Editorial

Le piège de la comparaison en milieu chrétien

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Les chrétiens ont de la difficulté à éviter le piège de la comparaison. Certes, la comparaison a du bon et peut nous stimuler vers la remise en question et le progrès, mais elle peut aussi nous paralyser et nous décourager.

De tout temps, la comparaison a fait partie de notre expérience. Les hommes aiment savoir comment ils se comparent face à leurs collègues. Lorsque deux pasteurs font connaissance, il est inévitable que l’un d’eux demande : « Quelle est la taille de ton église? » ou « Combien de personnes accueillez-vous au culte le dimanche matin ? »

Comparer les églises entre elles est une erreur. Nous devons comprendre que chaque église locale est unique. Elle est le fruit de sa vocation, de son terrain, de son passé et de son cheminement. Même au sein de telle ou telle famille d’églises, il n’y a pas deux églises identiques. Chacune a son identité propre. Elle n’a pas besoin de se couler dans le moule des autres églises ni à chercher à se distinguer à tout prix.

Aux yeux de Dieu, il n’y a pas de petit pasteur ni de petite église, pas plus que de petit pasteur ou de grande église. Chaque église locale a une saveur unique et irremplaçable. Elle doit être sel et
lumière dans son quartier, son village ou sa ville. Elle n’a pas besoin de se forcer, de se faire un nom à tout prix ou de s’inventer, mais juste de se découvrir avec les dons et les moyens que Dieu lui donne. Ensuite, sans arrogance ni complexe, elle peut explorer, cultiver et produire du fruit là où Dieu l’a plantée.

Les membres des églises locales de toutes les dénominations chrétiennes appartiennent à l’Église « Corps du Christ ». Notre conversation changerait si nous comprenions cela. Au lieu de considérer le nom et la taille des églises, nous devrions prier pour que l’empreinte laissée par l’Église dans la communauté attire des âmes à Christ. Et la plus petite église, toutes proportions gardées, est capable d’avoir l’impact le plus important. « Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux », a déclaré Jésus. Le Seigneur s’abaisse jusqu’à honorer de sa présence un « groupe » de croyants réduit à sa plus simple expression : deux ou trois. Quel privilège !

Formé à Lee University, Aloys Evina est pasteur de l'Eglise de Dieu en France, membre de la Fédération Protestante de France (FPF) et de la Church of God (Cleveland, Tennessee). Il est exerce son ministère pastoral à La Rochelle, dans le Sud-Ouest de la France.

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