 000 agents déployés sur le terrain. En quête de tout indice permettant de révéler les identités des commandos terroristes, la police scientifique prélève l’ADN trouvé sur les lieux des attentats. Dans le cadre de la coopération internationale, des experts du FBI sont envoyés pour renforcer les équipes d’enquêteurs français et les aider dans leurs investigations.

Les enquêteurs arrivent à la conclusion que les attaques meurtrières ont été préparées depuis l’étranger et se sont vite tournés vers la Belgique considérée comme base arrière des kamikazes terroristes137. Le 16 novembre, une série de perquisitions est lancée en Belgique, à Molenbeek-Saint-Jean, pour rechercher notamment Abdeslam Salah, qui avait loué la Polo noire transportant les terroristes du Bataclan138. Le même jour, deux suspects sont inculpés pour terrorisme, dont le propriétaire de la voiture ayant ramené Abdeslam Salah.

Il apparaît à cette occasion que certains terroristes islamistes domiciliés en Belgique inconnus des services français l’étaient en revanche des services belges, sans que l’information ait été transmise140,141. L’attitude des services de renseignement belges provoque une polémique dans ce pays, une enquête a été ouverte à ce sujet par une commission parlementaire et gouvernementale.

Les noms des terroristes

Le djihadiste belge d’origine marocaine de 28 ans, Abdelhamid Abaaoud, dit Abou Omar Al-Baljiki, est soupçonné d’être le commanditaire des attentats de Paris. Proche de Salah Abdeslam, actuellement en fuite, et de Mehdi Nemmouche, tueur du musée juif de Bruxelles, il serait aussi impliqué dans d’autres attentats dont l’attentat contre Charlie Hebdo et l’attaque du train Thalys. Il est visé par l’opération policière du 18 novembre 2015.

Ismaël Omar Mostefaï, né le 21 novembre 1985 à Courcouronnes (Essonne) et habitant à Chartres (Eure-et-Loir), est le premier terroriste présumé identifié grâce à un relevé d’empreinte sur un doigt d’une des personnes qui s’est fait exploser au Bataclan après avoir commis de nombreux meurtres lors des fusillades. Ce Français né d’un père algérien et d’une mère portugaise convertie à l’islam, déjà condamné à huit reprises entre 2004 et 2010 sans toutefois avoir été incarcéré, a fait l’objet d’une fiche « S » depuis 2010 en raison de sa radicalisation survenue dans le cadre de la mosquée de Lucé175. Sa fiche « S » a été renouvelée en octobre 2015. Il aurait également été identifié comme s’étant rendu fin 2013 en Turquie, voie d’entrée privilégiée en Syrie où il aurait séjourné durant quelques mois. Son père et son frère ont été mis en garde à vue le 14 novembre dans le cadre de l’enquête en cours177. Selon un responsable gouvernemental turc, la Turquie a signalé Ismaël Omar Mostefaï à deux reprises, en décembre 2014 et juin 2015, aux autorités françaises sans recevoir aucune réponse en retour. Le contre-espionnage algérien avait aussi prévenu la DGSE en octobre 2015 des agissements suspects d’Omar Ismaïl Mostefaï.

Samy Amimour, 28 ans, né le 15 octobre 1987 à Paris et originaire de Drancy (Seine-Saint-Denis). En 2006, il se met à fréquenter une mosquée du Blanc-Mesnil où il commence à avoir de « mauvaises fréquentations », avant de changer d’apparence et de tenir des discours radicaux à partir de 2011. En 2012, il démissionne de son emploi en CDI de chauffeur de bus à la RATP. Mis en examen le 19 octobre 2012 pour association de malfaiteurs terroristes, il est placé sous contrôle judiciaire181. Empêché de quitter la France pour le Yémen, il viole son contrôle judiciaire182 en parvenant à rejoindre la Syrie183 le 11 septembre 2013184, et fait alors l’objet d’un mandat d’arrêt international, qui ne l’empêchera cependant pas de retourner en France.

Un troisième terroriste qui a participé aux exactions du Bataclan et qui s’est donné la mort n’a pour l’instant pas été identifié.

Brahim Abdeslam, Français né le 30 juillet 1984 vivant à Molenbeek en Belgique où il tenait un bar qui avait fait l’objet le 4 novembre d’une fermeture administrative pour trafic de stupéfiant. Il se fait exploser seul Boulevard Voltaire à 21 h 43 devant le restaurant Comptoir Voltaire, blessant grièvement une personne. Il apparaît, ainsi que son frère, Salah Abdeslam, sur les contrats de location des deux véhicules Seat et Volkswagen immatriculés en Belgique et utilisés lors des attaques188. Brahim Abdeslam venait de louer un appartement à Bobigny du 10 au 17 novembre.

Salah Abdeslam, frère du précédent, né le 15 septembre 1989 à Bruxelles en Belgique et de nationalité française, en fuite, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international ainsi que d’un appel à témoins lancé sur Twitter et est activement recherché par la police française190 qui appelle également à ne pas intervenir soi-même, l’individu pouvant être dangereux, et à la contacter et donner l’alerte par téléphone191. Il est arrêté en février 2015 aux Pays-Bas lors d’un contrôle routier pour possession de cannabis192. Il serait le loueur de la Polo noire qui a permis de déposer les terroristes devant le Bataclan. Il aurait loué deux chambres d’hôtel à Alfortville et y serait arrivé avec ses complices deux jours avant les attentats193. Des contrôles policiers routiers ont permis de constater que Salah Abdeslam est retourné en Belgique dans une Golf durant la matinée du 14 novembre 2015 en compagnie d’autres personnes, dont deux (Hamza Attou et Mohamed Amri194) ont été interpellées par la suite en Belgique. Salah Abdeslam est considéré comme le « huitième » terroriste évoqué dans la revendication de l’État islamique.

Un troisième homme semble avoir été présent dans la Seat noire qui a circulé entre les différents lieux des fusillades. Son identité est pour l’instant inconnue195.

Les noms des victimes des attentats de Paris

Les victimes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, en France.
Les victimes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, en France.

– Jean-Jacques Amiot, 68 ans, était au Bataclan lorsqu’il s’est fait abattre. Fan de rock, familier des salles de concert, ce Parisien père de deux filles et deux fois grand-père était à la tête d’une entreprise de sérigraphie et travaillait régulièrement pour les artistes, les musiciens, ou les dessinateurs.

– Thomas Ayad, 32 ans, originaire d’Amiens, a été tué au Bataclan. Ce passionné de hockey sur gazon était producteur pour la maison de disques Mercury Music Group (Universal).

– Halima Ben Khalifa Saadi, 34 ans. Cette jeune femme originaire de Menzel Bourguiba (Tunisie), près de Bizerte, vivait au Sénégal. Elle était à Paris pour fêter un anniversaire.

– Hodda Ben Khalifa Saadi, 35 ans, sa grande soeur, vivait à Paris alors que sa famille est installée au Creusot (Saône-et-Loire). Elle était avec sa soeur à sa fête d’anniversaire.

– Chloé Boissinot, 25 ans, originaire de Château-Larcher dans la Vienne selon La Nouvelle République. Elle et son petit ami Nicolas, blessé, étaient en train de dîner au restaurant Le Petit Cambodge lorsque les assaillants ont ouvert le feu.

– Emmanuel Bonnet, né en 1967, habitant de la Chapelle-en-Serval (Oise). Ce père de famille était vendredi au Bataclan avec l’un de ses enfants. « Le fils a réussi à quitter la salle, il ne trouvait pas son père mais était persuadé qu’il s’était lui aussi échappé », raconte le maire de la commune Daniel Dray au Courrier Picard. Employé de la RATP, il avait partagé la veille du concert sur sa page Facebook un lien du groupe « Les athées en action » citant Jacques Prévert avec une photo du poète: « La théologie c’est simple comme dieu et dieu font trois ».

– Guillaume Barreau-Decherf, 43 ans, père de deux filles, avait le rock dans la peau. Journaliste indépendant, il couvrait notamment la musique rock pour le magazine culturel Les Inrockuptibles. Il avait récemment écrit au sujet du nouvel album du groupe Eagles of Death Metal, qui se produisait au Bataclan le soir du massacre.

– Stéphane Albertini était le chef de salle du restaurant Chez Livio à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Il a été tué au Bataclan aux côtés de son cousin Pierri Innocenti, gérant du restaurant. « Stéphane était drôle et subtil, toujours souriant, toujours partant. Il faisait rire tout le monde. Il était très apprécié, c’était quelqu’un d’incontournable », dit de lui une proche citée par Libération.

– Nick Alexander, 36 ans, un Anglais de Colchester, vendait des produits à l’effigie du groupe Eagles of Death Metal lorsqu’il a été tué au Bataclan. « Nick est mort en faisant le travail qu’il aimait et nous sommes réconfortés de voir à quel point il était aimé par ses amis à travers le monde », a écrit sa famille dans un communiqué.

– Anne Cornet, 29 ans. Originaire de Houdlémont (Meurthe-et-Moselle), la jeune femme a été tuée au Bataclan avec son mari Pierre-Yves Guyomard, avec lequel elle résidait à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), selon Le Républicain Lorrain.

– Precilia Correia, 35 ans. Portugaise, elle était employée par la maison de disques Mercury Music. Elle est morte au Bataclan.

– Marie-Aimée Dalloz, 34 ans, est morte au Bataclan. Cette Parisienne travaillait dans un établissement bancaire.

– Lucie Dietrich, 37 ans, est tombée lors de la fusillade survenue rue de la Fontaine-au-Roi. Graphiste, la jeune femme travaillait pour le magazine L’Etudiant. La direction du titre, qui fait partie du groupe l’Express, se souvient d’une femme « généreuse, joyeuse et d’une grande créativité dans son travail ». La jeune femme habitait à proximité du drame, a écrit sur Instagram Emmanuel Dietrich, son grand frère. En mémoire de sa soeur cadette, il a créé une montre, reproduite 13 fois, pour chacun des membres de sa famille.

– Elif Dogan, de nationalité belge. Installée depuis quatre mois dans la rue du Bataclan, elle est décédée au Bataclan sous les balles des terroristes, comme son compagnon Milko Jozic.

– Fabrice Dubois, 46 ans, concepteur rédacteur chez Publicis conseil, se trouvait au milieu de la fosse du Bataclan lorsque les terroristes ont fait irruption. Il était venu au concert avec quelques amis. Marié, père de deux enfants de 11 et 13 ans, il était surnommé le « gentil géant » en raison de sa haute taille de 2m.

– Romain Feuillade, 31 ans, était sur la terrasse de La Belle Equipe lorsqu’il est tombé sous les balles des assaillants. Le jeune homme, marié, était originaire de Gilly-sur-Isère (Savoie) et s’était installé à Paris pour devenir comédien. Il tenait un restaurant dans le XIe arrondissement, Les Cent kilos, avec un associé. « C’était un garçon d’une profonde gentillesse, doté d’un puissant sens de l’humour. Souriant, généreux, humble, bienveillant. Un exemple d’homme, le meilleur. Un ami dévoué », a témoigné l’un de ses amis dans Libération.

– Grégory Fosse, 28 ans, habitant de Gambais (Yvelines). Grégory était programmateur musical pour la chaîne D17. Un hommage lui sera rendu lundi, à l’initiative du conseil municipal de la commune de Gambais.

– Christophe Foultier, 39 ans, est mort au Bataclan. Ce directeur artistique, père de deux enfants, passionné de rock, est décrit comme « simple, honnête et sincère » par ses amis sur Facebook.

– Julien Galisson, 32 ans, était au concert au Bataclan vendredi soir. Sa mort dans l’attentat a été confirmée. Il a grandi à Orvault, et habitait Nantes. Passionné de musique et de voyages, ils’était rendu au concert avec une amie qu’il a protégée de son corps.

– Suzon Garrigues, 21 ans, tuée au Bataclan, était étudiante en troisième année de licence de lettres modernes appliquées à l’Université Paris-Sorbonne. « Elle laisse à ses camarades le souvenir de la plus généreuse, la plus altruiste, la plus drôle des amies, et aussi d’une inconditionnelle et fidèle admiratrice de Zola », a dit d’elle le président de l’université, Barthélémy Jobert.

– Mayeul Gaubert, 30 ans, juriste. Originaire de Saône-et-Loire, il travaillait depuis cinq ans pour l’organisme de formation continue Cegos, où il était décrit comme « drôle, discret, efficace, très professionnel ». Il est mort des suites de ses blessures au Bataclan. Sa page Facebook affichait en portrait « Je suis Charlie ».

– Véronique Geoffroy de Bourgies, 54 ans, ancienne collaboratrice du Figaro Madame, mère de deux enfants adoptés à Madagascar. Elle se trouvait en compagnie de plusieurs amis à la terrasse du restaurant La Belle Equipe au moment des attaques. Mariée au photographe Stéphane de Bourgies, qui a annoncé son décès sur Facebook, elle avait abandonné sa carrière de journaliste il y a un an pour se consacrer à une association humanitaire qu’elle avait créée en 2004.

– Michelli Gil Jaimez, 27 ans, était originaire de l’Etat de Veracruz, au Mexique. Elle a été tuée au restaurant La Belle équipe.

– Juan Alberto González Garrido, ingénieur espagnol de 29 ans, travaillait pour EDF. Originaire de Grenade, en Andalousie, il vivait à Paris avec son épouse Angelina Reina, 33 ans. Présente à ses côtés au Bataclan vendredi soir, cette dernière a vu son époux tomber au sol avant de perdre sa trace, selon le quotidien El Pais.

– Romain Dunet, 25 ans, un grand fan de musique, de ukulele et de chant, est mort au Bataclan. Enseignant d’anglais dans un ensemble scolaire parisien, il était également membre d’un groupe de musique. Ses proches ont ouvert une page d’hommage sur Facebook, « pour témoigner de son intelligence et de sa gentillesse, de son engagement dans ses passions et de son dévouement pour ses élèves ».

– Thomas Duperron, 30 ans, un Parisien originaire d’Alençon s’occupait de la communication de la salle de concert parisienne La Maroquinerie. Spectateur du Bataclan, il est mort dimanche à l’hôpital de Percy-Clamart où il avait été transporté.

– Mathias Dymarski, 22 ans, ingénieur travaux, originaire d’Ancy-sur-Moselle (Moselle). Ce fan du groupe Eagles of Death Metal, également passionné de skate et de BMX, participait au concert au Bataclan avec sa petite amie Marie Lausch et deux amis originaires de Metz. Leurs deux amis ont réussi à s’en sortir, pas eux.

– Germain Ferey, 36 ans, originaire de Vienne-en-Bessin, dans le Calvados. Vivait à Paris et travaillait dans le milieu audiovisuel. Il était au Bataclan vendredi soir. « On a du mal à imaginer que ce soit possible », a confié à Ouest-France Rémi Françoise, le maire de Vienne en Bessin, où résident toujours ses parents.

– Guillaume Barreau-Decherf, 43 ans, était un journaliste indépendant qui travaillait pour plusieurs titres et couvrait notamment la musique rock pour le magazine culturel Les Inrockuptibles. Il avait récemment écrit au sujet du nouvel album du groupe Eagles of Death Metal, qui se produisait au Bataclan le soir du massacre. Il était le père de deux filles.

– Asta Diakite, cousine du joueur de l’équipe de France de football Lassana Diarra, qui était en train de jouer sur la pelouse du Stade de France lorsque les explosions ont eu lieu. Elle est morte alors qu’elle prenait un verre en terrasse avec une amie, elle aussi tombée sous les balles.

– Manuel Colaco Dias, 63 ans, un Portugais fan de foot qui vivait depuis 45 ans à Paris, a péri alors qu’il se trouvait à l’extérieur du Stade de France.

– Elsa Delplace, 35 ans, était venue au concert des Eagles of Death Metal avec sa mère Patricia San Martin, 61 ans, et son fils de 5 ans. Seul le garçonnet a survécu. La jeune femme était formatrice dans un centre de formation d’apprentis parisien.

– Pierre-Antoine Henry, 36 ans, est décédé sous les balles des assaillants dans la salle du Bataclan. Père de deux enfants, ce fan de rock, inconditionnel du groupe Pearl Jam, était ingénieur et vivait en région parisienne. « Le premier mot qui me vient à l’esprit quand je pense pense à lui, c’est sa gentillesse », a inidiqué à l’AFP l’un de ses proches.

– Marion Jouanneau, 24 ans. « C’était une jeune femme très, très douce », dit d’elle une proche. Son compagnon, un kinésithérapeute qui a réussi à échapper au massacre, a multiplié les avis de recherche pendant le week-end, postant et repostant sur les réseaux sociaux un souriant portrait d’une jeune femme aux cheveux blonds cendrés. Il a fini par annoncer sur Twitter lundi: « Marion est morte ». Ils habitaient Chartres (Eure-et-Loir).

– Raphaël Hilz, 28 ans. Né en Bavière, en Allemagne, il était architecte et avait été embauché dans le cabinet de Renzo Piano à Paris. Vendredi soir, il était allé dîner au Petit Cambodge avec deux collègues, blessés lors de l’attaque.

– Mathieu Hoche, 38 ans, était cameraman pour la chaîne télévisée France 24 et père d’un enfant de six ans. Il habitait Montreuil, en Seine-Saint-Denis. C’était « un garçon adorable, discret, bosseur, professionnel », assuré le directeur de la chaîne Marc Saikali. Fan des Eagles of Death Metal, il est mort au Bataclan.

– Djamila Houd, 41 ans, une Parisienne originaire de Dreux et mère d’une fillette de 8 ans, selon le journal L’Echo Republicain. Elle a été tuée sur la terrasse du restaurant La Belle Equipe, lors d’une soirée entre amis.

– Mohamed Amine Ibnolmobarak, marocain, était architecte encadrant à l’Ecole nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais. Il a été tué alors qu’il se trouvait au bar le Carillon en compagnie de sa femme, blessée.

– Pierri Innocenti, 40 ans, le « restaurateur des stars » selon Le Parisien. Il était le propriétaire du restaurant italien Chez Livio à Neuilly-sur-Seine. Vendredi soir, il postait sur Facebook une photo du panneau du concert, ajoutant juste « Rock! ».

– Nathalie Jardin, 31 ans, régisseuse lumières au Bataclan. Originaire de Marcq-en-Baroeul (Nord), la jeune femme avait auparavant travaillé pour « Marcel et son orchestre » et les Fatals picards.

– Alban Denuit, 32 ans, plasticien bordelais diplômé des Beaux-Arts de Paris, est mort au Bataclan. Il avait obtenu cet été son doctorat en arts plastiques avec les félicitations du jury à l’unanimité, après une thèse entamée en 2009 à Bordeaux 3, où il enseignait.

– Vincent Detoc, 38 ans, est mort au Bataclan. Cet architecte, père de deux enfants de 7 et 9 ans, était un fan de musique, guitariste amateur.

– Matthieu Giroud, 39 ans, géographe, originaire de Grenoble. Maître de conférences à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée, spécialiste du phénomène de gentrification, ce père d’un petit garçon de 3 ans était sorti vendredi soir avec des amis au Bataclan, où il a été tué. Il vivait à Paris avec sa compagne, enceinte de leur deuxième enfant. « Il aimait le rock, le whisky japonais, le foot, les BD et regarder des séries avec son Aurélie. Plus que tout, il aimait ses amis – nombreux. Ses amis vivant en province et ses amis vivant à l’étranger. Fidèle et incroyablement présent à tous », a écrit sa belle-soeur sur Facebook.

– Cédric Gomet, 30 ans, originaire de Foucherans dans le Jura et résidant à Paris, se trouvait au Bataclan avec l’un de ses amis, Cédric, lui-même blessé par balles à la jambe au cours de l’assaut.

– Nohemi Gonzalez, 23 ans, de nationalité mexicaine et américaine, se trouvait à la terrasse du Petit Cambodge en compagnie d’une amie. Etudiante en troisième année à l’université d’Etat de Long Beach en Californie, elle se trouvait à Paris dans le cadre d’un semestre d’échange universitaire à l’école de design Strate de Sèvres. Décrite par son petit ami comme « la plus douce des jeunes femmes », elle devait rentrer aux Etats-Unis le mois prochain.

– Juan Alberto González Garrido, ingénieur espagnol de 29 ans, travaillait pour EDF. Originaire de Grenade (Espagne), amateur de rugby, il vivait à Paris avec son épouse Angelina Reina, 33 ans. Présente à ses côtés au Bataclan vendredi soir, cette dernière a expliqué dans un communiqué s’être jetée au sol puis être restée longtemps allongée auprès de son mari inconscient, jusqu’à ce que la police lui dise qu’elle devait sortir de la salle.

– Pierre-Yves Guyomard, ingénieur du son et professeur en sonorisation à l’Institut supérieur des techniques du son (ISTS) à Paris. Il a été tué au Bataclan avec sa femme Anne Cornet. « Il était l’un des meilleurs enseignants que j’ai jamais eus et il avait beaucoup à partager avec ses étudiants et à leur donner », a écrit sur Facebook un de ses étudiants.

– Thierry Hardouin, 36 ans, sous-brigadier au dépôt de Bobigny, devait passer la soirée à Paris au restaurant la Belle Equipe, rue de Charonne, pour célébrer l’anniversaire de sa compagne. « Bon vivant », « homme joyeux et professionnel », « Thierry avait affaire au quotidien à des gens dangereux. On savait qu’il fallait toujours rester sur le qui-vive » confie un de ses proches au quotidien Le Parisien. Thierry Hardouin était père de deux enfants.

– Olivier Hauducoeur, 44 ans, banquier. Diplômé de l’Ecole nationale supérieure d’Ingénieurs de Caen, il travaillait depuis 2006 au sein du groupe BNP Paribas. Ce coureur amateur était depuis un an employé de la société française de location automobile longue durée Arval, filiale du groupe bancaire. Il est mort au Bataclan.

– Romain Didier, 32 ans, était rue de Charonne avec sa compagne, Lamia Mondeguer, lorsqu’ils se sont fait tous les deux abattre. Originaire de Sury-en-Vaux (Cher), il vivait à Paris, où il avait notamment été manager d’un bar dans le VIe arrondissement.

– Maxime Bouffard, 26 ans, originaire du Coux (Dordogne), est mort au Bataclan. Ce fêtard, amateur de rugby, habitait depuis quatre ans à Paris, où il réalisait des films.

– Quentin Boulenger, 29 ans, mort au Bataclan. Cet habitant du XVIIe arrondissement était originaire de Reims.

– Macathéo Ludovic Boumbas, dit « Ludo », 40 ans, est mort à La Belle équipe, bistrot du XIe où il fêtait l’anniversaire d’une amie. « Il a voulu protéger une amie, Chloé, en se mettant sur elle. Il s’est pris une rafale », a dit son frère à l’AFP. D’origine congolaise, Ludo était ingénieur chez le transporteur FedEx.

– Élodie Breuil, 23 ans, a été tuée au Bataclan où elle passait la soirée avec six amis. Elle étudiait le design à Paris, à l’École de Condé. Le 11 janvier, elle avait défilé avec sa mère place de la République, à Paris.

– Ciprian Calciu, 32 ans, de nationalité roumaine, est mort au restaurant La Belle équipe, où il se trouvait avec sa compagne, Lacramioara Pop. Ils étaient parents d’un enfant âgé de 18 mois.

– Nicolas Catinat, 37 ans, a été tué au Bataclan, alors qu’il se trouvait dans la fosse. Habitant à Domont, dans le Val-d’Oise, il a cherché à protéger ses amis en se plaçant en bouclier humain.

– Baptiste Chevreau, 24 ans, est tombé sous les balles au Bataclan. Jeune guitariste, passionné de musique, il était le petit-fils de la chanteuse Anne Sylvestre. Après une enfance passée à Tonnerre (Yonne), il s’était installé à Paris il y a cinq ans.

– Nicolas Classeau, 40 ans, père de trois enfants âgés de 6, 11 et 15 ans, est tombé sous les balles au Bataclan, où il assistait au concert avec sa compagne, blessée. Guitariste amateur, cet habitant de Bagnolet (Seine-Saint-Denis) était directeur de l’IUT de Marne-la-Vallée (Seinte-et-Marne).

– Milko Jozic, 47 ans, de nationalité belge. Ce père de famille habitait avec sa compagne Elif Dogan, elle aussi décédée, dans la rue du Bataclan où ils s’étaient installés il y a quatre mois.

– Cédric Mauduit, 41 ans. Directeur de la modernisation du département du Calvados, en Normandie. Il avait deux jeunes enfants. Il a été tué au Bataclan alors qu’il assistait au concert avec des amis, dont une autre victime, David Perchirin. Son frère a lancé un appel sur les réseaux sociaux pour faire venir les Rolling Stones ou David Bowie, des artistes qu’il admirait, à son enterrement.

– Charlotte Meaud, 30 ans, est morte avec sa soeur jumelle, Emilie, sur la terrasse du café Le Carillon. Cette chargée de développement de start-up, passionnée de musique et de sport, habitait dans le XXe arrondissement de Paris et a grandi à Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne) et fait ses études à Lyon et à Strasbourg.

– Emilie Meaud, 30 ans, tuée avec sa soeur jumelle Charlotte sur la terrasse du Carillon, était architecte à Paris. Originaire de Haute-Vienne, elle aimait le rock et les films d’Eric Rohmer.

– Lamia Mondeguer a été tuée rue de Charonne alors qu’elle était avec son compagnon, Romain Didier. Elle travaillait pour l’agence artistique Noma Talents.

– Fanny Minot, 29 ans, monteuse pour l’émission Le Supplément sur Canal + depuis plusieurs années. Elle est morte au Bataclan. « Une fan de rock », selon l’une de ses collègues jointe par l’AFP.

– Yannick Minvielle, 39 ans, travaillait dans la publicité et chantait dans un groupe de rock. Il est mort au Bataclan.

– Marie Mosser, 24 ans, une passionnée de musique originaire de Nancy, s’était récemment installée à Paris. Décrite comme « pétillante » par ses proches, spécialiste en communication et marketing digital, elle travaillait pour un site internet people.

– Cécile Misse, 32 ans, a été tuée au Bataclan, aux côtés de son compagnon, Luis Felipe Zschoche Valle, un musicien chilien. La jeune femme, installée à Paris depuis 2006, était chargée de production au théâtre Jean-Vilar de Suresnes, dans l’ouest parisien. Elle avait grandi à Gap (Hautes-Alpes).

– Justine Moulin, 23 ans, était sur la terrasse du Petit Cambodge lorsque les jihadistes ont fait feu. La jeune femme, blessée à la tête, est décédée samedi matin à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Issue d’une famille du Nord, elle vivait à Paris.

– Quentin Mourier, 29 ans, tué au Bataclan, était architecte aux Vergers Urbains. Il est décrit comme quelqu’un « plein de ressources, d’énergie, d’initiatives, d’engagement » sur le site internet de cette association qui milite pour la végétalisation et des villes comestibles. Il habitait dans la capitale mais était originaire de Rouffach (Haut-Rhin), selon les Dernières Nouvelles d’Alsace. Il avait étudié à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles.

– Victor Muñoz, 25 ans, est mort à La Belle Équipe, rue de Charonne. Il était le fils d’un élu du XIe arrondissement.

– Hélène Muyal-Leiris, 35 ans, tuée au Bataclan. Elle était maquilleuse-coiffeuse à Paris et travaillait dans la mode ou sur des tournages.

– Bertrand Navarret, 37 ans. Selon le journal La Dépêche du Midi, il avait grandi à Tarbes, où son père est notaire, et vivait à Capbreton, sur la côte landaise. Il était parti à Paris pour passer quelques jours dans la capitale et assister au concert au Bataclan.

– David Perchirin, une quarantaine d’années. Après avoir été journaliste, il était devenu récemment professeur des écoles et enseignait depuis septembre 2014 en Seine-Saint-Denis. Il est mort au Bataclan aux côtés de son ami Cédric Mauduit, rencontré à Sciences Po Rennes. « Bons vivants, débordants d’énergie, enthousiastes indéfectibles, le ciment de leur amitié a toujours été leur passion du rock’n roll », selon l’hommage rendu par l’association des anciens élèves de l’établissement.

– Aurélie de Peretti, 33 ans, une infographiste de formation reconvertie dans la restauration, se faisait une joie depuis des semaines d’assister au concert du Bataclan. La jeune femme, décrite comme lumineuse, a été tuée dans la salle de concert.

– Manu Perez, 40 ans, directeur artistique chez Polydor. Ce père de famille a posté sur Facebook quelques minutes avant sa mort une vidéo prise dans la fosse du Bataclan, intitulée « Il y a ceux qui y sont et qui ne sont pas ». Sa mémoire a été saluée sur Twitter par plusieurs artistes dont il s’était occupé.

– Anna Petard Lieffrig, 27 ans, graphiste. Elle a été tuée alors qu’elle dînait à la terrasse du Petit Cambodge avec sa soeur Marion, décédée également, a indiqué à l’AFP le maire de Chailles (Loir-et-Cher), Yves Crosnier-Courtin, où leurs parents tiennent une boucherie. « Elle était venue retrouver sa soeur ce week-end-là et elles avaient envoyé un message à leurs parents pour leur dire que la vie était belle, qu’elles étaient contentes de se retrouver ».

– Marion Petard Lieffrig (ou Lieffrig-Petard selon son profil Facebook), 24 ans. Elle a été tuée avec sa soeur Anna. Elle était musicienne et étudiante en première année du master franco-italien de musicologie à l’Université Paris-Sorbonne, selon un message du président de l’université, Barthélémy Jobert. Elle était, selon lui, passionnée par les voyages musicaux en Méditerranée. La jeune femme venait de rentrer d’une année d’Erasmus à Barcelone et s’apprêtait à effectuer sa deuxième année de master à Palerme (Italie).

– Franck Pitiot, 33 ans, était au Bataclan. Sa compagne, sans nouvelles, avait lancé des avis de recherches sur les réseaux sociaux pendant trois jours, avant que sa mort ne soit annoncée. Le jeune homme, originaire de Meudon, avait fait ses études d’ingénieur dans le BTP à Nancy. « C’était un mec d’une grande ouverture d’esprit, altruiste. Il aimait voyager avec son sac à dos, cuisiner. Et il le faisait divinement bien », a expliqué l’une de ses proches.

– Lacramioara Pop, roumaine, a été abattue au restaurant La Belle équipe, où elle se trouvait avec son compagnon, Ciprian Calciu.

– Caroline Prenat, 24 ans, est morte au Bataclan. Cette graphiste lyonnaise était diplômée des Arts appliqués de Lyon et de l’Ecole Condé de Nancy.

– François-Xavier Prévost, 29 ans, mort au Bataclan. « L’amour de ma vie, à jamais », écrit sa compagne sur la page Facebook créée pour lui rendre hommage. Ce passionné de tennis, « toujours souriant, toujours la banane », travaillait dans la publicité à Lille.

– Sébastien Proisy, 38 ans, était sur la terrasse d’un restaurant rue Bichat lorsqu’il a été tué d’une balle dans le dos. Il accompagnait l’un de ses clients, avec qui il dînait, pour fumer une cigarette sur le trottoir. Diplômé de Sciences-Po Paris, il avait travaillé au Parlement européen à Bruxelles puis dans un cabinet d’avocats, avant de créer deux sociétés, l’une pour aider les entrepreneurs à s’installer en Iran et en Asie centrale, l’autre pour promouvoir l’agriculture française à l’international.

– Armelle Pumir-Anticevic, 46 ans, est morte au Bataclan, où elle se trouvait avec son mari, Joseph. « Armelle m’a dit : « Viens, on court ». On n’était pas loin de la porte de sortie. Armelle était derrière moi, on a foncé. Elle est tombée. J’ai cru qu’elle avait trébuché sur un cadavre. Je l’ai ramassée, je la portais. Mais en arrivant près de la porte, un flic m’a tiré par le bras, j’ai dû la lâcher. Putain. Je n’ai jamais revu Armelle », avait-il raconté dimanche à Libération. Chef de fabrication, mère de famille, cette Parisienne était aussi attachée aux Pyrénées-Orientales, où elle possédait une maison.

– Richard Rammant, 53 ans, est mort au Bataclan en protégeant sa femme, Marie-Do, qui a survécu. Il s’est couché sur elle et a reçu plusieurs balles mortelles. Ce fan de rock et de motos Harley-Davidson, était parisien mais toujours attaché à sa région natale du Lot, où il était bénévole dans un festival de blues. Son club de bikers prône « le respect, la fraternité et la solidarité comme un mode de vie », selon son site internet.

– Valentin Ribet, 26 ans, tué au Bataclan. Ce jeune avocat prometteur du barreau de Paris était diplômé de la London School of Economics, et a suivi des études à la Sorbonne. Spécialisé dans la criminalité en col blanc, Valentin était « un avocat talentueux, très aimé par ses collègues », a fait savoir son cabinet, la firme internationale Hogan Lovells.

– Gilles Leclerc, 32 ans, est mort au Bataclan, a annoncé sa tante lundi en début de soirée, après trois jours d’incertitudes. Le jeune homme, fleuriste dans la boutique de sa mère, à Saint-Leu-la-Forêt (Val-d’Oise), au nord de Paris. Quelques minutes avant le concert, le jeune homme barbu, fan de rock, de tatouages et des Etats-Unis, avait publié un selfie sur les réseaux sociaux: il y apparaissait, avec sa compagne, Marianne, une bière à la main, devant la scène, depuis la fosse qui commençait à se remplir. Lorsque les premiers tirs ont fusé, il a projeté son amie par terre qui, en rampant, est parvenue à s’enfuir.

– Christophe Lellouche, 33 ans, tué au Bataclan, était créateur de sites internet. Ce supporter de l’OM, guitariste et compositeur du groupe Oliver, était surtout « un fan de musique en général et de concerts en particulier », a indiqué à l’AFP l’un de ses proches.

-Antoine Mary, 34 ans, originaire de Caen, a fait sa scolarité au lycée Jeanne d’Arc de Caen et a travaillé pour l’agence de communication web Milky, de mars 2013 à avril 2015 en tant que responsable de développement. Ses anciens collègues lui ont rendu un émouvant hommage sur le facebook de la société.

– Halima Ben Khalifa Saadi Ndiaye, 37 ans, était originaire de Menzel Bourguiba (Tunisie), près de Bizerte. Cette jeune femme à la crinière de lionne était mariée à un Sénégalais, Adama Ndiaye, et vivait à Dakar. Sa famille est installée au Creusot (Saône-et-Loire), où son père est arrivé en 1970 pour travailler dans le bâtiment. Mère de deux jeunes garçons, elle était à Paris, au restaurant « La Belle équipe », pour fêter l’anniversaire d’une amie.

– Hodda Ben Khalifa Saadi, 35 ans, soeur de Halima, vivait à Paris. Présente vendredi soir avec Halima et l’un de ses frères à la fête d’anniversaire, elle est décédée samedi des suites de ses blessures. « Ceux qui ont fait ça ne peuvent pas se revendiquer de la religion. Dans la famille, tout le monde travaille, on a toujours donné une belle image de l’intégration. Et eux, les terroristes, ils foutent tout en l’air », a déclaré au Parisien Bechir, l’un de ses frères.

– Hyacinthe Koma, 37 ans. Serveur au restaurant Les Chics Types, dans le 19e arrondissement, il participait à une soirée d’anniversaire au restaurant La Belle Equipe rue de Charonne. « Il avait beaucoup d’amis », selon sa petite soeur Amy. L’un d’entre eux a lancé une cagnotte sur le site Leetchi pour aider sa famille à financer les obsèques.

– Marie Lausch, 23 ans, originaire de Metz (Moselle). La jeune femme, diplômée de l’école de commerce de Reims, et qui venait de terminer une mission pour un groupe de cosmétiques, se trouvait dans la salle du Bataclan avec Mathias Dymarski, son compagnon depuis cinq ans. Lui aussi est décédé.

– Guillaume Le Dramp, 33 ans, figure du quartier, buvait un verre en terrasse au bar La Belle Equipe quand il a été tué. Originaire de Cherbourg, il avait fait ses études à Caen avant d’aller à Parme (Italie) puis à Paris, où il travaillait dans un restaurant derrière la place des Vosges. Décrit comme « charmeur, chaleureux, un vrai gentil, avec un humour dévastateur » par l’un de ses proches à l’AFP, il était tenté de retourner vivre en Italie et préparait le concours de professeur des écoles.

– Renaud Le Guen, 29 ans, a été tué au Bataclan où il se trouvait avec sa compagne, rescapée. « Renaud était quelqu’un de très cultivé et doux. Tout le monde l’aimait. C’était un mec bien », a témoigné au quotidien Libération celle qu’il devait épouser l’année prochaine et qu’il avait rencontrée à 17 ans. « Il aimait le jazz, le rock, la photo, être avec sa famille et ses amis », a-t-elle raconté. Il travaillait dans un garage pour poids lourds près de la gare d’Evry-Courcouronnes (Essonne) et habitait à Savigny-sur-Orge, où il avait grandi.

– Matthieu de Rorthais, 32 ans, est mort dans l’attaque du Bataclan. Son père et sa soeur lui ont rendu hommage sur Facebook, cette dernière saluant la mémoire de son grand frère, « la plus belle étoile du ciel ».

– Estelle Rouat, 25 ans, enseignait l’anglais en région parisienne. Originaire de Concarneau, dans le Finistère, la jeune femme, décrite comme « discrète » et dotée « de très grandes qualités » par un proche, est décédée au Bataclan, où elle s’était rendue avec un ami, qui a été blessé à la jambe.

– Thibault Rousse Lacordaire, 36 ans. Tué au Bataclan. Contrôleur financier depuis treize ans à la branche française du fonds de capital-risque américain Colony Capital, après des études d’économie et de gestion, il était également bénévole au Relais Frémicourt, une association parisienne visant à apporter une aide aux personnes démunies. Il voulait faire du volontariat en mettant ses compétences au service d’organisations à but non lucratif.

– Raphaël Ruiz, 37 ans, mort au Bataclan. Il était « passionné de musique, de cinéma, de BD et de tant d’autres choses » selon l’association des anciens de Sciences Po Grenoble. « C’était un ami hors pair, un homme attachant et passionnant, et un grand éclat de rire avec les enfants ». Il travaillait depuis dix ans chez Ubiqus, où il était « unanimement apprécié pour son professionnalisme, son dévouement et son immense gentillesse ».

– Madeleine Sadin, 30 ans, est morte au Bataclan. Décrite comme « vivante, aimante et curieuse » par ses proches, cette Parisienne, passionnée de danse, enseignait le français dans un collège du Val-de-Marne. « C’était la seule prof qu’on appelait par son prénom », a confié au Parisien l’une de ses élèves, saluant une prof « adorable ».

– Kheireddine Sahbi, 29 ans, ce violoniste de nationalité algérienne. Surnommé « Didine », il rentrait chez lui vendredi après une soirée avec des amis lorsqu’il a été tué. Après des études de sciences, il s’était tourné vers la musique et étudiait depuis un an à Paris. « Il habitait un quartier périphérique d’Alger, où la situation était très tendue » et « avait survécu à dix ans de terrorisme », à témoigné à l’AFP un de ses cousins. Son corps devrait être rapatrié en Algérie.

– Lola Salines, 28 ans, éditrice chez Gründ, est morte au Bataclan. Décrite comme « attentionnée, sensible, rigoureuse, branchée, enthousiaste », elle faisait également du roller derby sous le pseudo Josie Ozzbourne, dans l’équipe La boucherie de Paris.

– Patricia San Martin, 61 ans, était la nièce de l’ambassadeur chilien au Mexique. Cette fonctionnaire à la mairie de Sevran (Seine-Saint-Denis) est tombée sous les balles des terroristes au Bataclan, ainsi que sa fille, Elsa Delplace.

– Hugo Sarrade, 23 ans, débutait son weekend à Paris par ce concert au Bataclan, avant de rejoindre son père en région parisienne. Etudiant en intelligence artificielle à Montpellier, Hugo était persuadé que « l’obscurantisme est notre pire ennemi », selon son père, interrogé par le quotidien Midi Libre.

– Claire Scesa-Camax, 35 ans, graphiste. Originaire d’Avignon, diplômée de l’Ecole professionnelle supérieure d’arts graphiques de la Ville de Paris (Epsaa), elle était graphiste à Paris depuis 2009. « Le meilleur hommage que nous puissions rendre à notre ancienne étudiante (…) est en images », a tweeté l’école lundi, publiant des illustrations pleines de légèreté et d’espièglerie. La jeune femme, qui a notamment travaillé pour le Crazy Horse, s’était rendue selon Libération au Bataclan avec son mari, qui s’en est sorti indemne, et des amis, dont deux ont été blessés.

– Maud Serrault, 37 ans. Elle était depuis trois ans en charge du marketing et de la communication de la filiale française de la chaîne hôtellière Best Western. Diplômée du Celsa, cette jeune mariée avait auparavant travaillé chez Renault, Intermarché, puis chez Hammerson. Selon Libération, son mari était avec elle au Bataclan, et a échappé au massacre.

– Sven Silva Perugini, un jeune Vénézuélien qui vivait à Palma de Majorque (Espagne), a été abattu au Bataclan, a annoncé le président du Venezuela, Nicolas Maduro. Le jeune homme s’était rendu au concert de rock avec deux amis compatriotes : l’un a été épargné, l’autre touché, mais ses jours ne seraient pas en danger.

  • Valeria Solesin, 28 ans, est morte au Bataclan, après avoir été prise en otage avec son fiancé et deux proches. Cette Italienne originaire de Venise, doctorante en démographie, vivait depuis quatre ans à Paris. « Elle nous manquera et je pense, au vu de son parcours, qu’elle manquera aussi à l’Italie », a déclaré sa mère aux médias italiens. « Elle était le visage souriant et le cerveau brillant de la jeune communauté italienne à Paris », a témoigné un proche à l’AFP.

– Fabian Stech, 51 ans, tué au Bataclan était critique d’art et aussi enseignant d’allemand dans un lycée privé de Dijon. Né à Berlin, il était installé en France depuis 1994 où il était marié à une avocate dijonnaise et père de deux enfants.

– Ariane Theiller, 23 ans, est morte au Bataclan, où elle se trouvait avec des amis. Originaire du Nord, cette passionnée de bande dessinée s’était installée à Paris après des études de Lettres à Orléans et à Strasbourg. Décrite comme « rayonnante » par l’un de ses anciens professeurs, elle travaillait comme éditrice chez Rustica. « Nous sommes tous bouleversés, anéantis. On pense à ses parents. Elle avait seulement 23 ans… », a indiqué Louise Rossignol, responsable de la communication chez Urban Comics, où elle avait été assistante d’édition.

– Eric Thomé, photographe et graphiste parisien, âgé d’une quarantaine d’années, passionné de musique, est mort au Bataclan.

– Olivier Vernadal, 44 ans, a été abattu au Bataclan. Agent des impôts à Paris, il était originaire de Ceyrat (Puy-de-Dôme).

– Stella Verry, 37 ans, dînait au Petit Cambodge, rue Bichat, lorsque les balles ont fusé. Médecin généraliste, elle avait récemment ouvert un cabinet dans le XIXe arrondissement de Paris, tout en étant médecin régulateur du Samu.

– Luis Felipe Zschoche Valle, 33 ans, chilien, habitait depuis huit ans avec sa femme à Paris, où il travaillait comme musicien, selon les autorités chiliennes.

Opération du RAID à Saint-Denis

Une vaste opération menée conjointement par la Sous-direction anti-terroriste et de 110 hommes du RAID (Recherche, assistance, intervention, dissuasion), assistés par la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), a eu lieu mercredi 18 novembre 2015 à 4 h 20 (heure locale) à Saint-Denis, dans le nord de Paris. Elle visait Abdelhamid Abaaoud, un djihadiste belge ayant rejoint l’organisation Etat islamique en 2013 et qui serait le coordinateur des attaques perpétrées vendredi à Paris et au Stade de France.

Des sources policière annoncent qu’au moins deux personnes sont mortes au cours de l’opération. Sept personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, dont trois hommes qui étaient retranchés dans l’appartement.

L’une des personnes interpellées s’appelle Jawad Ben Daoud. Il s’agit de l’homme qui a prêté l’appartement aux terroristes. Il avait été condamné en 2008 à huit ans de prison pour le meurtre de son meilleur ami David, d’un coup de tranchoir dans le thorax deux ans plus tôt, dans la même rue du Corbillon. Il assure aux journalistes qu’il ne connaissait pas ses hôtes, avant d’être menotté et emmené par la police.

Cinq policiers ont été légèrement blessé, un chien policier a été tué lorsque la femme s’est faite exploser.

A propos de l’auteur

Commentaires

  1. marbollon

    marbollon

    que de barbarie purement gratuite car ces jeunes au pire ils auraient pu êtres endoctriner

Les commentaires sont clos

x
Aimez le Journal Chrétien !Vous aimez déjà ? Vous pouvez fermer cette page.