Actualité chrétienne

Deux chrétiens portés disparus au Myanmar

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Au Myanmar (Birmanie), deux prêtres assistants sont portés disparus depuis qu’ils aient informé les journalistes du bombardement d’un bâtiment d’église dans l’État de Shan.

Dom Dawng Nawng et La Jaw Gam Hseng ont disparu le samedi 24 décembre au soir après avoir aidé les journalistes à témoigner du bombardement de leur église survenu plus tôt ce mois-ci. Ils ont été vus la dernière fois près d’une base militaire de l’armée birmane du nom de Byuha Gon dans la ville de Mong Ko, dans l’état de Shan du nord.

Les religieux avaient aidé trois journalistes d’ organisations de presse basées à Yangon, dont  « Democratic Voice of Burma », « The Irrawaddy » et « The Kumudra journal » à relater l’évènement survenu dans la ville de Mong Ko où les forces birmanes avaient bombardé le bâtiment de l’église catholique au début du mois de décembre.

« Gam Hseng nous a aidé sur tout », a déclaré à Morning Star News l’un des trois journalistes. « Il a parlé des conditions de combat et de la façon dont le char de l’armée birmane avait bombardé l’église et la ville. Il a déclaré que l’église avait été frappée par des bombes et des balles tirées par l’armée birmane. « 

« The Kumudra journal »a rapporté que les résidents locaux ont remarqué la disparition des deux dirigeantsparce qu’ils ne se sont pas présentés pour le culte de Noël le dimanche 25 décembre. Les membres de l’église, qui n’ont pas réussi à les joindre lorsqu’ils les ont appelé,  se sont alors interrogés sur ce qu’il était advenu de leurs dirigeants qui résident à Mong Ko.

Selon l’un des journalistes qui a couvert l’évènement, les religieux ont disparus après avoir publié des photos des églises et des écoles endommagées de la ville, raison pour laquelle il pense que leur disparition est liée à l’aide qu’ils ont apporté aux agences de presse.

Les habitants de la localité pensent que les dirigeants auraient pu être arrêtés par les troupes de l’armée birmane, car ils ont été vus près de la base militaire de Byuha Gon.

Les dirigeants religieux de la région ont enquêté sur leur disparition et ont essayé d’accéder à la base militaire pour se renseigner sur les deux dirigeants de l’église, mais les troupes de l’armée birmane leur ont interdit d’entrer.

L’État de Shan connait, depuis novembre, une situation tendue liée à des combats entre la force armée birmane et les organisations ethniques armées. En raison de ces affrontements, près de 50 000 personnes ont été contrainte de fuir vers le nord de l’État vers la zone frontalière chinoise.

Selon certaines sources locales, des soldats birmans ont occupé le bâtiment de l’église à Mong Ko, dans le nord-est du pays, près de la frontière de Kachin, à la fin du mois novembre. Après le retrait de l’armée au début de décembre, un avion de la force armée birmane aurait bombardé le bâtiment de l’église le 3 décembre afin de détruire les armes et les munitions que les soldats en retrait avaient laissé sur place.

La ville de Mong Ko, où l’armée de Birmanie aurait également brûlé des maisons et des rizières, est occupée par des Kachin à prédominance chrétienne, ainsi que des peuples chinois Lisu, Palaung (Ta’ang) et Wa.

Après plus de cinq ans de conflits intenses depuis que la Birmanie a violé le cessez-le-feu  vieux de 17 ans en 2011, de nombreux Kachin sont confrontés à des déplacements prolongés et sont désespérés de rentrer chez eux, selon un rapport de la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale.

La Birmanie est constituée environ 80% bouddhiste et 9% chrétienne. Le gouvernement a reconnu le statut spécial du bouddhisme en Birmanie et l’a promu comme un moyen de consolider son soutien.

L’armée birmane aurait repris le contrôle de Mong Ko à la mi-décembre et a exhorté les résidents déplacés à rentrer chez eux. Des responsables de l’armée ont déclaré reconstruire le bâtiment endommagé de l’église catholique pour les résidents, selon le journal d’état The Global New Light of Myanmar.

Le journal a également rapporté dimanche (25 décembre) que plus de 10 000 résidents déplacés étaient rentrés chez eux à Mong Ko, la stabilité ayant été rétablie.

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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