Chrétiens d'Iran

Un chrétien condamné à la prison pour sa foi écrit aux autorités

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Amin Afshar-Naderi, un chrétien iranien a été condamné, au côté de Kaviyan Fallah-Mohammadi, d’Hadi Asgari et de Victor Bet-Tamraz, leur pasteur, à 15 ans de prison la semaine dernière à cause de sa foi. Il a souhaité exprimer son incompréhension à travers une lettre ouverte aux autorités.

Alors que le pasteur Victor-Tamraz, Hadi Asgari et Kaviyan Fallah-Mohammadi ont été condamné à une peine de dix ans d’emprisonnement pour « action contre la sécurité nationale en organisant et conduisant des églises », Amin Afshar-Naderi a reçu une sanction supplémentaire de cinq ans pour « insulte au sacré » (blasphème).

Dans une lettre qu’il a adressé aux autorités, Amin Afshar-Naderi, il est revenu sur le fait que, lors d’une visite récente d’ambassadeurs étrangers à la prison d’Evin de Téhéran, lui-même et Hadi Asgari ont été maintenus à distance de cette rencontre. Il a aussi exprimé son incompréhension et son désir de se laisser mourir lentement en entamant une grève de la faim.

Voici le contenu de cette lettre éditée dans Mohabat News :

« Qu’ai-je fait contre vous et notre pays qui vous fait me détester autant ? J’ai appris de la Bible à aimer mes ennemis et à prier pour ceux qui me haïssent. Mais vous, qu’avez-vous réellement appris ?

J’ai appris à ne pas parler dans un langage abusif. Qu’avez-vous appris ? Vous avez utilisé un langage grossier pendant l’interrogatoire, vous vous êtes moqué de mes croyances et avez attaqué ma religion monothéiste. Je ne vous ai jamais insulté, non pas parce que je n’avais pas le pouvoir de le faire, mais au fond, j’ai toujours prié pour votre santé.

Vous avez écrit un rapport rempli de mensonges, indiquant que j’avais insulté vos croyances religieuses ! Vous avez même obligé les détenus à accepter et à signer cette confession ! Je viens de vous regarder et j’ai prié pour vous.

«Il y a maintenant un an que je tolère toutes les insultes de mes co-détenus, des gardes de prison et de tous, alors que je n’ai rien fait de mal et que j’ai été privé des besoins fondamentaux. Cependant, j’ai toujours prié pour que vous soyez juste. Non seulement vous n’avez pas tenu compte de vos promesses faites devant le tribunal, devant le pasteur, ma famille et toutes les personnes présentes, mais vous me haïssez de plus en plus tous les jours. Enfin, vous m’avez sciemment caché pendant la visite d’ambassadeurs (venus visiter la prison) des pays sélectionnés que vous aviez à l’esprit !

Je n’ai pas de mots. Faites ce que vous voulez, comme ce que vous avez fait jusqu’ici, mais pas selon la justice, la moralité et le droit. Il y a une question dans mon esprit, si nous sommes en fait ce que vous dites et que nous avons insulté vos croyances religieuses et si votre processus judiciaire depuis le moment de l’arrestation jusqu’à l’interrogatoire et que les séances judiciaires était tout licite, alors, pourquoi nous cachez-vous aux yeux des gens ? C’est bien. Je m’abandonne à votre décision cruelle et j’ai décidé de mettre fin à ma vie lentement. C’est pourquoi je suis en grève de la faim. Je vous promets de ne rien vous coûter et que vous n’aurez aucune perte financière. Je refuse même de recevoir un médicament. J’espère que vous vous sentirez mieux en voyant ma mort lente et ma souffrance.  »

« Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez aussi prisonniers; de ceux qui sont maltraités, comme étant aussi vous-mêmes dans un corps. » Hébreux 13 v 3

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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