International

Fillon suscite la polémique en se revendiquant « gaulliste et chrétien »

  | 

François Fillon s’est revendiqué « gaulliste et chrétien » au cours d’une émission de télévision diffusée mardi soir en direct au 20 heures de TF1. Une réaction qui a engendré une levée des boucliers dans le milieu politique français, à droite autant qu’à gauche.

Répondant aux critiques sur son programme jugé « brutal » en ce qui concerne notamment sa réforme sur les fonctionnaires (500 000 postes supprimés) ou encore sur la sécurité sociale, François Fillon, le candidat victorieux à la primaire de droite a affirmé sa volonté d’aller au bout de ses engagements.

Au cours de cette intervention, il a défendu son programme en rappelant ses origines gaullistes et chrétiennes en ces termes :

 «Je suis gaulliste et de surcroît je suis chrétien, cela veut dire que je ne prendrai jamais une décision qui sera contraire au respect de la dignité humaine, au respect de la personne, de la solidarité».

François Fillon a toujours clairement affirmé sa foi chrétienne, et la revendique publiquement depuis longtemps. Engagé en faveur des chrétiens d’Orient,  il avait écrit l’année dernière au président François Hollande pour que la France soutienne leurs causes. Jusqu’à présent, ce témoignage clair de sa foi n’avait soulevé aucune contestation… Mais le vent à tourné ! Ce qui était possible voilà encore peu de temps se révèle être impossible aujourd’hui… concept de la laïcité à Française oblige.

Dans le contexte pré-électoral en France, affirmé sa foi chrétienne passe mal, très mal même… Sous des accusations plus ou moins voilées de communautarisme, d’instrumentalisation de la religion, François Fillon fait face à un vent de protestation.

A commencer par François Bayrou, qui n’a pourtant jamais caché son appartenance au christianisme non plus. Pour le président du MoDem, invité d’iTélé le mercredi 4 janvier, mettre en avant sa chrétienté pour défendre certains choix politiques est « déplacé », et constitue une « dérive ».

« Je suis croyant, a-t-il déclaré à l’antenne. » « je ne vais pas m’offusquer d’un mouvement de foi mais comment peut-on arriver à mélanger la politique et la religion à ce point de cette manière déplacée ? Le principe de la France c’est qu’on ne mélange pas religion et politique (…) On a l’impression qu’on en est à un point – en raison d’un certain nombre de dérives – où on considère que tout doit être l’objet d’une instrumentalisation politique. »

Même levée de contestation de l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino qui a vivement critiqué, jeudi matin sur LCI, la revendication de François Fillon de ses origines gaullistes et chrétiennes qu’il a qualifié de « faute morale ».

« La chrétienté n’est pas une clientèle électorale. On n’est pas le candidat des chrétiens. » a-t-il affirmé.

Il précise  aussi le fait que vouloir lutter contre le communautarisme et se présenter comme le candidat des chrétiens ou encore le candidat des musulmans est contradictoire.

Marine Le Pen, s’est aussi exprimé sur François Fillon en jugeant que depuis qu’il a décroché l’investiture présidentielle de la droite et du centre, il « est tombé dans un trou, il est congelé, il ne bouge plus ».

Vincent Peillon, candidat à la primaire PS, a envoyé un message clair au candidat de la droite François Fillon en soulignant que le principe de laïcité est valable « pour tous » et particulièrement pour les hommes politiques. Dans une interview sur Radio Classique où il répondait lui-même à une polémique qu’il a sucité, il est revenu sur ce qu’il entendrait sur le principe de laïcité :

« Nous avons des appartenances évidemment historiques, nous avons des orientations de conscience, nous pouvons avoir évidemment la liberté – et j’entends qu’elle soit préservée en France – la liberté de religion, de conscience, etc. Mais nous ne devons pas dans le champ politique les faire intervenir »

Il rajoute :

« Aujourd’hui il y a un grand déballage religieux partout, donc ça vaut pour tout le monde. Moi je veux qu’on arrête de mettre la religion, d’ailleurs la plupart des Français n’en veulent pas, au cœur de la vie politique », a encore dit le candidat.

Face aux larges critiques auxquelles François Fillon a dû faire face, certains, comme le chef de file des députés LR à l’Assemblée nationale Christian Jacob ne se sont pas opposé. Ce dernier a en effet déclaré mercredi sur Europe 1 : « ce n’est pas une maladie honteuse d’être chrétien ».

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

Aimez le Journal Chrétien !Vous aimez déjà ? Vous pouvez fermer cette page.