Chrétiens persécutés

Arrestation d’un chrétien ougandais faussement accusé de sacrifice humain

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Un évangéliste a été arrêté dimanche 26 février dans l’est de l’Ouganda après avoir été accusé par un musulman d’avoir enlevé et sacrifié sa fille adulte, qui s’était réfugiée auprès des chrétiens après avoir quitté l’islam.

Afin de le diffamer et de susciter un sentiment de haine des musulmans contre lui, Hassan Muwanguzi, un ancien cheik converti au christianisme, a été accusé de l’enlèvement et du sacrifice humain d’une jeune femme de 21 ans, Namusisi Budadu Biryeri qui s’était abritée chez les chrétiens après avoir été violemment battue lorsqu’elle avait mis sa foi en Jésus en 2015.

Hassan Muwanguzi, leader laïc de l’Église d’Ouganda, a expliqué récemment à Morning Star News le contexte de son arrestation et des accusations portées contre lui de sa cellule de prison  en ces termes :

 » J’ai accueilli Namusisi dans ma maison après avoir appris qu’elle avait été violemment battue et qu’elle avait besoin d’un soutien en raison de sa foi nouvellement fondée en Christ. Mais maintenant je suis accusé faussement et menacé par de nombreux musulmans qui veulent me tuer à cause de la nouvelle qui s’est répandue partout selon laquelle j’ai kidnappé et sacrifié la vie de personnes pour les convertir au christianisme « .

C’est au cours de la tenue d’une étude biblique avec d’anciens musulmans à son domicile dans le village de Kabuna (district de Budaka) que Muwanguzi a vu un groupe d’officiers de police armés entrer dans sa maison à environ 10 heures :

 » Vous êtes en état d’arrestation à cause de l’enlèvement et du sacrifice de Namusisi Budadu Biryeri « , a déclaré la police à l’évangéliste.

Hassan Muwanguzi raconte qu’à la suite de cette interruption soudaine de la réunion qu’il menait, il n’a pas eu le temps de dire quoi que ce soit, qu’il a été menotté, entraîné en dehors de la maison et emmené directement au poste de police centrale de Budaka. Arrivé à cet endroit, les officiers l’ont retenu pendant une heure puis l’ont conduit au poste de police de Tirinyi où ils ont déposé une plainte contre lui.

 » Arrivé là, ils m’ont dit de faire une déclaration », a t-il dit. « Je leur ai dit que la supposée fille sacrifiée est toujours en vie, et qu’elle est à l’école où elle suit des cours de couture dans la ville de Mbale. »

Dès le lundi 27 février, une enquête a été menée par les policiers et un détective privé. Ayant retrouvé les traces de la jeune-fille qui était en vie et étudiait bien au centre de formation de Mbale, les officiers ont alors conduit Muwanguzi et le père de Namusisi à son école.

Arrivé sur les lieux, les policiers l’ont interrogé sur sa foi, et elle a répondu qu’elle n’était plus musulmane, avait été battue et expulsée de chez elle le même jour où elle a reçu Christ, le 12 novembre 2015.

 » Mon père m’a maltraité quand je me suis convertie au christianisme. J’ai été malmenée et envoyée loin de chez moi. Hassan Muwanguzi m’a hébergé. « 

Bien que l’enquête a conduit à la conclusion que Namusini était toujours en vie, Hassan Muwanguzi est toujours en détention. Nghangha Mubakali, le père de la jeune-fille a refusé de faire un commentaire quelconque au micro de Morning Star News mais Namusini a dit qu’elle avait entendu son entourage déclarer qu’il allait se battre jusqu’à ce que tout ce que toutes les oeuvres des chrétiens soient détruites.

Muwanguzi, un père marié de six enfants âgés de 2 à 14 ans, s’attend à ce que la police le relâche bientôt, mais il a dit que la charge d’enlèvement pourrait rester et refaire surface ultérieurement.

 » J’ai besoin dans ce cas d’un avocat et de la protection du gouvernement », a t-il dit. « J’ai aussi besoin de soutien pour la nourriture et l’hébergement ou d’hébergement dans ce moment difficile. »

Selon l’évangéliste, plusieurs autres chrétiens d’origine musulmane se sont réfugiés auprès de lui car leur vie est en danger après avoir quitté l’islam.

Le sacrifice humain n’est pas fréquent dans les pratiques tribales de la région, et les accusations portées contre Hassan sont dans ce contexte très étonnante. Tout porte à penser que cette diffamation vise principalement à attiser l’antipathie musulmane contre l’évangéliste, qui depuis qu’il est devenu chrétien en 2003 a subi de nombreuses persécutions.

Hassan Muwanguzi, un ancien cheikh (enseignant islamique) s’est converti en 2003, et depuis, il a en effet subit de nombreuses épreuves à cause de sa foi.

Dès sa conversion, alors qu’il n’avait que 20 ans, sa famille l’a expulsé de sa maison et des musulmans furieux l’ont battu. Sa première femme a été forcée de le quitter cette même année, et il a perdu son emploi d’enseignant à l’école islamique Nankodo, près de Pallisa.

Encouragée dans sa nouvelle foi, il a ouvert une école chrétienne, Grace International Nursery et Primary School, à Kajoko, district de Kibuku, à 27 kilomètres de Mbale, une zone majoritairement musulmane.

Indigné par sa hardiesse, un enseignant islamique, le cheikh Hassan Abdalla, a déposé, en 2001, une fausse accusation contre Muwanguzi déclarant qu’il avait «souillé» sa fille, une mineure. Avec ses compatriotes musulmans, Abdalla a déposé une plainte au tribunal de première instance de Pallisa-Kalaki et un mandat d’arrestation de Muwanguzi a été délivré le 1er avril 2011.

Il n’a été libéré qu’un mois plus tard. Selon l’évangéliste, les fausses accusations contre lui ont été déposées contre lui parce qu’il avait ouvert l’école chrétienne contre les souhaits de la majorité musulmane.
Plus d’un quart des 235 enfants de l’école ont été accueillis dans cet établissement après avoir reçu le consentement des parents musulmans.

Après l’ouverture de cette école, les musulmans ont eu recours à la sorcellerie pour tenter de faire fermer l’établissement scolaire, mais sans succès. Ils ont alors essayé de décourager les parents d’amener leurs enfants à l’école chrétienne, l’accusant de convertir les enfants musulmans au christianisme en enseignant l’éducation religieuse chrétienne.

Des plaintes ont également été déposées au tribunal à de multiples occasions, mais comme l’accusateur ne s’est jamais présenté, le juge a finalement clôturé l’affaire en mai 2012.

Quelques semaines après son acquittement, nouveau rebondissement : le propriétaire du terrain sur lequel est bâti l’école a nié l’avoir vendu à Muwanguzi, et ce dernier a reçu une ordonnance de la cour pour la fermer.

En Juin 2012, des cheikhs musulmans, des imams et ses proches ont brûlé sa maison pour s’être converti au christianisme.

En 2014, de douloureuses épreuves l’ont à nouveau frappé. Après avoir été hospitalisé après une tentative d’empoisonnement en mars 2014, Muwanguzi a en effet perdu une fille dans une attaque extrémiste islamiste le 16 juin 2014.

La constitution ougandaise prévoit pourtant la liberté religieuse, y compris le droit de propager sa foi et de se convertir dans une autre religion dans ce pays.

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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